JPMBB, initiales pour initiées (cadeau)

J’ai déjà dit combien le portage d’un bébé avait été pour moi une révélation, et combien je pouvais saouler les mamans de mon entourage, et surtout les papas, plus sceptiques, pour les convaincre.

En fait, je perds mon temps. Il me suffit de débarquer au bout de quelques jours chez les jeunes mamans épuisées par les pleurs de leur bébé, leur sensation de ne pouvoir rien faire de leurs journées, avec mon écharpe, de ficeler le coupable tel un bon gros gigot, pour voir à leur sourire et à leurs mains qui s’agitent dans tous les sens, ivres de tant de liberté…

T’as vu, j’ai à nouveau deux mains!

…qu’un essai vaut mieux que de belles paroles. Le papa, alors, levait un sourcil intéressé, mais je ne sais pas s’il pensait qu’il allait enfin être dispensé de vaisselle, ou s’il entrevoyait d’autre perspectives plus réjouissantes à son endroit.

Jusque là, je n’avais eu l’occasion de tester qu’une écharpe tissée de marque allemande pour les miens, avant de faire la connaissance de l’équipe de Je Porte Mon Bébé, et d’offrir leurs écharpes en cadeau de naissance pour les copines, vu que les miens n’avaient plus trop le format compatible.

Cette fois, ça y est, pas de maman blasée qui a déjà tout vu, , youpi, je vais pouvoir tester moi aussi ma JPMBB comme disent les initiées, qui attend sagement pliée au fond de ma valise.

En attendant, JPMBB et la Maison du Porte-Bébé t’offrent une écharpe de portage JPMBB dans le coloris de ton choix, à choisir parmi ceux disponibles sur le site de la Maison du Porte-Bébé.

Comment?

Comme d’habitude, tu vas faire un tour sur le site, et tu viens me raconter en commentaire quel porte-bébé t’agite le plus les hormones de futur ou jeune parent, ou tu me racontes une expérience de portage. Clôture et tirage au sort jeudi 2 août 2012, 20 heures.

Edit: c’est le commentaire n°42, désigné par Twitter, qui remporte l’écharpe de portage JPMBB dans le coloris de son choix. Il s’agit de Mélanie Boulanger. Bravo!

Merci à tous pour vos témoignages, tous émouvants ou rigolos, vous avez bien joué le jeu! (vous méritiez touts de gagner)


Plaisirs honteux

On a tous notre petit plaisir honteux. Certains ne peuvent s’empêcher de se curer le nez, voire de se gratter les couilles. J’ai même connu personnellement un grand gaillard d’une vingtaine d’années, de très bonne famille, qui aimait plus que tout renifler ses doigts après les avoir fait disparaître quelques instants sous la table.

 

Ca, c’est pour les crados. Sinon, y a ceux, et j’en suis, qui sont des fidèles de la mariée au jambon, blog reconnu de lolerie publique. C’est pas bien, mais on peut pas s’en empêcher. (Note, on dirait que certains le font exprès).

 

Moi, mon plaisir honteux, il est accessible à tout le monde. A petite dose, c’est édifiant, à grosse dose, plutôt consternant, alors je me contente de doses homéopathiques. J’avoue, lecteur chéri, des fois, j’écoute RTL, et plus précisément ce grand moment de démocratie qu’est l’émission Les auditeurs ont la parole. Loin des bobos au regard (parfois trop?) critique de ma TL de Twitter, j’y entends la vraie vie des gens. A défaut de sagesse populaire, du moins, la logique populaire. L’actualité à l’état brut.

 

Ainsi, ce midi, ce monsieur qui déclarait que les soldes étaient une grosse connerie qui faisait rien qu’à lui faire dépenser de l’argent, parce qu’il devait prendre la voiture, et que sur la rocade de Toulouse, y a des radars, et que ça lui fait déjà 90 euros de budget pour les soldes, alors qu’il valait bien mieux ne pas y aller du tout, les soldes c’est de l’arnaque. Moi, j’entends ça, ça me fait ma journée. J’ai une tendresse particulière pour ce genre de témoignages bruts de pomme.

 

Puis, cette dame, qui d’emblée s’annonce catholique, et outrée par le possible accueil de Michelle Martin, ex-Dutroux, dans un couvent, suite à la libération qui lui a été accordée. On ne sait si cette dame est plus choquée par cette libération elle-même ou par son association à un couvent et par là même à la religion catholique qui est la sienne. Cette dame est véhémente. Elle a le droit, finalement, de penser que cette libération n’est pas opportune, ce n’est pas le propos. Mais a-t-elle le droit d’oublier, en ayant précisé sa foi catholique, que celle-ci prône le pardon comme l’un de ses piliers?

