Je veux pas y aller (au travail demain)

Toutes les bonnes choses ont une fin (sauf le boudin, qui en a deux), c’est même à ça qu’on les reconnaît, et qu’on les savoure, aussi.

Demain, après la rentrée des grands jeudi, il sera temps pour moi de remrpendre le chemin du dur labeur, et pour la Marmotte, de retourner chez la nounou rattraper son éducation foireuse ces trois dernières semaines – je suis sûre qu’elle en sera heureuse, cette ingrate.

J’ai bien passé l’après-midi à chercher une excuse fumeuse mais efficace pour pas y aller, mais j’ai rien trouvé de vraiment convaincant. Je veux dire, mes grands-parents sont au cimetière depuis longtemps, tu vois que je suis vraiment pas aidée.

La tête enfin vide de tous les soucis professionnels va falloir que j’y retourne, saloperie, le corps déshabitué de ses horaires de fou, et le temps de penser que quelques bonnes résolutions de rentrée ne me feraient sans doute pas de mal… Après et malgré trois semaines de vacances et un teint bronzé, je me fais peur dans le miroir. C’est te dire s’il y a du boulot de reprise en main.

En grande pompe et pour moi seule, j’ai décidé de faire une liste à la Moo tenter de:

  • Prendre plus soin de moi. A 35 ans, les excès, pinaise, ta peau te les fait payer. Donc: gommages, crémages, et dodo au programme.
  • Reprendre le sport pour évacuer l’énergie négative accumulée au boulot. Jusque fin juin, j’étais régulière, ça devrait être réalisable.
  • Parallèlement, se mettre à zermater sérieusement pour effacer les excès d’apéros, barbeuques et autres fiestas de l’été.
  • Gagner en sérénité. Ca sera pas du luxe pour tout le monde.
  • Parler moins. Surtout au boulot. Me protéger.
  • Répondre aux mails privés avec un délai de moins de trois semaines. Ca sera pas du luxe, je sais, les copines.
  • Choisir enfin un carnet où noter toutes mes envies de lecture, et les lire. M’inscrire à la bibliothèque, du coup.
  • Prévoir plus pour courir moins. *

Ca, c’est pour la sérénité.

A priori, rien d’impossible…  A priori…

*Essayage des chaussures de sport ce soir. Les deux grands ont pris deux pointures en un été, tu le crois, ça??? Ils ont sport mardi. Je t’interdis de ricaner.


Beach fashion police

Je suis pas une beach babe.

Quelques jours par an je daigne descendre des montagnes pour faire un peeling de mon intimité au sable pollué et me tremper dans l’eau huileuse de crème solaire à intervalles réguliers (je suis une pisseuse, comme tout le monde) (oh ça va fais pas ta mijaurée et avoue, qu’on en finisse).

Mais cette année y avait un truc qui me dépasse, et c’est rien de le dire.

Ou je suis allée sur des plages particulièrement cheap du maillot, (non, pas chez les naturistes, je laisse ça à Georges), ou il y a une tendance qui me laisse rêveuse, enfin, perplexe, plutôt, c’est le deux-pièces dépareillé, moi qui assortis scrupuleusement depuis mon premier bonnet A le haut au bas.

Alors j’ai vu, entre beaucoup d’autres

  • bas léopard et bandeau fuchsia
  • bas pistache et haut noir
  • bas noir et haut lamé doré
  • bas turquoise et haut jaune
  • bas imprimé et haut aussi, mais pas le même

Moi je peux pas, c’est au-dessus de mes forces. (Déjà, visuellement, c’est dur. Ouais je sais, faudrait que j’arrête de mater ma congénère. ) Moi qui me suis déjà posé un tas de questions existentielles lors de la pose du vernis de pieds!

Je suis une sale bourge du maillot, faut croire.

Je te laisse admirer mon pied à bronzage spartiate dans l’eau limpide – et glacée – du Verdon.


Rentrée des classes: le check-up de la mère indigne

Bon, y a quelqu’un de non nullipare dans le coin pour ignorer que demain c’est la rentrée des classes?

