Le premier jour où… j’ai rêvé toute éveillée

J’ai beau me concentrer et le vouloir très fort, mes rêves ne ressemblent jamais à un séjour paradisiaque sur une île déserte avec Brad Pitt ou autre beau gosse à fort potentiel, mais plutôt à des courses poursuites avec Jack l’Eventreur. Et je ne gagne pas toujours. Je suppose qu’un psy passant par là diagnostiquerait une enfance traumatisante – il aurait raison, j’avais deux frères un poil pénibles (je rigole).

 

Moi, ce que je sais, c’est que je préfère encore l’insomnie à ces rêves qui me laissent en sueur, à guetter le moindre craquement dans la maison, persuadée que je vais me faire égorger dans la minute. Le Jules, il aime pas bien non plus mes cauchemars, qui le réveillent à grands coups de hurlements et de pincement violent du premier morceau de chair passant à ma portée.

 

Heureusement pour moi, une fois bien réveillée, la plupart du temps, je ne me rappelle plus vraiment de ce que mon cerveau dérangé m’a infligé. Dans le meilleur des cas, si c’est pas violent slash gore slash trash, c’est surtout très con, et dans le brouillard du demi éveil, je me dis « mais où vais-je donc chercher tout ça, que diantre? ».

 

Pour compenser, j’ai décidé de rêver toute éveillée. Là, en ce moment, par exemple, je rêve de moins de paperasses à régler, moins de rendez-vous, moins d’impôts, plus de soleil, et une bibliothèque géante pour ranger les piles de bouquins qui s’entassent dans ma chambre.

 

Je refuse de rêver à ce que je ferais si je gagnais inopinément au loto, je préfère me garder intacte la surprise. Le vrai rêve qui m’occupe en ce moment précis, ce sont toutes les glaces maison que je vais pouvoir faire avec la sorbetière que je viens de commander. La nuit, je préfère dormir.

 

 

 

 


Jolis coquelicots

Deux ans, je disais. Quatre-cent quarante-deux billets de qualité variable. Deux-cent mille visiteurs égarés. Douze mille commentaires éclairés. Des chiffres qui décoiffent, mais qui somme toute restent abstraits.

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Moi aussi j’ai changé. Mes cheveux ont poussé. J’ai pris deux ans (un depuis cette photo). Sans doutes quelques rides. Quelques cheveux gris.

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Et six kilos.

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J’en ai mis un peu beaucoup dans le gras de bras.

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(Le lacet de Converse est fourbe.)

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Un peu beaucoup dans les cuisses et dans le cul.

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Et puis, surtout, pas mal dans le ventre.

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Alors je te rassure tout de suite.

Non, on va pas virer blog spécialisé varices vulvaires, vergetures et autres choses sympatoches que je n’ai pas la chance de connaître.

Non, c’est pas que du bonheur, même si c’en est un aussi énorme que mon excroissance abdominale.

Oui, j’en ai chié ma dose, et pas sûr que ce soit fini, mais c’est finalement bien peu de chose.

Non, on fera pas de débat stérile, parce que ce que je suis intimement persuadée que ce que tu mets dans la tête de tes gosses  est autrement important que ce que tu lui donnes à manger ou ce que tu lui colles aux fesses. Que mes choix pour mes enfants n’engagent que moi, et ne sont valables que pour moi,  parce que c’est eux, parce que c’est moi.

Tout ça pour dire qu’il y a  tout de même de fortes chances pour qu’il y ait du cadal de pregnant bitch ces prochaines semaines ici-même.

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Un immense merci à Louise Petticoat et son talent qui n’a d’égal que sa modestie. Pour ces photos, cent cinquante kilomètres en #vanromano, des herbes hautes qui nous rentrent dans la culotte sous la robe, des colonies de motards qui klaxonnent, des poses à la con, des fous rires, et des heures de boulot – pour elle.

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E= quoi encore?