 

Ah, expression de la logique populaire, tranche de vie qui m’aide à comprendre mes semblables.  Au final, chacun d’eux s’en retourne heureux d’avoir vidé son sac dans les oreilles de millions d’auditeurs, répandant par là leur façon de penser à sens unique. Les animateurs, eux, sont des saints.

 


Laurence 2.0

Entre nous, les initiées, on en parle comme « du livre de Marjo, le second ». En vrai, il a un nom: « Ma grossesse en 300 questions ».

 

Parce que oui, bien avant le pipi bâton ou l’attente devant le frigo dans lequel tu as rangé à côté du Philadelphia le verre d’urine du matin, pour voir si des fois elle gélifierait pas, ce qui signifierait d’après Mémé Gertrude que tu es enceinte, ou pas, tu sais plus trop bien au fait*, tu t’en poses, des questions, et plutôt mille qu’une.

 

Marjoliemaman, elle en a sélectionné 300, et c’est déjà pas mal. Surtout qu’elle y répond, avec son expérience de maman, mais aussi l’aide de professionnels de la santé. Sans tabous, mais aussi sans longs discours moralisateurs. So 2012, quoi.

 

 

Je vais pas te mentir, au bout de quatre grossesses, j’avais à peu près fait le tour du sujet, même si, encore et toujours, il y a des choses qu’il est bon de préciser, de rappeler, de rafraîchir la mémoire, de se mettre au goût du jour sans se faire parasiter par toutes les idioties qu’on peut entendre sur le sujet (non, maman, les remontées acides, c’est pas parce que mon bébé est chevelu).

Moi, ce bouquin, je l’offre aux futures primipares de mon entourage qui me saoulent avec leurs questions, sous prétexte que je dois savoir, vu que j’en ai bientôt quatre à mon actif. Non, je sais pas si tes malaises sont normaux ou pas, oui, je sais compter les semaines d’aménorrhée, le truc c’est que si tu me demandes, je suis incapable de te dire où j’en suis, parce que j’oublie tout le temps, ça change toutes les semaines! Non, je sais toujours pas ce que c’est qu’une vergeture, une varice vulvaire, un bouchon muqueux (je compte faire des gosses jusqu’à découvrir ces petits détails glamourissimes, je voudrais rien manquer surtout). Dans le bouquin de Marjoliemaman, y a toutes les réponses à ces questions fondamentales, et tellement d’autres. Avec la touche d’humour en plus, quand le sujet s’y prête.  Parce qu’enceintes, on a toutes nos petites fixettes persos.

 

Les angoisses les plus courantes?
Elles dépendent vraiment de chaque femme. Cela peut être le corps qui change, les douleurs, les pertes, le prénom de l’enfant, le fait de penser que l’on va être une mauvaise mère, que les rapports dans le couple vont changer. Chaque femme réagit différemment. Les questions sont propres à chaque grossesse. C’est pour cela qu’il y en a 300, chacune doit pouvoir s’y retrouver. Un changement de statut ou de vie, c’est beaucoup de bonheur, mais également pas mal d’angoisses. En fait, la seule crainte commune est de perdre le bébé au premier trimestre.

 

J’ai prêté le livre à ma sage-femme, en lui disant: « C’est le Laurence Pernoud 2.0! » (véridique). Elle ne me l’a pas encore rendu, c’est te dire si c’est bon signe.

 

Ma Grossesse en 300 questions, par Marjolaine Solaro, aux Editions First, pour moins de dix euros.

 

*les filles, sérieux, un test de grossesse ça se fait pas sur Doctissimo, mais ça se trouve en pharmacie, ou au labo d’analyses sanguines le plus proche. Signé Mémé Mentalo.


La robe

Aujourd’hui, je porte une robe.

Elle est noire, elle est sobre, et je ne fréquente pas l’Assemblée Nationale. Le Jules, en voyant mon décolleté ce matin, s’est permis un joyeux « houla, y a du monde là dedans! », ce que je prends comme un compliment, rapport à mon état chronique de limande hors grossesse. Puis lui, il a le droit, c’est mon Jules à moi.

Le facteur aurait eu la même réflexion, il avait mes cinq doigts marqués sur la joue pour le reste de sa tournée.

J’apprends à ma Collégienne à s’habiller décemment, le reste, elle fait selon ses goûts. C’est ça aussi la liberté des filles en 2012.

Alors cette histoire de la robe à fleurs de Cécile Duflot, est pour moi non seulement l’expression d’un machisme sans nom, mais aussi simplement une atteinte à son intégrité physique.

