Et ces jours toujours trop courts

J’avais dit que la cuisine serait impeccable et quelques taches ornent le sol, juste devant le frigo, pendant que la vaisselle finit d’égoutter sur l’évier.

 

J’avais dit que la buanderie serait en ordre, et le panier de linge sale déborde encore un peu. J’ai caché les paniers de chemises à repasser dehors, pour l’illusion.

 

J’avais dit que la salle de jeux serait rangée, et les jouets qui jonchent le sol cachent les miettes de pâte à modeler sur le tapis.

 

J’avais dit que les draps seraient changés, lavés, repassés, rangés. Dans le meilleur des cas, ils tentent de sécher sur le fil depuis trois jours.

 

J’avais dit que le planning du mois de janvier serait fixé, et je n’en finis plus d’hésiter.

 

J’avais dit que les cartes de vœux seraient postées, elles ne sont pas encore achetées.

 

J’avais dit que je rentrais tout de suite et puis rien ne s’est passé comme prévu.

 

J’avais dit que la paperasse serait triée, et je fais un concours de pile à équilibre variable d’enveloppes non ouvertes.

 

J’avais dit qu’on serait à l’heure et ce matin ils ont pris le bus au vol.

 

J’avais dit qu’on se coucherait tôt mais il y a toujours un truc à finir.

 

Ces vacances qui passent trop vite et ces listes longues comme le bras. Cette illusion qu’on a bien le temps et ces jours toujours trop courts.

 

 

Les enfants sont propres et nourris, j’ai mis du vernis et j’ai des nouveaux coussins pour le canapé. Un rayon de soleil filtre à travers les nuages et tant qu’on a des projets c’est qu’on est vivant.

L’essentiel. Le reste attendra bien.

 

coucou


Des galets de toutes les couleurs au fond de nos poches

Alors, voilà, c’est comme ça une nouvelle année, les enfants. Pas tellement différente de l’ancienne, à première vue, je le reconnais. On est juste un peu plus fatigués, au début, on a des petits yeux, parce qu’on a veillé tard, passé du temps ensemble avec ceux que l’on aime, ceux qui nous font rire.

Les grandes personnes sont bizarres. Elles font des bilans, elle pensent que tout s’efface d’un coup de calendrier, alors que vous savez bien que tout est gravé et que rien n’est pour de faux sauf la soupe à la souris en pâte à modeler. Elles prennent des résolutions qu’elles ne tiendront pas plus de quelques jours. A chaque fois c’est comme ça, et ça ne les empêche pas de recommencer l’année suivante. Elles s’envoient des cartes et des messages, appellent des gens qu’elles oublient tout le reste de l’année. Elles se souhaitent une bonne année.

C’est quoi une bonne année? Je ne sais pas, les enfants. Enfin, peut-être.

C’est une année où l’on rit un peu tous les jours, où on serre fort ceux qui nous sont chers pour qu’il ne leur arrive rien. C’est une année où l’on a envie de vous voir grandir, et où l’on grandira avec vous. Une année où l’on découvrira, apprendra, oubliera aussi. Une année où on pensera aux autres et aussi un peu à soi. Une année où l’on partagera des joies et des larmes, aussi, sûrement. Mais quand elles sont partagées, elles sont moins tristes, non?

C’est une année où on se tiendra la main quand le chemin se fera plus dur. Une année avec des bougies sur les gâteaux et de l’amour autour, des concours de plongeons et de grimaces, des nuits d’été à danser et des foulards colorés qui s’envolent, des cheveux ébourriffés et des courses dans les dunes, des bagarres de boules de neige et des rêves à réaliser, toujours plus fous.

Je crois que c’est un peu ça une bonne année, les enfants. Avec aussi plein de surprises, des bonnes comme un ticket de cirque et des moins bonnes qui mouillent les yeux des grands et assombrissent un instant le regard des petits. C’est comme ça, c’est la vie. Des galets de toutes les couleurs au fond de nos poches.

Bonne année, les enfants.

 

galets


Petite

Quand j’étais petite, j’avais les cheveux très longs, et mon papa n’aimait pas du tout que je les coupe.

Quand j’étais petite, j’avais un chien qui courait plus vite que mon vélo lancé à fond.

Quand j’étais petite, mes meilleurs copains étaient des livres, avec lesquels j’ai passé mes plus belles heures et trompé ma solitude.

Quand j’étais petite, il y avait les gâteaux dans la cuisinière au gaz qui explose et le chemin le long de la rivière pour apprendre à rouler à vélo.

Quand j’étais petite, il y avait la forêt le dimanche et puis les châtaignes qu’on fait griller sur le feu.

Quand j’étais petite, il y avait le grand jardin clos pour jouer, et la rue dans laquelle nous n’avions pas le droit d’aller.

Quand j’étais petite, il y eut la clé de ma chambre perdue, en même temps que la confiance en Saint-Antoine de Padoue (cherche bien partout, dans les p’tits coins, dans les p’tits trous) puis au petit Jésus, du coup, quand il a fallu l’avouer à mes parents, juste une semaine avant ma communion.

Quand j’étais petite, pour les vacances, on partait en France, j’étais si fière.

