Ô Toulouse, ô Montauban, ô Toulouse encore.
Il n’est plus de mots pour dire l’horreur, l’effroi, le dégoût, l’incompréhension, la peur.
Pourtant, certains en trouvent encore, des mots à dire. Plus ou moins appropriés. Plus ou moins ambigus. Plus ou moins douteux. Plus ou moins faux-cul.
Ils courent ventre à terre sur les lieux du drame, leur campagne soit-disant entre parenthèses. Se montrer. Etre là. A quel titre, si ce n’est celui de candidat. A quoi donc, puisque la campagne est suspendue, ils l’ont dit eux-mêmes?
Le deuil ne pouvait-il se contenter de quelques phrases de soutien, de compassion, de condoléances, depuis Paris?
Est-ce que leur présence le jour même, odieux défilé opportuniste, apporte vraiment quelque chose aux familles touchées de très près ou de tout près? Est-ce qu’une présence muette aux obsèques ou commémorations n’aurait pas été suffisante pour témoigner de leur indignation?
Est-ce qu’ils auraient fait le déplacement, s’ils n’avaient pas été candidats?
Finalement, ironiquement, paradoxalement, mais c’est le jeu ma pauvre Lucette, le seul à avoir une certaine légimité à se trouver sur place, est le Président en exercice. En tant que président. Pas candidat. Subtile nuance.
A-t-on besoin d’entendre en ces moments douloureux pour un pays entier, cette phrase qui me laisse absolument perplexe: « Mon devoir de responsable politique est que tous les Français se sentent citoyens de France. » (F.Hollande) (Mais les autres, c’est pas mieux, hein). Est–ce que je pinaille quand je réclame pour tous le droit de se sentir en sécurité dans la rue, d’envoyer ses enfants en toute confiance à l’école? Est-ce trop demander de la part de nos chers candidats un peu de décence alors que des innocents ont perdu la vie? (aka, qu’ils la ferment, tout simplement, passés les messages d’empathie évidents).
J’ai juste envie de vomir.
Une minute de dignité et de silence, c’est encore ce qui se fait de mieux.

