Le premier jour où… j’ai créé de mes blanches mains

Je n’ai connu qu’une de mes grands-mères. Nous étions très proches, partageant le même caractère entêté. Plus troublant, nos histoires personnelles se ressemblent étrangement, au point de ne plus croire au hasard, mais à une réédition de l’histoire.

A côté de son fauteuil, il y avait toujours le même panier, dont dépassaient parfois quelques bouts de laine. Elle avait un don incroyable pour le tricot, et toujours un ouvrage en route. Elle tricotait à toute vitesse, sans même que ses yeux ne suivent ce que faisaient ses mains. Sauf commande spéciale, elle créait elle-même ses modèles, uniques. Je la regardais, fascinée, hypnotisée par le cliquetis des aiguilles.

L’été de mes cinq ans, une cousine de neuf ans mon aînée passait ses vacances à la maison. Je ne sais pourquoi, elle rassembla quelques longueurs de fil, oranges et bleus, et entreprit de m’initier à l’art du tricot. Immédiatement, je sus. Je confectionnai une toute petite écharpe pour une de mes poupées. Mon premier ouvrage. Je mendiai dès lors à ma grand mère ses restes de pelotes, et je constituai ainsi une garde-robe complète à mes poupées – avec lesquelles je n’avais jamais joué – me basant sur un seul modèle découpé par ma mère dans un magazine.

Un jour, une vieille dame m’offrit un livre expliquant des points anciens. Je passai l’été à tricoter un échantillon de chaque point expliqué dans le livre. Un jour enfin, ma mère accepta de m’acheter la laine nécessaire à me faire un pull, un vrai, pour moi! Il fut prêt en un temps record, et mes frères à leur tour réclamèrent. Je pris plus tard l’habitude de ma grand-mère: j’avais toujours un panier à côté du canapé avec un ouvrage en route, mais parce qu’il me fallait à présent de nombreux mois pour réaliser des ouvrages que je choisissais toujours plus compliqués.

Quand la Collégienne s’annonça, ce fut un bonheur de préparer sa venue en faisant à nouveau tinter les aiguilles. Ma grand-mère ne fut pas en reste, m’offrant une panoplie de chaussons qu’aujourd’hui encore je noue avec amour aux pieds de mes nouveaux-nés, persuadée qu’elle y a mis un peu de son âme pour les protéger.

C’est à peu près la seule chose que je sais faire de mes dix doigts boudinés. Je tricote beaucoup moins aujourd’hui, mais ça m’aide toujours à ranger mes idées. Et quand la petite Fleur de Sel s’annonça bien trop tôt, à défaut de prier, je me mis à tricoter des petits chaussons, comme si l’esprit de ma grand-mère allait à son tour l’aider à se battre.


Voies lactées

Il n’est une seule façon de nourrir un enfant. Chaque enfant, qu’on le veuille ou non,  aura tôt ou tard des moustaches de lait qui ne proviendra pas du sein de sa mère, mais d’une grosse bête au regard pas très vif. Car il existe plusieurs voies lactées.

Tôt ou tard. Selon le choix, les motivations ou les contraintes qui auront guidé ses parents.

Allaiter mes trois premiers enfants n’a même pas été un choix, mais une évidence. Ce qui n’empêcha pas les moments de doute, de découragement, de contraintes diverses, de questionnements intenses. A chaque fois, le sevrage eut lieu contre mon gré, laissant un goût amer d’inachevé, qui s’estompa avec le recul des années. Était-ce si grave? Bien sûr que non.

La Collégienne est née dans une période très troublée de ma vie. Les visites à son papa m’amenèrent à reconsidérer l’allaitement à ses trois mois: ce n’était simplement plus tenable.

Le Moelleux était un très gros bébé à la naissance, avec des besoins d’un nourrisson de trois mois, pas évidents à satisfaire. Il avait également de gros soucis physiques qui le faisaient souffrir énormément, notamment pendant les tétées. Au bout de trois petits mois, épuisée par des jours et des nuits de pleurs et sans sommeil, je n’avais plus rien à lui offrir.

