Deux mille douce

TF1 a son bêtisier, Canal son zapping, France 2,3, 4 et 5 ont leurs rétrospectives, y a pas de raison que je fasse pas moi aussi un retour sur l’année qu’on vient d’enterrer comme il se doit par une nuit blanche dont je mettrai douze mois à me remettre, selon toute vraisemblance actuelle.

Janvier

Métro, boulot, dodo

01janvier

Février

Le grand froid

02fevrier

Mars

Les magnolias de la rue Gambetta

03mars

Avril

L’air du large

Minolta DSC

Mai

Le repos, les pavots

05mai

Juin

L’annonce

06juin

Juillet

Instagram, la rose

07juillet

Août

Sorbet pastèque, et tant d’autres

08aout

Septembre

Ultime, enfin

09septembre

Octobre

Espace Schengen et été indien

10octobre

Novembre

Gone with the green wind

11novembre

Décembre

L’hiver à l’est

12decembre

Meilleurs voeux les copains.


Etoiles au citron

Trêve des confiseurs, temps pourri dehors, c’est parfait pour une recette de biscuits simplissime.

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Le marché

*120 g de beurre ramolli

*80 g de sucre glace

*1 citron

*30 g de poudre d’amandes

*1 oeuf + 1 jaune

*1 pincée de sel

*200 g de farine

Le matériel

*1 bol ou robot

*1 plaque en silicone ou papier sulfurisé

*1 grille

Le temps

Préparation: 15 minutes  / Repos: 2 heures / Cuisson: 8-10 minutes

La recette

Mélanger le beurre ramolli et le sucre glace. Ajouter le zeste du citron râpé et le jus d’un demi citron, puis la poudre d’amandes. Incorporer l’oeuf et le jaune, puis le sel et la farine.

Travailler l’appareil pour obtenir une pâte lisse. Former une boule, la couvrir de film alimentaire et la placer au frigo au moins deux heures.

Préchauffer le four à 180° (th. 6).

Etaler la pâte avec un rouleau sur le plan de travail, environ à 5 mm d’épaisseur. Découper avec un emporte-pièce étoile (ou autre) et disposer sur la plaque en silicone.

Enfourner pour 8 minutes environ. Les sablés doivent dorer sur les bords et rester blonds au milieu.

Laisser refroidir sur une grille.

Bonus en plus

Récupérer des pots de confiture, peindre le couvercle avec une peinture acrylique, y disperser quelques paillettes,… Avec de la peinture dorée ou argentée, écrire un message sur le pot en verre, dessiner de petites étoiles. Disposer les biscuits dedans, et les offrir. Une fois le pot vide, il pourra servir de photophore.

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Le premier jour où… j’ai décoré le sapin

Décorer le sapin de Noël, surtout pour les petits, a toujours été pour la majorité une sorte de cérémonie indispensable, rituelle, sans laquelle le Père Noël oublierait sans doute notre cheminée et nos petits souliers.

Le grenier familial contenait des trésors cachés dans des boîtes qui ne voyaient le jour qu’une fois par an. Blotties dans leurs papiers de soie, les précieuses boules ne pouvaient être manipulées que par les grands. Une pression des doigts juste un peu trop forte et voilà la merveille en éclats… Mes préférées étaient des oiseaux juchés sur une pince. Nous avions également deux antiques guirlandes lumineuses, l’une ornée de petites lanternes multicolores, l’autre de Pères Noël et autres figurines rouge et blanc vêtues, qui nous faisaient risquer le feu de sapin chaque année… enfin, celles où elles fonctionnaient. Les autres, mon frère aîné passait les quatre dimanches de l’avant à tenter de repérer quelle ampoule était brûlée, et/ou à quel endroit le courant 220V (!)  prenait le large sur le fil vétuste.

Plus tard, beaucoup de boules cassées, j’aimais passer le début de mes vacances à confectionner des décorations de mes blanches mains, avec du papier brillant, des ficelles cadeau… J’aimais voir la maison se parer de ses atours d’hiver.

Depuis que j’ai des enfants, faire le sapin, c’est voir leurs yeux de bébé s’émerveiller devant les lumières et les reflets. C’est aussi vivre de sacrées aventures au moment de choisir le sapin.*

Les plus grands ont désormais aussi le droit d’ouvrir les boîtes poussiéreuses, mais aujourd’hui les boules sont incassables – ou presque, et de garnir le sapin que nous avons choisi ensemble quelques heures plus tôt, après avoir trépigné pendant que j’installe la guirlande. Il faut ensuite accepter que la décoration soit quelque peu, disons, conceptuelle. Toutes les mêmes boules du même côté, qui se cassent la figure au fur et à mesure des jours. Mais ça a son charme. Jusqu’à ce que tu profites d’une matinée d’école pour tout refaire, et qu’ils n’y voient que du feu. La magie de Noël, ça s’appelle. L’expérience aidant, j’ai fait plusieurs boîtes, et trié les boules par couleur. Ca m’évite une conjonctivite chronique jusqu’à la Galette des Rois.

Là, on est prêts, depuis dimanche. Finalement, la cuvée 2012, contrairement aux deux précédentes*, a été assez calme. Tout le monde est ravi, surtout Ultime, qui adore les loupiotes. C’est la même déco que l’an dernier, mais personne ne s’en souvient, c’est ça qui est bien dans Noël, c’est que ça n’arrive qu’une fois par an. Un peu comme quand tu t’engueules avec ton beau-frère entre la dinde et la bûche crème au beurre, l’année suivante, tu t’en rappelles plus, et tu recommences.