Va pas t’exciter non plus, dans sept semaines ils sont de nouveau en vacances, hein, rien de dramatique.

Pour toi, mère imparfaite, ça va être plus chaud. Ben oui, comme pour le chiot que ton petit dernier t’a supplié et convaincue d’adopter en te jurant qu’il irait le promener lui même qu’il vente ou qu’il neige, c’est toi qui vas te taper la préparation du sac de sport / piscine / musique / divers. Nan, mais t’es pas du tout indigne si des fois ça te passe carrément au-dessus, j’en ai vu qui ont oublié que leur môme avait sortie, et donc oublié le pique-nique. (Moi depuis cette affaire je suis traumatisée par procuration, du coup j’envoie des mails à toutes mes copines – qui pourront témoigner ici – pour qu’elles m’envoient des mails de rappel. Ouais, je sais, y a plus simple, mais jusque là c’est assez efficace.)

Donc, check-up ce soir de tout ce qu’il fallait bien faire pour pas que ton môme ait pas trop honte de toi demain matin lorsque la cloche sonnera.


Modèle « entre en CM2 »

  • Achat du nouveau cartable, trousse et tout le toutim qui va dedans en rose, pailleté, turquoise, violet, et autres improbabilités qui donneront la gerbe à l’instituteur

#fail

Le matos de CP va encore très bien. Pour le cahier de texte, celui d’il y a trois ans a encore plus de pages de libres que ce qu’ils auront de devoir, c’est paaaaarfait. J’ai fait des folies cette année et acheté deux bâtons de colle UHU, et deux souris Tipp-Ex (ça se sniffe la souris?).

A ma décharge, c’est l’école qui se coltine la commande cahiers. Et moi, demain soir, je les couvre de papier cadeau + autocollant transparent, comme ça c’est tout joli tout festif et rigolo. Et ça fait gerber l’instit’ breton et ses protège-cahiers en peau de capote colorés.

  • Essayage et éventuel achat d’une tenue de sport

#fail

Elle traîne la tenue légère (pour les jours de beau temps au stade) depuis le CP. Pour le survêt, ça ira encore aussi (nan, plus celui du CP, quand même). Les pompes, elles traînent dehors sous la véranda depuis juin, elle les a pas essayées, au besoin on coupera un orteil ou deux. Maillot de bain? le bikini de plage ira très bien. Juste penser à lui préciser de remettre son haut en place régulièrement, sinon ça risque de faire marrer les petits cons qu’un micro bout de non-nichon fait ricaner bêtement.

  • Achat de nouvelles pompes, fringues, et autres trucs de filles

#fail

A moins qu’on considère que les micros shorts et divers tops achetés en solde sont des habits d’école…

  • Cirage des pompes de l’an dernier

#fail

Elle ne traîne plus qu’en Converse fournies par de la blogueuse adorable.

  • Coiffeur et achat de nouvelles lunettes super style

#pass

On a le sens des priorités, chez nous, y a pas à dire.

  • Check de la liste de fournitures

#fail

A fait toute seule. Me suis pas mêlée. Nan, mais c’est vrai, faut la préparer à l’entrée au collège en lui donnant le sens des responsabilités, tout ça.

Modèle « entre en grande section »

  • Fourniture fin juin du certificat de radiation de l’ancienne école

#fail

Ledit certificat, dont j’avais totalement oublié l’existence et la nécessité,  retrouvé cette fin d’aprem par hasard en rangeant les dessins, bricolages et autres chefs d’peuvres de l’an dernier qui traînaient sur mon bureau.

  • Check de la liste de fournitures

#fail

A pas reçu liste de fournitures. Doit avoir à voir avec le fait que je me suis pas déplacée pour l’inscrire dans sa nouvelle école, me contentant de confirmer son arrivée par mail au directeur, lui précisant que s’il a besoin de moi il sait où me trouver.

  • Lavage du cartable en machine

#pass

Cartable séché et rempli par l’intéressé ce matin même d’un goûter, indispensable chocolaterie à sa survie. C’est mon fils, je sais.

