Prévoyante. Et précoce, aussi.

Y a pas que le Petit d’Homme aui assure le spectacle à la maison. Y a moi aussi, quand j’ai bu un coup de trop et que je me mets au table-dancing. Elle en tient une bonne couche aussi, quand elle s’y met. Disons que c’est plus subtil, moins énorme…

Hier soir, elle m’appelle dans sa chambre. Elle veut me montrer un post-it qu’elle a rédigé dans l’après-midi, en rentrant de l’école.

J’y lis:

Fête d’anniversaire pour mes 10 ans

  • Inviter Paulette, Raoulette, Josette, Antoinette. (Mariette ???)

Note: Mariette soit être une peste. A surveiller si le vent tourne.

  • Fouilles.

Note: Hein? Quoi? Pourvu qu’elle trouve pas ce à quoi je pense!

  • Jeux préparés.

Note: oui, bon, ça va, hein, j’ai JAMAIS préparé de jeux, je vais pas commencer à ses 10 ans, si?

  • Piscine.

Note: C’est très bien, ça. j’ai qu’à me mettre dans la chaise longue en attendant une noyade.

  • Mini-boum.

Note: c’est quoi, au juste, « mini », dans sa tête? Au vu de celle de ses huit ans, je dirais pas que c’était mini, moi.

  • Partie de DS au lit

Note: ça me va aussi. J’ai toujours pas trouvé le bouton pour l’allumer, alors tu penses qu’elles viendront pas me chercher pour les débloquer.

-Euh, Miss, tu t’y prends pas un peu tôt? C’est en juin, ton anniversaire!

-Oui, mais c’est que j’ai envie de danser moi! Et jusqu’à quatre heures du matin!

-…

Bon, en même temps, on a déjà gagné un point: elle n’exige plus de louer la salle communale et d’inviter 150 personnes, chiffre rond oblige, comme elle en avait eu l’idée il y a quelques mois. Par contre, je doute que les parents de ses copines soient franchement d’accord pour les laisser danser jusqu’à quatre heures du matin…


Une valse à cent ans

 

Petit d’Homme, soucieux: Pourquoi il est mort, le poisson jaune?

L’Homme, délicat: Oh, tu sais, il était très vieux!      (plus de dix ans, ndlr)

Petit d’Homme, curieux: C’est à quel âge qu’on est vieux? A cent ans?

Moi, distraite: Oh, au moins tout ça!

Elle, blagueuse:  A quarante-deux ans! Hi hi hi hi.     (l’âge de l’Homme, ndlr)

Petit d’Homme, sûr de lui: Impossible!

L’Homme, Elle et Moi, ensemble et soudain intéressés: Ah bon? Pourquoi ça?

Petit d’Homme, assenant le coup de grâce: Parce qu’à quarante-deux ans, on est MORT!

 

Il tient vraiment à nous enterrer, celui-là.


Julie est une chic fille

 

Julie a des yeux en or. Des doigts aussi. Surtout l’index. Est-elle droitière ? Elle ne me l’a pas dit. Peu importe, en fait.

Son index, droit ou gauche donc, appuie sur le déclencheur de son appareil photo, comme un prolongement de ses yeux. Sans doute au meilleur moment, que le commun des mortels aurait laissé passer sans s’en apercevoir.

De ses yeux, elle extrait la beauté du monde, l’immortalise pour nos yeux à nous. Sous ses doigts, dans son boîtier noir, le temps suspend son vol en pleine douceur, pour que l’éternité fige ces instants magiques.

Julie est photographe de petits et grands bonheurs.

Mais pas seulement.

Il y a quelque temps de cela, je lui ai demandé une chose énorme. Et elle a joué le jeu, a donné de son temps et de sa personne. Nous avons correspondu longuement, chaleureusement. Puis elle m’a prêté deux photos de ses bonheurs à elle, en toute confiance.

Julie est une chic fille.

Tout simplement.

 

 

 

 

 

Si vous ne connaissez pas encore Julie et son univers, plongez dans la douceur, dans ses petits et grands bonheurs.

Julie, merci. Vraiment.


Tout ne va pas si mal, finalement…

Ce soir-là, alors que je rentrais d’une journée de travail comme les autres, c’est à dire pourrie et éreintante, je trébuchai à peine le seuil passé sur les sacs de piscine abandonnés par les enfants au milieu de l’entrée. Je pestai intérieurement sur le chemin à parcourir jusqu’à la buanderie, qui n’était pas si long, ni infranchissable pour deux paires de jambes de moins de dix ans.

Je fis ce chemin moi-même, un sac dans chaque main. Je sortis maillots et serviettes mouillés, les fourrai dans la machine, appuyai sur le bouton de démarrage, et regagnai la cuisine, l’esprit préoccupé par une foultitude de petites choses qui me semblaient soudain des montagnes.

Ce soir-là, tout le monde semblait de mauvais poil. Je préparai à la hâte un plat de pâtes carbonara sensé détendre l’atmosphère, dérider chacun et remplir les estomacs.

Ce soir-là, je refusai résolument l’apéritif proposé par l’Homme (non à l’alcool en semaine est mon nouveau credo) qui devait se dire que peut-être il tenait dans une bouteille de mojito une certaine forme de solution pour donner du mou à mes neurones groupés en pelotes, et me faire rire bêtement.

Ce soir-là, les récits d’école des enfants n’apportèrent guère de bonnes nouvelles. La Marmotte par ses grincements sonores nous fit comprendre que pour elle aussi la journée avait été longue et fatigante.

Le repas fini, les enfants douchés, peignés et les dents brossées, j’expédiai l’histoire du soir, récitant un peu absente les mots alignés sur ce livre idiot qui promettait 365 histoires du soir. Bientôt un an d’histoires sans queue ni tête, bientôt la délivrance, pensai-je.

Douze bisous et demi et au moins autant de câlins plus tard, je retournai à la buanderie avant que la fatigue ne prenne le dessus. En accrochant serviettes et maillots au fil sous la véranda, je compris qu’il y avait tellement plus important finalement que les petites contrariétés du quotidien: je jetai un regard au ciel et je sus immédiatement que l’ange de Ginie était bien arrivé.


L’oeuf ou la poule?

Hier soir à table…

Petit d’Homme: -Maman, le handball, c’est du sport?

Moi: -Oui bonhomme!

Petit d’Homme: -Et quand j’y vais, c’est l’entraînement?

Moi: -Oui bonhomme!

Petit d’Homme: -Pour apprendre à dribbler?

Moi: -Oui bonhomme!

Petit d’Homme: -Mais qui c’est qui a dribblé en premier? C’est les mamans ou les papas?

Moi: -Gné?

Petit d’Homme: -Ben oui, c’est qui les plus vieux? C’est les mamans ou les papas?

Moi: -Ah, ben, les papas, évidemment! hi hi hi…

Note: le Petit d’Homme confond les notions de papa et maman avec celles d’homme et femme…