La Pili-Pili était une marmotte invétérée, pouvant laisser passer plus de huit heures entre les tétées dès la naissance, et surtout, impossible à réveiller.  Pas franchement idéal pour mettre une bonne lactation en route – moi qui ne sais toujours pas ce qu’est une montée de lait, un engorgement ou même des fuites, toujours sur la ligne jaune du pas assez. A l’âge de six semaines, elle est tombée gravement malade, malgré un allaitement exclusif. A côté de son petit lit de réanimation où elle luttait sous son masque à oxygène, je tirais bravement mon lait. Quand enfin elle a pu téter à nouveau, et voulut rattraper son retard, j’ai eu bien du mal à suivre. L’allaitement mixte était en route, compliqué, calculé, agaçant. Un jour, la Pili-Pili m’a fait comprendre qu’elle aussi ça la fatiguait, ces histoires de tétées, de compléments, que ni elle ni moi n’étions relax, finalement. Elle m’a fait comprendre que pendant quelques jours, on ne ferait plus que des tétées câlins quand elle en aurait envie.  Et puis un jour, elle n’a plus cherché le sein du tout. Et nous avons commencé une autre histoire, au biberon, plus sereine finalement.

 

Aurais-je été meilleure mère si j’avais pu allaiter chacun d’eux plus longtemps comme je l’aurais voulu? Je pense que la question ne se pose même pas. Que cherche-t-on à prouver dans la performance, et à qui? Pourquoi je me torture la tête? Pourquoi j’allaite? Pourquoi ça me fait tellement mal que chez moi, ça ne marche pas comme ça devrait? Et pourquoi je dis que ça ne marche pas comme ça devrait? C’est quoi ce mot « échec »? Pourquoi je dis que ça foire, si mon bébé a juste besoin d’un biberon de plus? Pour être sûre de donner tort à ma mère, qui un jour de grande finesse m’a lancé

Oh tu peux allaiter, mais tu verras, dans la famille, on n’est pas des bonnes laitières!

 

Pourquoi je vois tout en noir? Qu’est-ce que j’ai fait de travers pour que ça ne marche pas? Pourquoi je veux absolument « réussir »? C’est quoi ce mot « réussir », cette pression que je me mets, parce qu’aujourd’hui le bo-bio est à la mode? C’est quoi cette pression sociale qui dit que si t’allaites pas jusqu’à 6 mois minimum, ton enfant risque les allergies, les maladies, bref que t’es une mauvaise mère?

 

Stop. Prendre du recul. Accepter les faits, arrêter la torture. Arrêter de penser et agir selon son intuition. Un jour ou l’autre. Tôt ou tard. Le lait que j’essuierai autour des lèvres de mon enfant ne sera plus le mien. Qu’importe, si j’ai agi selon mes convictions, mes envies, mes possibilités. Et les siennes. Un allaitement, c’est une relation à deux, interdépendante.

 

Aujourd’hui, allaiter cet enfant qui vient est toujours une évidence, malgré les difficultés des précédents. Advienne ce que nous pourrons, lui et moi, dans notre cadre familial et ses contraintes. Mais ce que je suis sûre de lui donner, ce qui fera de moi la meilleure mère pour cet enfant, ce qui rendra cet enfant heureux, ce n’est pas la provenance du lait qu’il boira, mais tout mon amour. Et tu sais quoi? je suis persuadée qu’ado, il m’enverra paître tout pareil.

 

 

 


L’absent

Un baiser sur la terrasse, il fait encore nuit. Quelques larmes, parce que c’est plus fort que moi, et je retourne dans mon lit.

Je me lève alors que ton avion est déjà loin. Dans la salle de bains, tes affaires ont disparu. Je profite de ton départ pour ramasser tes quelques vêtements dans le panier, les laver, comme si j’effaçais toute trace de toi, et je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a une possibilité que je regrette un jour prochain ces gestes, trop vite accomplis.

