Vanille dans le foin (cadeau)

Les copains, du concours qui rend belle aujourd’hui.

Ils nous l’avaient annoncé en janvier, il est sorti en mars, aujourd’hui, Copaïba a le plaisir de vous présenter Vanille dans le foin™, son nouvel anti-rides pour peaux sèches et sensibles. A travers cette formule d’une somptueuse finesse, basée sur les émulgateurs les plus doux, se dessine tout l’univers des soins Copaïba nature.

 

La dame s’appelle Vanille, faut croire.

Toi et moi, on n’a pas de rides, on est bien d’accord, on est bien trop jeunes pour ça, bien sûr. On a juste la peau sèche et sensible, on va dire, et on aime les bons produits tout naturels et qui sentent bon.

Monsieur Copaïba l’a bien compris,  c’est pourquoi il va permettre à trois d’entre vous de remporter un flacon de Vanille dans le foin, en répondant dans les commentaires avant le jeudi 10 mai à minuit à cette question simplissime:

 

Vanille dans le foin contient dans sa formule pas moins de cinq huiles végétales précieuses, quelles sont-elles?

 

La réponse se trouve bien évidemment sur le site. Tirage au sort parmi les bonnes réponses (qui seront modérées dans les commentaires, sinon c’est trop facile).

 

Et si on veut commander d’autres produits de la gamme, c’est ici ou .


Le premier jour où… j’ai fait les yeux ronds au boulot

J’ai souvent choisi des jobs d’étudiante bien planqués, au chaud dans un bureau, si possible immense avec une moquette épaisse. Traduis: avec pas grand chose à faire, forcément, au mois d’août. Parce que bon, j’avais très souvent mieux à faire que ce pour quoi on me payait grassement (j’étais pistonnée, évidemment).

 

La dernière année, juste avant mon diplôme, j’avais comme qui dirait une saloperie de thèse à écrire, que j’avais repoussée au maximum, mais voilà, la date limite était là, il me restait quatre semaines pour ficeler le tout et obtenir le sésame vers une vie libre.

 

Cette année-là, j’avais délaissé le bureau à moquette de la capitale, pour un bureau moins bling-bling mais bien plus près de la fac que je fréquentais (et des bars, aussi). J’étais placée à l’accueil régional d’un quotidien national assez conservateur (et carrément prout prout, surtout), et, à ce titre, chargée notamment d’ouvrir le courrier de la rédaction et de rédiger les petites annonces que venaient déposer les gens à mon comptoir pour qu’elles rentrent bien dans les cases (le tarif était à la ligne). Autant te dire que j’ai eu largement le temps de terminer ma thèse, et de faire quelques rencontres assez folkloriques. (C’était avant l’ère internet, sinon, j’imagine que j’aurais ouvert un blog. )

 

Un après-midi, une dame, à vue de nez la cinquantaine, tout ce qu’il y a de plus banal, pénètre dans le bureau et demande le formulaire ad hoc. Au bout d’un moment, je remarque qu’elle sèche, tapotant mon comptoir de ses ongles laqués de rouge vif, le visage pensif. Je lui propose alors mon aide, qu’elle accepte avec enthousiasme:

 

Je me demande juste comment abrévier « ouverture aux cuissardes », vous avez une idée?

 

Ce n’était pourtant pas la saison des grenouilles. La dame était de petite vertu, comme on dit, et venait passer son annonce hebdomadaire. Au fil des semaines, elle se mit à me raconter quelques tranches de son étrange vie. Avant de me quitter, elle me saluait d’un  joyeux:

 

Allez, c’est l’heure, il faut que j’aille retrouver mes pervers!

 

 

Hein, quoi? c'est pas la saison de la grenouille?

 


Ordinaires #jolimai

Je suis tout à fait capable de me réjouir d’une bonne nouvelle, de virer hystérique à la naissance du bébé d’amis proches, ou de faire des petits bonds en décachetant l’enveloppe d’un faire-part de mariage (et pas que parce que c’est une bonne excuse pour acheter une nouvelle robe).

Je suis tout à fait capable de pester contre la terre entière, une journée durant, où, mauvaise foi aidant, je n’aurai même pas l’impression le soir venu d’avoir été de mauvais poil, voire carrément pénible pour mon entourage, ne relevant que la paire de chaussures qui traîne dans la cuisine, la poussière oubliée par Féedulogis sur le haut du frigo, les gens qui ne savent pas conduire, le téléphone qui sonne sans arrêt, une nouvelle griffe de provenance inconnue (je le jure!) sur ma voiture, les courriers de l’Urssaf qui ressemblent à de l’extortion de fonds, ces ponts qui s’annoncent sans moi pour cause d’astreinte, samedis et jours fériés, jusqu’en juillet.