Les tables de multiplication, scandées en chœur au rythme de la règle en bois claquant sur le tableau, c’est dépassé, so siècle dernier. Les apprendre par cœur, c’est devenu bien trop compliqué apparemment, pour les écoliers modernes.

 

C’est vrai, ils utilisent déjà leur temps de cerveau disponible à démarrer en moins de deux le lecteur DVD ou la console de jeux, avant de savoir compter jusqu’à cinq, faudrait pas non plus leur en demander trop, surtout.

 

Alors, dans les programmes scolaires modernes, on ruse pour pas trop les fatiguer, nos petits Einstein en devenir. On leur file des trucs et astuces, des méthodes de calcul. Si.

 

L’exemple le plus lénifiant étant celui de la table de 9. Pour faire 6×9, c’est bien trop difficile de retenir 54, il faut biaiser. On leur apprend donc que 6×9, c’est 6×10-6. Eh oui. A priori, c’est pas con. Sauf que le môme, il s’emmêle évidemment les pinceaux dans la formule, genre il sait qu’il doit augmenter de 1, mais il sait plus où, donc il patauge. Puis il a oublié en cours de route, vu qu’il est parti sur 7×10, ce qu’il devait soustraire. Bonjour le carnage.

 

Mais qu’est-ce que tu veux, c’est la modernité.

 


Mentalo, An Deux

J’avais acheté une jolie robe pour l’occasion. J’avais guetté depuis des jours les champs de coquelicots. J’avais assorti mon vernis à ma robe. Le Dutch Tulips d’OPI allait pas faire la tronche parce qu’on lui montrait des coquelicots.  Je te rassure, je l’avais niqué cinq minutes après séchage réglementaire en ouvrant le compteur EDF. J’avais guetté le ciel toute l’après-midi. Tout était au point.

 

 

Las, Dame Nature n’a que faire des blogueuses narcissiques. Pile à l’heure d’immortaliser l’An Deux de ce blog, au milieu d’un champ comme l’an dernier, le soleil s’est fait la malle, l’orage s’est invité.

 

Allons bon. Enfin, comme je m’étais déjà plantée d’un jour l’an dernier, on va pas chicaner pour si peu. On fera la fête la semaine prochaine, on se roulera dans les champs de blé si on n’a pas épuisé le quota soleil de 2012 déjà. Reste dans le coin, se pourrait qu’il y ait du cadal de fille. (Teaser, teaser.)

 

En attendant, coupettes et parts de gâteau à volonté au bar!

 

 

 

 


Le premier jour où… j’ai été déçue au cinéma

La toute première fois que je mis un pied dans un cinéma, je devais avoir environ quatre ans. Mon père nous emmena, mon frère aîné et moi, voir Rox & Rouky, pendant que ma mère restait à la maison pour garder mon alors tout petit frère.

Je me vois encore pénétrer dans cette salle, gravir les marches et m’installer, pleine d’attentes. Je me souviens avoir eu très peur, et surtout être très déçue que ce mignon petit renard ne puisse pas être le copain pour toujours de cet adorable chiot. J’ai beaucoup pleuré.

 

Bien des années plus tard, affublée d’un petit copain un peu pantouflard, je décidai de lui secouer un peu les puces et de l’emmener de gré ou de force au cinéma; il pourrait choisir le film. Mauvais plan, super mauvais plan. Maintenant que tu sais que je flippais déjà ma race devant Rox & Rouky, tu imagines mon état après quelques minutes de visionnage d’un film d’horreur dont j’ai aujourd’hui enfin et heureusement oublié le nom. Parce que pendant des années, les images m’ont hantée. Devant tant de délicatesse, le petit copain fut prié, pas très longtemps après, de se trouver une autre pour l’inviter au cinéma.

 

Quant à moi, l’épisode me servit de leçon: avec le suivant, je fis longtemps salle séparée: nous trouvions rarement compromis.