 

La journée se traîne, mes repères sont flous. Tu es à présent dans les couloirs du temps, en route pour l’autre bout du monde, et nous restons sur le quai, indécis. Je pense aux femmes de soldats, je me trouve un peu ridicule,  mais tant pis. Avons-nous jamais été si loin l’un de l’autre, mais si proches par la pensée ?

 

Tu vis à présent une vie inverse à la nôtre, dans un autre hémisphère, au bout du bout des fuseaux horaires. Nous tâchons de trouver ça rigolo.

 

-Bonjour !

-Bonne nuit !

 

Une fois de plus je m’émerveille de la technologie, et je me moque des adversaires du téléphone portable. Nous, c’est toute notre histoire.

 

Je crois que les enfants ne réalisent pas trop que tu es réellement au bout du monde. Pour eux, j’accomplis la routine quotidienne, je suis leur rempart de normalité. Mes nuits sont faites d’insomnies, comme si je désirais vivre un peu de ta vie, les leurs sont peuplées de leurs rêves habituels.

 

La vie reprend son cours, doucement, sans toi, c’est bien, c’est nécessaire, mais cela m’horrifie. Quelque chose reste en suspens dans l’air, comme inachevé, et ne reprendra son cours qu’à ton retour. Où nous t’assaillirons de questions, voyageurs par procuration. Nous voudrons tout voir, tout savoir de cet endroit mythique où ta vie a fait un détour, alors que la nôtre filait droit.

 

Est-ce un endroit pour bosser, seriously?


L’entorse

Je me la jouais mère parfaite hier soir. J’avais véhiculé la Collégienne à la ville voisine rien moins que quatre fois dans la journée, rempli le frigo, fait les devoirs avec le Moelleux, dont la table de 9, la maudite. J’avais douché les petits avant le retour du Jules, fait un gratin dauphinois qui avait trouvé amateurs affamés.

 

Je m’apprêtais donc, toujours en mode fucking perfect mother, à faire la vaisselle des casseroles, quand le tri sélectif eut ma peau. Saloperies d’écolos, va. (HO C’EST POUR RIRE HEIN). J’avais en main les bouteilles vides, reliefs du repas, à déposer dans le sac orange, celui qui n’a pas sa place dans la super poubelle offerte gracieusement par notre mairie, quand une marche que quelqu’un avait dû mettre là dans la journée eut raison de mon équilibre et de ma dignité de bipède évolué.

 

C’est que je jurai, c’est que je braillai, c’est que je pleurai, c’est que j’ameutai toute la maison, qui accourut à l’instant pour évaluer l’étendue des dégâts.

 

T’as vu un pince-oreilles? me demanda le Moelleux, inquiet.

 

Quatre paires d’yeux incrédules que je suppliai de m’enlever mes chaussures, bordel. Il ne fallut pas plus de dix minutes pour que je comprenne, à la couleur charmante que prit mon pied droit, qu’un petit tour aux urgences de Granville s’imposerait dans la soirée, le temps de coucher les enfants, et de me traîner à l’étage pour troquer mon pantalon contre une jupe (hors de question qu’on me découpe un pantalon de grossesse pour cause de plâtrage), et mon string contre une culotte (un jour lointain, j’ai raconté comment je m’étais retrouvée dans la salle d’attente de radiologie en string, mais je vais éviter de linker ce grand moment, ah merde, je l’ai fait).

 

C’est qu’on ne sait pas quoi inventer pour se faire une petite escapade en amoureux, le Jules et moi, tu vois. Bon, on vieillit, il ne m’a même pas fait le coup de la panne au milieu des bois. J’étais déçue, alors je soufflai comme si j’allais accoucher, juste pour lui faire peur. Ca a pas marché. Mais par contre du coup, j’avais moins mal.