Mais serai-je capable de relever les petits bonheurs ordinaires? Ces petites choses qu’on ne remarque plus, et qui pourtant nous feraient la vie si jolie, si on y prêtait un peu plus attention, à tel point qu’on en oublierait presque de râler?

C’est la joue chaude de mon fils qui vient de se lever, la tête ébourriffée façon BB de la Pili-Pili, la Collégienne qui me demande de lui démêler les cheveux pendant qu’elle se brosse les dents. Le Jules qui me fait rire, même s’il a mangé toutes les glaces. L’autoroute vide ce matin. Les siestes affalée sur un pouf au soleil ce week-end. Un livre tellement hilarant, tellement pile dans mon humour décalé que j’éclate de rire, seule dans mon lit (Le vieux qui ne voulait pas fëter son anniversaire, Jonas Jonasson). Quelques aiguilles bien placées, et la douleur qui s’envole, le plaisir tout neuf de ne plus avoir mal. Inviter un ami à déjeuner le dimanche, comme ça, cinq minutes à l’avance, et avoir une discussion qui rassure.  Avoir pris le temps de refaire son vernis, en framboise écrasée, mon Graal (OPI, Miami Beet). Pouvoir mettre une robe sans collants et des sandales à talon sex bomb, ce matin. Acheter un paquet de beurre en prévision de la confection d’un gâteau.

Trois gouttes de pluie qui ne gâchent pas la photo.

J’ai toujours pas gagné au loto. J’ai toujours pas joué. Mais en mai, j’ai décidé de mettre mes lunettes roses, et de me trouver au moins un petit bonheur ordinaire par jour. 

Je déclare le #jolimai ouvert, dès demain. Qui me suit, qui en est,  sur tous les coins de la toile?



Préférence

Je n’ai pas voté: je n’en n’avais pas le droit, j’en ai déjà parlé.

Ce qui ne m’empêche pas d’avoir un avis sur la question, et surtout, surtout, d’avoir la nausée à la lecture des résultats dans mon coin de France. Mais ce n’est qu’une confirmation bleu marine sur blanc de ce que nous pressentions depuis quelques années déjà. Aujourd’hui, plus personne ne s’en cache, de village en village, les élus en principe sans étiquette, pas à l’abri d’une contradiction,  comme les simples citoyens, c’est un tsunami bleu marine.

Et moi, qui n’ai pas voté, j’ai honte. Honte d’être associée à ça, alors que je n’y suis pour rien. Et envie de déménager, loin. Comme ce n’est pas trop possible, je cherche, moi aussi, à comprendre. Et j’ai beau retourner le problème dans le sens que je veux, je dois être butée, aveugle, mais je ne comprends pas ce qui, dans le programme du front National,  peut pousser les gens que je croise tous les jours à y adhérer à ce point. Il me reste juste à soupçonner mes voisins du vote de l’infâmie, et bien noter dans ma petite tête que le sujet est à jamais tabou sous risque de Clochemerle imminent…

Bien sûr, le danger immédiat et apparent est passé, le duel présidentiel reste un classique gauche-droite. Il n’empêche que ce résultat gangrène tout le reste, l’extrémisme gagne du (sous)-terrain, et nous n’avons pas fini de le subir.

Dans ce contexte, je suis particulièrement attentive aux tentatives de récupération de part et d’autre de ces brebis soi-disant égarées, que la crise, le rejet de la politique actuelle, que sais-je, auraient fait pencher vers la droite très à droite.  Tous les coups, toutes les excuses foireuses sont permises, toutes les hypocrisies, des deux côtés: l’enjeu est de taille.

Et puis, au milieu de ce brouhaha nauséabond,  ces deux tout petits mots qui résonnent particulièrement à mon oreille d’étrangère: préférence nationale.

C’est à dire: réservons nos ressources aux vrais Français.

C’est quoi être un vrai Français? avoir la nationalité française, peu importent les conditions dans lesquelles elle a été obtenue? Depuis combien de générations? avec quelles origines? Et si on vit en France depuis des années en contribuant financièrement, socialement, associativement à l’effort collectif, mais qu’on n’a pas la nationalité française, doit-on pour autant en être exclu? Y a-t-il des étrangers plus étrangers que d’autres, comme me l’a fait clairement comprendre le premier adjoint au maire de mon village, il y a à peine quelques semaines?

Vous avez deux heures pour développer.

 

Vivement que tout ça soit fini, parce que j’oscille entre la migraine et la nausée.

 

Je sais, la photo n'a rien à voir. Mais c'est pour le plaisir. (Je crois que la mer penche.)