Elle serait venue en bikini que c’eût été déplacé. Mais sa robe n’avait rien d’un paréo de plage, elle n’était donc pas déplacée.

Ces messieurs rétorqueront qu’ils sont eux-même contraints de fait au costume-cravate, quelle que soit la saison. J’ignore si certains ont tenté de tomber la veste, ou la cravate, et d’enfiler un polo, par exemple. Mais après tout, pourquoi pas. Sont-ils là, tous et toutes, pour gérer le pays ou pour faire l’inventaire du dressing du voisin?

Il est OU le problème?

Et argumenter dans ce cas précis que la violence est inhérente à la politique, et que crier au machisme n’a pas lieu d’être, que c’est trop facile, que chaque fois qu’une femme est attaquée elle se retranche derrière cet argument bien pratique, est tout à fait consternant de bêtise, d’aveuglement et de… machisme, eh oui. Admettons que les débats soient mouvementés, argumentés, que les positions de chaque camp soient défendues âprement, et l’on parlera d’échanges violents à juste titre.

Que cette violence s’exprime sur le port ou non d’une robe à fleurs n’est absolument pas digne de la fonction que ces messieurs exercent.  Qu’ils se concentrent donc sur l’essentiel, c’est à dire leurs dossiers. Mais on dirait qu’il est trop progressiste, trop féministe, pour certains d’exprimer cette évidence pourtant toute simple.

 

Ah, et sinon, qu’on fiche aussi la paix à Audrey Pulvar et ses cheveux, c’est de son cerveau, juste en dessous, qu’elle se sert.

Et à nous toutes, parce que marre.


Le premier jour où… je suis partie en vacances

Quand mon père avait encore les cheveux noirs et ma mère les trésors de patience requis à l’organisation d’ateliers créatifs, ça ne date pas d’hier, donc, ils passaient toutes leurs vacances de jeunes enseignants en Suisse, où ils animaient des colonies de vacances. D’abord, à deux, puis, progressivement flanqués de leur joyeuse progéniture.

C’est ainsi que quelques semaines après ma naissance, on flanqua mon Moïse dans un compartiment de train couchettes. Je ne me souviens malheureusement pas si mes compagnons de voyage eurent à subir mes pleurs de nourrisson, ou si, comme à cette bonne époque des 70’s, ma mère rusa en me filant une tétine trempée dans du miel (paie tes caries, ton obésité et ton botulisme, c’est la version 2012). Personne ne se posa non plus la question de l’opportunité d’un bébé de six semaines en altitude, c’est ainsi que je fis mon premier séjour en montagne, sans trop de dégâts, apparents du moins.*

Je n’en ai évidemment aucun souvenir. Par contre, je me souviens très bien d’autres trajets vers la même destination, dans les mêmes trains couchettes, les années suivantes. Je me rappelle de la neige. Des gants oubliés. Du téléférique rouge. De la luge. De la mer de glace. Je ne comprenais pas, on m’avait bien promis la mer? Où étaient donc les vagues?  Je me souviens de la balançoire accrochée à une branche, de mon frère plus âgé qui me faisait croire qu’elle était pour les biches, quand nous avions le dos tourné. Des joues rouges d’avoir couru au grand air. De mon père qui me promet des edelweiss, tout là haut, si tu marches bien.

 

Et surtout, surtout, je me rappelle de ce jour où le groupe partit visiter l’usine de chocolat Nestlé. Agée de pas tout à fait trois ans, je ne fus pas autorisée à pénétrer comme les autres au coeur de l’usine. Je fus alors confiée à deux hôtesses qui m’assirent dans un énorme fauteuil orange, et mirent à ma disposition plus de plateaux de chocolats que ne pourraient en avaler une classe entière sans crise de foie. Je me souviens de mes petits doigts qui hésitaient au moment du choix. Ma mère, elle, se souvient surtout des moustaches de chocolat qui ornaient mon visage quand elle me récupéra deux heures plus tard, et d’avoir béni les gênes qui m’avaient donné un foie en béton armé.

 

J’ai jamais pu choisir, alors je goûte tout.

 

*Quelle époque de guedin bénie où on ne se prenait pas tant la tête, quand même!

 

 

Chaque mercredi, la joyeuse troupe des premières fois composée de ZetteMHFCathyPapiluc, CambroussienneLilithJoufflettel’Herbe folleLaurentClem la matriochka, Cerysette des bois, Léia… se réunit pour disserter sur un sujet défini ensemble sur la page du groupe Facebook dédiée. Rejoins-nous!