Hit the WebRoad!

T’as quoi, encore, aujourd’hui, pour dix euros?

Même à -50%?

Mhmmm? Ouais. Pas grand chose.

Pour dix euros, moi, je te propose un web rallye, un jeu dont tu seras le héros, de faire chauffer tes méninges, de rencontrer virtuellement des chouettes copains, et, cherry on the cake, remporter des super cadeaux. Le tout en faisant une bonne action.

La seule condition? Te grouiller les miches, parce que le grand décollage, c’est lundi.  Tu trouveras toutes les informations chez le tour opérateur,  Pokanel.

Grâce à vous, Pokanel créera à Madagascar des programmes de soins des nouveaux-nés pour lutter contre la mortalité infantile due aux conditions difficiles d’accouchement et de suivi médical insuffisant des bébés.

Et pour avoir vu des femmes accoucher, des nouveaux-nés emmaillotés dans des linges plus que douteux sur les trottoirs de Tananarive, c’est juste une obligation de faire quelque chose.

Ca te change de ta Quinny hyper sophistiquée...

...et de ton berceau cododo à watmille boules...

 

 Alors, je compte sur toi pour nous rejoindre? 10 euros, c’est rien. Mais c’est tout de suite.

En te remerciant.

 

 

PS Ont déjà leur carte d’embarquement: Zette, Raquel, CathyPivoine, Sandrine, Ava, Zapette, Romain Blachier, LucileJulie, Daydreamer, Fanny, et beaucoup d’autres! Que du beau monde!


De fesses et de rayures

L’égalité des sexes au quotidien est un leurre, mais la différence ne réside pas forcément là où on l’attend.

Certes, Jules ne porte pas de soutien-gorge, et mes petites culottes sont moins remplies que ses caleçons – pour la partie avant du moins. Parce qu’il ne cache pas m’avoir épousée pour mes fesses, ce qui a manqué d’étouffer sa mère – mais pour l’héritage ce fut encore raté.

 

Certes, j’ai plus de paires de chaussures que lui, mais c’est assez récent. Plus de sacs à main et de vernis Chanel aussi, mais c’est trop facile.

A la maison, nous avons, sans concertation, partagé les tâches de manière équitable, en exécutant spontanément celles pour lesquelles nous avons quelque affinité, ça tombe très bien, c’est pas du tout les mêmes. Du coup, il ne me marche pas sur les plates-bandes, et vice-versa. La vie de couple est bien faite, des fois.

Je cuisine, il vide le lave-vaisselle, je repasse, il sort les poubelles, je fais le ménage paie Féedulogis, il bricole, et plutôt bien.

 

La différence est bien plus insidieuse, invisible de premier abord. Cachée au creux de l’intime. Bien planquée dans la chaleur moite de la salle de bains.

 

Quelqu’un peut-il me dire, bordel de couilles, pourquoi un homme presse TOUJOURS DEPUIS LA NUIT DES TEMPS le tube de dentifrice par le milieu ?

 

Et les jolies rayures bleues et blanches, alors, hein ?

 

Je te rassure, il le rebouche. Il est bien élevé.

 

 


La vache qui se prenait pour une baleine

Ce jour-là, je marchandais âprement le prix des demi-sapins de Noël quand je m’aperçus que deux tiers de ma marmaille, pourtant avides de choisir les épines qui allaient garnir les lames du parquet jusqu’en 2018, avaient déserté la place en direction de la rivière en crue.

 

Je laissai le monsieur des sapins en plan et courus expliquer aux deux évadés que bon, s’ils en voulaient pas de sapin, ça m’allait bien aussi, quand ils me firent remarquer qu’une vache jouait à la baleine échouée dans le pré transformé en rizière.

 

Jouait, c’est un bien grand mot, ils n’avaient pas encore réalisé que la bête avait vraisemblablement trépassé – nous étions trop loin pour lui demander des précisions, et cette malotrue nous tournait le dos.

 

Le fermier fut prévenu, et les enfants s’enquirent de ce qui allait advenir de la vache imprudente. Je dis que le fermier allait très certainement venir la récupérer, sans plus de détails, et nous fîmes finalement affaire avec le monsieur des sapins.

 

Rentrés à la maison, la Pili-Pili s’empressa de raconter l’histoire de la vache qui était tombée dans la rivière à son père.

