La théorie c’est bien joli, faudrait voir de temps en temps à passer aux Travaux Pratiques, c’est comme pour les cours d’éducation sessouelle au collège.
Comme la maison ne recule décidément devant rien pour t’instruire, c’est avec pleine conscience de ma responsabilité en la matière que je me sacrifiai à partir en vacances pour tester moi-même les préceptes émis il y a quelques semaines ici-même (tu seras gentil de chercher tout seul dans les archives, j’ai un peu la flemme de l’autolink, ce soir).
Travaux pratiques donc, ou la journée du départ.
06:18 j’ouvre un oeil, sans réveil (il y a des miracles qui ne s’expliquent pas). C’est le jour J, alors je décide d’ouvrir le second sans plus tarder.
06:19 l’homme est déjà levé, il regarde les infos. Surtout la météo du sud. Dehors, il se met à pisser pleuvoir. Vite, foutons le camp d’ici.
06:21 une douche rapide pour achever de me réveiller et le check-up mental commence.
06:25 je contemple l’amas de sacs en tous genres qui encombrent l’entrée.
07:15 58 montées et descentes d’escalier plus tard, je pense qu’on a tout.
07:16 inventaire du fridge et des denrées potentiellement chimiques périssables. On embarque le fromage corse (qui vient de faire le chemin dans l’autre sens, rapporté par des amis la veille), histoire d’avoir à se disputer sur l’odeur en cours de route, ça nous occupera.
07:17 je rajoute un cahier pour écrire mon testament mes conneries habituelles.
07:18 l’homme m’informe que je serais bien gentille d’arrêter de rajouter des trucs, parce que là il y a tromperie sur le volume de bagages autorisés, et qu’il va bientôt falloir choisir entres les mômes et les cotons-tiges.
07:20 c’est un médisant , tout est rentré. I am the queen des bagages 2.3 (2 adultes, 3 enfants) sans même un coffre de toit.
07:30 je m’avise qu’il manque les mômes. Clairon.
07:45 derniers rangements, derniers allers-retours dans l’escalier, la maison est nickel, on peut inviter du monde. Ah non c’est vrai, on part.
08:00 l’homme planque mes trois pauvres bijoux et laisse un post-it: « fuck les voleurs! »
08:30 bouclage des ceintures. Il pleut des cordes. Nous fuyons ce pays de dingues.
09:10 après cinq années de voyages divers sans encombres qui ont vraisemblablement endormi ma méfiance, un bruit suspect provient de l’arrière, en même temps qu’une odeur reconnaissable entre mille envahit l’habitacle.
09:15 arrêt d’urgence sur une aire que nous qualifierons pudiquement de crottodrome à l’air libre pour nettoyer le vomi. Je n’ai pas perdu tous les réflexes puisque tout de trouve à portée de main dont une tenue de rechange pour la mini. Pour une fois aue j’avais habillé mes filles pareil, je peux m’asseoir sur une tenue de rechange qui frisera l’oeil de Joli-Papa.
11:15 arrêt pipi généralisé. Redémarrage avec négociation du DVD du jour. Les voix nasillardes d’Alvin et les Chipmunks font bien vite marrer les mômes, la petite finit par s’endormir. Moi je philosophe et me dis que c’est une vachement bonne idée de faire les verres des lunettes de soleil fumés, mes jambes ont l’air bronzées AVANT les vacances sous ma jupe en jeans. Le niveau, je te dis.
13:45 l’homme met Fun Radio. Les vacances ont vraiment commencé, on a perdu vingt ans en deux secondes.
14:00 Parasites. L’homme zappe sur 107.7. Ah tiens, faudra que je pense à m’occuper du dossier retraite, on a repris 40 ans d’un coup.
14:15 je bénis l’inventeur du Mac Truc qui te permet de savoir aue tu vas bouffer du sandouiche dégueu, mais finalement moins salmonellé que d’autres, et que les enfants sont contents, mettant à mal des années de recettes inventives Babycook. Je m’assieds sur la diététique, ce sont les vacances, oui ou crotte? D’ailleurs le jus de pommes et bio, et le yaourt aussi, là.
15:00 réembarquement. Sieste obligatoire (je menace de faire demi-tour, sinon, gniark gniark). Un instant de grâce, les trois zous dorment en même temps. L’homme et moi on en profite pour se dire des cochonneries et ça nous fait bien rigoler. Quinze ans d’âge mental. Aves tous ces changements, faudra que je pense à me faire lifter en rentrant.
16:58 nous faisons une entrée remarquée dans l’allée de Joli-Papa, qui renonce avec notre arrivée à l’ordre dans sa maison, à la tranquilité jusque dans les chiottes, au calme juste troublé par les cigales, à l’organisation logique de ses journées, mais en même temps, c’est lui qui l’a cherché, aussi.
17:15 balade de reconnaissance des lieux. Ca plaît aux mômes, qui partent en exploration du domaine.
18:00 montage de la tente, AVANT l’apéro, c’est plus sûr. Les grands ont super insisté pour dormir dehors, je me dis qu’il ne tiendront pas deux heures, du coup je prépare une chambre à l’intérieur (pour rien, vu qu’ils ont été ravis toute la semaine). Je participe à l’effort collectif en gonflant les matelas pneus au gonfleur électrique (j’ai dû investir depuis que P’tit Mec n°2 a épuisé notre pompe à pied sous ses muscles testostéronés, quel dommage).
18:30 installation des deux grands dans leur domaine réservé sous les oliviers. Les autres (surtout moi, c’est no way) préféreront le confort et la fraîcheur de la maison. On évitera juste de leur montrer les sauterelles tchernobyliennes, les crottes de sanglier et autres joyeusetés du monde sauvage, histoire de passer des nuits peinardes – bon, juste après avoir crié 254 fois « chuuuuut là-dedans! » de la terrasse (mais qu’est-ce qu’ils ont tant à se dire???) mais c’est un détail infime.
C’est les vacances, bordel.
L’apéro, plize.