 

Avec la jolie infirmière, nous rivalisions de paillettes sur nos Birkenstock, j’étais dans de bonnes mains. Le Dr Maison ne me diagnostiqua pas de lupus, mais fit l’hypothèse d’une belle entorse, évitant ainsi la radio en raison de ma grossesse, mais pas le pansement de contention, suivi des bas du même nom. Dans quelques jours, on saura s’il est fort en devinettes et si les ligaments, déchirés sur la même marche en 2003, ont résisté à ce nouvel atentat. Sinon, je serai bonne pour finir ma grossesse avec un plâtre. C’est vrai que sans ça, je trouvais la vie un poil monotone.

 

Je récupérai le Jules que j’avais abandonné dans la salle d’attente, où passait à la télé un programme passionnant abrutissant à base de types qui inventent le PQ de poche, et je démarrai l’entraînement pour les championnats du monde de cloche-pied et pour l’organisation de la vie de famille nombreuse à la cambrousse sans conduire. Sinon, je douille, mais dignement. Je compte les minutes qui me séparent de la péridurale du pied, juste.

 

C’est con, ma Birkenstock droite va avoir un déficit d’usure sur la gauche. Tu crois que je tente l’entorse à gauche?

 

 

 

 

 

 

 


Omum: enceinte, belle, douce et naturelle (cadeau)

J’ai dit que malgré cette quatrième grossesse, je n’ai pas encore vu l’ombre d’une vergeture. C’est vrai, et je ne manque pas une occasion de m’en vanter. Pour une fois, Dame Nature est de mon côté. En même temps, on peut pas non plus être affligée de tous les maux.

Ce qui ne m’empêche pas d’avoir la peau très sèche, et de faire encore plus attention à ne pas virer crocodile du Nil. La blogueuse de base étant 100% futile, c’est bien connu, elle ne résiste pas à tester de nouveaux produits, surtout quand on lui dit que c’est plein de bonnes choses naturelles dedans, et que c’est spécialement formulé pour les femmes enceintes. Argument imparable, vu que la femme enceinte a tous ses neurones dans son utérus.

C’est ainsi que j’ai découvert Omum.

Cosmétique émotionnelle pour futures mamans.

Tu le vois, l’argument imparable? Un simple détour sur leurs pages, et tout de suite, tu te sens plus jolie, la peau douce comme un cul de bébé. Omum, ce sont des produits avec une vraie philosophie bio et nature derrière.

C’est aussi une marque avec une vraie belle histoire, une histoire de voyage qui ouvre les yeux sur d’autres façons d’aborder la maternité. Et moi, les histoires vraies, ça me parle, d’autant plus si elles sont jolies. Marie-Pascale, de retour en France, a su s’entourer de professionnels pour mettre au point ces produits inspirés d’ailleurs, et répondre aux questions des futures mamans.

Omum, c’est aussi une communauté de futures mamans, des ateliers de chouchoutage entre mums-to-be et un chouette blog truffé d’anecdotes, de témoignages, d’expériences personnelles, de coups de coeur.Voici ce que les auteurs en disent:

Animé par l’équipe Omum, ce blog est une fenêtre ouverte sur le monde de la maternité et du maternage, et (un peu aussi !) des cosmétiques. Une manière de vous faire partager notre philosophie, de vous accompagner pendant votre grossesse, et de vous proposer d’autres angles de vue, loin des discours habituellement directifs et culpabilisants (mange pas ci, fais pas ça : -).

Une vision moderne, pétillante et émotionnelle de la maternité !

Les produits Omum, ce sont des soins bios inédits pour les futures mamans, aux noms évocateurs: le Câjoleur, la Surdouée, le Bienfaiteur, la Confidente et la Délicieuse. Miam.

L’instant cadeau!

Pour découvrir cette marque qui monte, j’ai trois kits découverte à offrir, comprenant un savon Cajôleur, un échantillon de l’huile Surdouée et un échantillon du lait Bienfaiteur.

Comment? T’es gentille, tu vas « liker » la page facebook d’Omum, tu lis le blog, tu furètes dans les pages du site, et tu reviens me dire lequel des produits te fait le plus envie en commentaire. Clôture et tirage au sort mardi 12 juin, 20 heures.