 

-Mais le monsieur va la réparer, conclut-elle, satisfaite, avant de s’en retourner à ses jeux.


A la tomate

Elle était née au beau milieu de la guerre. Elle avait quitté l’école à douze ans. En ce temps-là, c’était le lot de beaucoup de petites filles. Pourtant, même si à l’écrit, ses phrases s’enchaînaient un peu comme à l’oral, sans respiration, comme elles venaient, pas une des nombreuses lettres qu’elle m’écrivit soixante ans plus tard ne comportait de faute d’orthographe, de grammaire ou de conjugaison.

 

Très vite, elle entra au service de familles plus aisées, aidant à la cuisine, au ménage. Une vie de peine. Quand nous eûmes l’âge de comprendre, elle avait dépassé depuis longtemps l’âge de la retraite – misérable, et continuait sans relâche, pour améliorer son quotidien,  ici de répondre au téléphone d’un médecin qui lui aussi, devait avoir fait ses études avant l’invention de la pénicilline, là faisant les courses d’une petite vieille moins dynamique qu’elle, là la cuisine qu’elle pratiquait avec savoir-faire, là encore quelques heures de ménage.

 

Le vendredi matin, c’était ménage. Et quand, vers midi, nous arrivions les joues rouges et les estomacs creux, elle rentrait juste de sa matinée de travail avec cette boîte au fond de son panier, et, saisissant alors son antique ouvre-boîte, versait dans la casserole en aluminium au fond tout cabossé les raviolis à la tomate qui allaient bientôt nous régaler – après le reste de soupe de la veille.

 

Comme nous aimions l’odeur qui remplissait alors la cuisine! Comme nous aimions regarder le fromage râpé fondre et faire des fils qui nous collaient au menton, avant de saucer notre assiette avec un bout de baguette, de pain français comme on disait encore à l’époque, toute fraîche et croustillante!  Il y avait peu de vaisselle, et plein de temps pour jouer ensuite des parties de cartes ou de loto endiablées.

 

Quand le temps presse, quel bonheur pour moi de voir mes enfants se jeter à leur tour sur leur assiette de raviolis à  la tomate, sans savoir qu’en mon cœur, en plus de la sauce tomate, dans cette boîte toute simple, il y a tout l’amour d’une grand-mère aujourd’hui disparue depuis dix ans.

Et quand le temps m'est offert, maison, c'est encore mieux.


Vanités

 

[…] je les prierais qu’ils voulussent bien, leur Légion d’honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens. (Marcel Aymé, 1949)

 

Avant-hier, Henri Torre, entre autres ancien ministre, a refusé pour la seconde fois en trois ans la généralement très convoitée Légion d’Honneur. On peut évidemment s’interroger sur l’idée saugrenue de le proposer une seconde fois à cette distinction (ce qu’il ressent – à juste titre je pense – comme un manque de respect) alors qu’il avait déjà clairement exprimé son refus, dénonçant l’attribution de cette distinction aujourd’hui à n’importe qui, la privant ainsi de sa valeur historique de mérite, de bravoure, de sacrifice pour la patrie.

 

Refuser les honneurs qu’on estime injustifiés semble aujourd’hui un des actes de conviction pure ultimes, au-delà de toute vanité.

 

Toutes proportions gardées, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces concours de blogs, qu’on récrie publiquement tant qu’on y est pas cité, et dont on finit par avouer en rougissant un peu de ce revirement que, tout de même, c’est une reconnaissance, ça fait plaisir… Quand l’ego est flatté…

 

Je m’voyais déjà en haut de l’affiche…

En dix fois plus gros que n’importe qui mon nom s’étalait

Je m’voyais déjà adulé et riche

Signant mes photos aux admirateurs qui se bousculaient

 

A ce jour, à ma connaissance, une seule blogueuse a demandé le retrait de son blog de la liste des  participants à un concours en vue à propos duquel on a lu ou entendu les plus spectaculaires retournements de veste, assumés ou non. Demande ignorée par les organisateurs, d’après ce que j’ai pu voir. Je ne connais pas ses motivations. Je sais qu’elle ne fait pas l’unanimité, bien que je reste la plupart du temps très loin des stériles querelles de clochers. Je n’évolue pas dans les mêmes sphères. Mais je reconnais qu’elle a eu les couilles de ses opinions.

 

Like.

 

Vanité, tout n'est que vanité.