Le Père Noël peut se pointer. Qu’il nous apporte les biens les plus précieux, surtout: le temps, la gaieté, la santé.

sapin 2012

 

*Les fourberies de sapin 2011

*Les fourberies de sapin 2010

 

 

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapiluc, CambroussienneLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClem la matriochka, Cerysette des bois, Monette, Raquel, Léia,… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble sur la page du groupe Facebook dédiée. Rejoins-nous!

 

 

 

 

 

 


Le premier jour où… j’ai aimé la pub

La publicité, c’est tout un art. Quand c’est bien fait, c’est ou très beau, ou très drôle, mais il faut une certaine part de génie pour arriver à me faire lever le sourcil (le droit, toujours).

Total, génie et esthétique

Nestlé, génie et humour.

Parce que faut bien le dire, la majorité de ce qui passe aujourd’hui, que ce soit en radio ou en télé ne m’arrache que des pffffff, et me dire que Dechavanne gagne sa vie encore aujourd’hui avec  son « Lapeyre, y en a pas deux » me navre force huit.

Quand j’étais petite, nous n’avions pas la télé à la maison. Rectification: nous avions bien un poste en noir et blanc, déjà vieux pour l’époque (et je te parle des seventies…) qui ne captait que la chaine publique nationale, autant te dire rien, et rien de 18 à 23 heures uniquement, hein. Un jour pourtant la publicité fit irruption entre le JT et la météo, juste avant la speakerine aux longs cheveux noirs, bracelets qui cliquetaient, bien trop bronzée toute l’année. Et nous eûmes comme les autres droit aux lamentables publicités pour Mr Propre (vite, Mr qui fait le ménage de son capharnaüm avant que Mme ne rentre de la maternité, trop trop réaliste ahem), les serviettes qui absorbent le liquide bleu mieux que personne, et les lessives.

Je crois que les publicités pour les lessives atteignent le summum de la consternation. en même temps, vas-y pour vanter les mérites de la poudre qui lave plus… blanc que blanc… tiens? Si la photo d’une personne de couleur noire brandissant son paquet de lessive avec le slogan « Quel blanc mes amis! » semble avoir disparu des internets, tout le monde garde en mémoire le cultissime spot télé offert par la marque Omo.

Old Mother Owl, tutti rikiki, maousse costo. Crapoto basta.

 

A l’époque, j’avais une prof de français, vieille fille à l’allure sérieuse, mais grave rigolote en dedans. Quand nous étions particulièrement inspirées lors de ses cours, il lui arrivait de nous en interpréter de manière magistrale un bout, rendant ainsi Hugo et Camus moins rébarbatifs…

[youtube=http://youtu.be/FLBE8mzfJ-k]

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapiluc, CambroussienneLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClem la matriochka, Cerysette des bois, Monette, Raquel, Léia,… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble sur la page du groupe Facebook dédiée. Rejoins-nous!


Lola

Lola est toute petite.Mais vraiment toute, toute petite.

Quelques cheveux blonds s’échappent de son bonnet. Je crois bien que c’est un bonnet Hello Kitty: il y a un noeud rose dessus. Sous le bonnet, deux yeux bleus comme la mer me regardent avec curiosité. Je me demande ce qu’elle pense, mais Lola ne parle pas. Pas à moi, en tout cas. Mais je crois bien qu’elle sait parler.

Lola est très jolie, une princesse de porcelaine en miniature. Tout est petit chez elle, jusqu’au petit bout de nez (qui souvent, coule), juste au dessus de l’écharpe. Je crois que je n’ai jamais vu ses mains, elles ne dépassent pas des manches de son gros manteau d’hiver.

Lola est tellement minuscule qu’elle se faufile partout, et surtout dans l’entrebâillement de la porte en bois que je pousse parfois. Je crois toujours qu’elle va s’échapper, mais elle regarde juste si son papa, par hasard, n’aurait pas changé d’avis, ne reviendrait pas la reprendre, et tous les deux, ils passeraient la journée au chaud. Mais non. Lola, comme tous les autres, doit sortir de la couette chaude et moelleuse, abandonner Doudou et affronter le froid du matin.

Lola ne sourit pas. En tout cas, pas à moi. Elle ne court pas dans la cour, ne pourchasse pas les autres. Ne crie pas. Ne pleure pas. Elle se concentre sur la porte en bois, guette son ouverture.

Parfois, Lola vomit. Plus souvent, Lola fait pipi. Dans la culotte.  A la cantine, parfois, Lola s’endort sur son plateau. Mais il faut la réveiller, le service suivant arrive, il faut qu’elle aille jouer dans la cour, comme les autres. Dans le froid de l’hiver, le vent qui pique et la neige qui glisse. Alors, elle se blottit dans les jambes de la maîtresse, parfois dans ses bras, quand elle le peut.

Viens, Lola, ton papa viendra te chercher ce soir, viens.

Lola n’a pas trois ans. Elle est si petite encore. Mais Lola va à l’école maternelle, et mon coeur de mère se serre. Lola est un bébé encore.

Poupée en crochet Isabelle Kessedjian