Ma boîte à mails pro regorge de pépites toutes plus fascinantes les unes que les autres, tu le sais. Sans que moi, je sache vraiment comment elles sont arrivées là. (C’est surtout ça qui est fascinant.) (Si je m’abstiens de penser à Big Brother watching me.)
Donc l’autre jour je reçois un mail de Dorothée. Naaan, pas la blondasse de ton enfance, avec son nez retroussé, ses Musclés et sa voix agaçante. Dorothée de la Clinique du Poids, c’est son petit nom. Ouais, je sais, elle est pas gâtée dans la vie.
C’est pas beau de se moquer, tu penses bien que j’ai pas souri une seule seconde, tu me connais, je suis la bonté même.
En vrai j’ai pas souri du tout.
Je me suis dit : putain copine de footballeur, comment elle sait ?
Comment elle sait que mon cas est devenu limite pathologique en deux mois : un mois de fêtes scolaires avec saucisses et gâteaux (faut bien renflouer les caisses des associations de parents pour que nos chérubins puissent aller mater les vaches dans des fermes pédagogiques, parce que celles qui traversent la rue tous les soirs pour rentrer pour la traite, c’est pas du tout les mêmes, non non non) et un mois de canicule sévère avec apéro, re-apéro, barbecue (on prévoit toujours trop, donc on mange toujours trop), desserts en tous genres (chaque convive ayant sa spécialité dont il ne t’épargnera pas), rosé et re-rosé jusqu’à pas d’heure, puisque de toutes façons il fait trop chaud pour dormir.
Ajoute à ça la période creuse de la suerie sur tapis qui pue et que de toutes façons même le matin à six heures il fait trop chaud pour courir / faire des abdos / du vélo / des galipettes.
Rajoute encore les anniversaires, les mariages (et les anniversaires de mariage).
Et puis t’as Dorothée de la Clinique du Poids qui m’écrit. (QUI m’a dénoncée ?)
En objet : Le journal de l’amaigrissement et de la nutrition n°3. (Mince alors, j’ai loupé les deux premiers.) Bon, pour la nutrition, je sais faire. L’amaigrissement, c’est un bien vilain mot, je trouve. Ah, ben, on a ses affinités ou pas, hein.
Bon je te passe les détails (tu veux que je t’abonne toi aussi ? Dénonce toi dans les commentaires, je me ferai un plaisir), parce que bon hein rien de neuf.
La tapenade d’olives tartinée d’anchoïade, le thon au Saint-Moret sur tomates à l’huile, si c’était light, on le saurait depuis longtemps.
Par contre, y a un truc bien rigolo, le genre de truc qui n’éclate que moi et qui me fait la journée.
Y a un outil « Je calcule mon activité physique ». Et là Dorothée elle te balance tout un tas de gros mots, que tu dois cocher si tu fais tous les jours, comme : fitness, aérobic, water-polo (nan mais qui fait du water-polo, hein ??? surtout tous les jours !), alpinisme, lutte (je te jure), hockey,… et puis aussi boules/pétanque (siiiiii !) et ballades (avec 2 l dans le texte. Si. Snok.)
Déjà là, moi on me récupère plus que j’ai encore rien coché.
Parce que c’est pas fini. Y a aussi une liste « sports pratiqués dans la journée ».
Attention, c’est du lourd. C’est tout bien classé, et ça va te ravir, j’en suis sûre.
Je demande rien qu’on me trouve encore une excuse pour faire du shopping. Quoi, Chéri, cette nouvelle robe, « encore » ? Tu n’y es pas du tout, je fais du SPORT !
Pense à me rappeler d’écrire à Dorothée pour lui demander combien on brûle de calories en se marrant, et si elle pourrait pas rajouter « rire » dans sa liste.
Pendant ce temps, je me reprends quelques sardines, vu toutes les calories que j’ai perdues.