  • Essayage de la tenue de sport de l’an dernier

#fail

Penser à lui faire essayer ses Stan Smith ce week-end, dans les heurs d’ouverture du Go Sport le plus proche.

  • Achat d’un bonnet de bain pour la pistache

#fail

Voir ci-dessus.

  • Coiffeur

#pass

C’est le plus beau. Ce sera le plus beau demain. C’est mon fils.

Bon, ben je crois que je peux aller me coucher tranquille, moi.


Les jolies colonies de vacances #4

La théorie c’est bien joli, faudrait voir de temps en temps à passer aux Travaux Pratiques, c’est comme pour les cours d’éducation sessouelle au collège.

Comme la maison ne recule décidément devant rien pour t’instruire, c’est avec pleine conscience de ma responsabilité en la matière que je me sacrifiai à partir en vacances pour tester moi-même les préceptes émis il y a quelques semaines ici-même (tu seras gentil de chercher tout seul dans les archives, j’ai un peu la flemme de l’autolink, ce soir).

Travaux pratiques donc, ou la journée du départ.

06:18     j’ouvre un oeil, sans réveil (il y a des miracles qui ne s’expliquent pas). C’est le jour J, alors je décide d’ouvrir le second sans plus tarder.

06:19     l’homme est déjà levé, il regarde les infos. Surtout la météo du sud. Dehors, il se met à pisser pleuvoir. Vite, foutons le camp d’ici.

06:21     une douche rapide pour achever de me réveiller et le check-up mental commence.

06:25     je contemple l’amas de sacs en tous genres qui encombrent l’entrée.

07:15    58 montées et descentes d’escalier plus tard, je pense qu’on a tout.

07:16      inventaire du fridge et des denrées potentiellement chimiques périssables. On embarque le fromage corse (qui vient de faire le chemin dans l’autre sens, rapporté par des amis la veille), histoire d’avoir à se disputer sur l’odeur en cours de route, ça nous occupera.

07:17      je rajoute un cahier pour écrire mon testament mes conneries habituelles.

07:18     l’homme m’informe que je serais bien gentille d’arrêter de rajouter des trucs, parce que là il y a tromperie sur le volume de bagages autorisés, et qu’il va bientôt falloir choisir entres les mômes et les cotons-tiges.

07:20     c’est un médisant , tout est rentré. I am the queen des bagages 2.3 (2 adultes, 3 enfants) sans même un coffre de toit.

07:30     je m’avise qu’il manque les mômes. Clairon.

07:45    derniers rangements, derniers allers-retours dans l’escalier, la maison est nickel, on peut inviter du monde. Ah non c’est vrai, on part.

08:00     l’homme planque mes trois pauvres bijoux et laisse un post-it: « fuck les voleurs! »

08:30    bouclage des ceintures. Il pleut des cordes. Nous fuyons ce pays de dingues.

09:10    après cinq années de voyages divers sans encombres qui ont vraisemblablement endormi ma méfiance, un bruit suspect provient de l’arrière, en même temps qu’une odeur reconnaissable entre mille envahit l’habitacle.

09:15    arrêt d’urgence sur une aire que nous qualifierons pudiquement de crottodrome à l’air libre pour nettoyer le vomi. Je n’ai pas perdu tous les réflexes puisque tout de trouve à portée de main dont une tenue de rechange pour la mini. Pour une fois aue j’avais habillé mes filles pareil, je peux m’asseoir sur une tenue de rechange qui frisera l’oeil de Joli-Papa.

11:15   arrêt pipi généralisé. Redémarrage avec négociation du DVD du jour. Les voix nasillardes d’Alvin et les Chipmunks font bien vite marrer les mômes, la petite finit par s’endormir. Moi je philosophe et me dis que c’est une vachement bonne idée de faire les verres des lunettes de soleil fumés, mes jambes ont l’air bronzées AVANT les vacances sous ma jupe en jeans. Le niveau, je te dis.

13:45   l’homme met Fun Radio. Les vacances ont vraiment commencé, on a perdu vingt ans en deux secondes.