Quand j’étais petite, mon frère aîné me racontait tellement d’histoires que je ne le croyais plus. Je ne l’ai pas cru du tout quand il m’a dit que cette balançoire abandonnée dans la montagne suisse enneigée était là pour les biches, qu’elles ne s’ennuient pas. Pas plus que quand il m’a prétendu que quand on tirait la chasse dans les toilettes à la turque sur l’autoroute, on prenait sa douche en même temps. C’est pour ça que je me retenais de faire pipi pendant plus de mille kilomètres.

Quand j’étais petite, l’imagination de mon frère cadet débordait tellement que personne ne pouvait suivre le rythme de ses élucubrations – cet enfant était fou.

Quand j’étais petite, je racontais pas mal d’histoires, ma vie rêvée, ma vie inventée, ma vie dans les livres, pour ne pas être en reste, pour ne pas m’ennuyer, pour ne pas sombrer.

Quand j’étais petite, il y avait Mademoiselle pour les chagrins et ma grand-mère pour le tricot.

Je ne sais plus quand je suis devenue grande, j’ai coupé mes cheveux, j’ai démémagé en France, je n’ai plus de chien – j’ai des enfants, je lis beaucoup moins – j’ai des enfants, je fais toujours beaucoup de gâteaux -j’ai des enfants. Je ne crois toujours pas plus au petit Jésus. Je ne crois plus aux histoires de mes frères depuis longtemps, je les raconte à mes enfants. Je ne raconte plus trop d’histoires, je les écris sur ces pages.

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bibliorose

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Pour Sabine.

Merci Louise.


La magie de Noël, la vraie

C’est marrant, le nombre de gens qui ne vont à l’église que sur invitation  (pour les mariages et les enterrements) (dont moi), mais qui se pressent pour célébrer une fête chrétienne. Le pouvoir du jour férié est sans égal. Certains en font une fête familiale avant tout, une occasion de se retrouver, de poser les armes (ou pas, le trou normand n’aidant pas toujours à l’adoucissement des moeurs).  Pourquoi pas. La paix dans le monde n’est pas réservée aux bonx chrétiens (y a les Miss France aussi) (et les Poppy’s). La joie d’être ensemble non plus.

Personnellement, je fête la Saint-Sylvestre. Je ne connais pas de Sylvestre, encore moins de saint, mais tant qu’à choisir un jour de l’année pour déconner, autant que ce soit le dernier, au moins le lendemain c’est congé.

Noël, donc. A cette occasion, il est de tradition, depuis l’apparition du Gros Barbu dans les pubs Coca-Cola, de s’offrir un peu plus que la traditionnelle orange emballée dans du papier blanc que mes parents étaient ravis de serrer dans leurs mains d’enfants – à côté du cougnou déposé sur leur oreiller au matin de Noël (ils étaient plus méritants que nous, ils allaient à la messe de minuit). Sous nos sapins s’amoncellent donc un tas de trucs dont nous n’avons pas tellement besoin (vu qu’on a pu s’en passer jusqu’à la fin de l’année).

Sous d’autres cieux, il y a bien du Coca-Cola, mais il n’y a pas de cadeaux, encore moins de sapin. Mais s’il y a un peu de budget qui déborde de notre côté, si on renonce au cadeau pourri de Tata Gertrude, la magie de Noël, la vraie, peut opérer, grâce à l’assoctiation Un Enfant par la Main.

Don Honduras

Don Mali

Don Sri Lanka

Don Cambodge

Il y en a pour tous les budgets, grands et petits, comme aux Galeries Lafayette. A part que ceux-ci seront vraiment utiles (et sont en partie déductibles des impôts, et toc). C’est pas du luxe, c’est juste du besoin basique. Et après tout, c’est la fête des enfants, non?

N’hésite pas à faire plaisir. Ca fera toujours ça de moins de Playmobil qui te massacreront les pieds la nuit. (Et ça t’aidera peut-être à digérer ton foie gras en regardant les horreurs du 20h.)

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Liens:

Association Un Enfant par la Main

Le Père Noël est une ordure non-influente

Rester solid(air)e


Mentalo d’Or 2013

Pom pom pom pom.

Ca y est, ton sapin est bien de guingois, tout enguirlandé?

Tousse, tousse, un deux.

Après délibération du jury (moi), et de longues nuits d’études qualitatives à traîner sur les internets, les Mentalo d’Or 2013 ont été décernés à l’unanimité des voix (je fais très bien ma mère).

Tenue de gala (pyjama en pilou, chaussettes duveteuses et plaid sur les épaules) et rafraîchissements (des litres d’infusion camomille au miel) étaient bien sûr de rigueur lors de la cérémonie de remise des précieuses décorations (une feuille de menthe séchée), pour lesquelles ni votes pipés, ni trafic d’influence, ni fausse modestie, ni coups de stilettos dans les tibias, ni hi-hi-je-ne-mange-pas-de-ce-pain-là-mais-quand-même ne furent à déplorer.

eaufloralementhe

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A Lornifouin, parce qu’elle donne faim, quelle que soit l’heure

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pour se dire qu’on n’est pas toute seule à ramer dans ce bateau

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A Joy, un blog photo de hippies chics

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 1.

Les lauréats de 2011  et  la cuvée 2012 ont bien sûr été disqualifiés d’office, mais ils n’ont absolument pas démérité cette année encore, pour la plupart d’entre eux. Certains ont même sacrément bonifié.