J’ai beau me concentrer et le vouloir très fort, mes rêves ne ressemblent jamais à un séjour paradisiaque sur une île déserte avec Brad Pitt ou autre beau gosse à fort potentiel, mais plutôt à des courses poursuites avec Jack l’Eventreur. Et je ne gagne pas toujours. Je suppose qu’un psy passant par là diagnostiquerait une enfance traumatisante – il aurait raison, j’avais deux frères un poil pénibles (je rigole).
Moi, ce que je sais, c’est que je préfère encore l’insomnie à ces rêves qui me laissent en sueur, à guetter le moindre craquement dans la maison, persuadée que je vais me faire égorger dans la minute. Le Jules, il aime pas bien non plus mes cauchemars, qui le réveillent à grands coups de hurlements et de pincement violent du premier morceau de chair passant à ma portée.
Heureusement pour moi, une fois bien réveillée, la plupart du temps, je ne me rappelle plus vraiment de ce que mon cerveau dérangé m’a infligé. Dans le meilleur des cas, si c’est pas violent slash gore slash trash, c’est surtout très con, et dans le brouillard du demi éveil, je me dis « mais où vais-je donc chercher tout ça, que diantre? ».
Pour compenser, j’ai décidé de rêver toute éveillée. Là, en ce moment, par exemple, je rêve de moins de paperasses à régler, moins de rendez-vous, moins d’impôts, plus de soleil, et une bibliothèque géante pour ranger les piles de bouquins qui s’entassent dans ma chambre.
Je refuse de rêver à ce que je ferais si je gagnais inopinément au loto, je préfère me garder intacte la surprise. Le vrai rêve qui m’occupe en ce moment précis, ce sont toutes les glaces maison que je vais pouvoir faire avec la sorbetière que je viens de commander. La nuit, je préfère dormir.