14:00    Parasites. L’homme zappe sur 107.7. Ah tiens, faudra que je pense à m’occuper du dossier retraite, on a repris 40 ans d’un coup.

14:15   je bénis l’inventeur du Mac Truc qui te permet de savoir aue tu vas bouffer du sandouiche dégueu, mais finalement moins salmonellé que d’autres, et que les enfants sont contents, mettant à mal des années de recettes inventives Babycook. Je m’assieds sur la diététique, ce sont les vacances, oui ou crotte? D’ailleurs le jus de pommes et bio, et le yaourt aussi, là.

15:00   réembarquement. Sieste obligatoire (je menace de faire demi-tour, sinon, gniark gniark). Un instant de grâce, les trois zous dorment en même temps. L’homme et moi on en profite pour se dire des cochonneries et ça nous fait bien rigoler. Quinze ans d’âge mental. Aves tous ces changements, faudra que je pense à me faire lifter en rentrant.

16:58    nous faisons une entrée remarquée dans l’allée de Joli-Papa, qui renonce avec notre arrivée à l’ordre dans sa maison, à la tranquilité jusque dans les chiottes, au calme juste troublé par les cigales, à l’organisation logique de ses journées, mais en même temps, c’est lui qui l’a cherché, aussi.

17:15    balade de reconnaissance des lieux. Ca plaît aux mômes, qui partent en exploration du domaine.

18:00    montage de la tente,  AVANT l’apéro, c’est plus sûr. Les grands ont super insisté pour dormir dehors, je me dis qu’il ne tiendront pas deux heures, du coup je prépare une chambre à l’intérieur (pour rien, vu qu’ils ont été ravis toute la semaine). Je participe à l’effort collectif en gonflant les matelas pneus au gonfleur électrique (j’ai dû investir depuis que P’tit Mec n°2 a épuisé notre pompe à pied sous ses muscles testostéronés, quel dommage).

18:30     installation des deux grands dans leur domaine réservé sous les oliviers. Les autres (surtout moi, c’est no way) préféreront le confort et la fraîcheur de la maison. On évitera juste de leur montrer les sauterelles tchernobyliennes, les crottes de sanglier et autres joyeusetés du monde sauvage, histoire de passer des nuits peinardes – bon, juste après avoir crié 254 fois « chuuuuut là-dedans! » de la terrasse (mais qu’est-ce qu’ils ont tant à se dire???) mais c’est un détail infime.

C’est les vacances, bordel.

L’apéro, plize.


Les clés sont sous le pot de fleurs

L’ami,

Tu as remarqué que j’ai été fidèle au poste tout l’été, même pendant que toi tu allais compter les grains de sable dans ta culotte de bikini.

J’aime bien jamais rien faire comme tout le monde. Aller à contre-flux.

Là, c’est – enfin! – mon tour de t’abandonner lâchement pour quelques jours, afin de faire ma cure de sevrage informatique bisannuelle, m’oxygéner les poumons, me péter les mirettes sur des paysages à couper le souffle que de toutes façons j’aurai laissé mille mètres plus bas, me faire des crampes aux mollets, me tuer les épaules à grands coups de sac à dos, me prendre des coups de soleil avé les chaussettes, puis aussi de me saler la peau et moi aussi m’échouer sur une plage en faisant semblant de pas voir que la grande commence à mater du graçon, que le moyen lance des boulettes de sable mouillé qui vont forcément arriver sur quelqu’un qui trouvera ça moyen drôle, que la micro suce les mégots qu’elle aura déterré de ses petits doigts potelés avant de se faire un gommage fessier à grands coups de grains de sable.

Bref si t’as envie de faire un tour ici où il ne se passera rien d’autre que de m’attendre impatiemment, je te laisse les clés sous le pot de fleurs à droite de la porte, t’as quartier libre, mais t’oublies pas d’éteindre en partant, tu seras gentil.

Je rentre, si j’ai envie, quelques heures avant la rentrée des classes, avec un milliard et demi de trucs à te raconter avec de la blogueuse dedans.

D’ici là, potasse ta liste de fournitures, pendant que je rigole doucement de sous ma tente Quechua anti-UV.