
En voilà une question posée par Nicholas Carr qu’elle est bonne. *
Selon Carr, le fait de passer plusieurs heures par jour devant un écran en surfant sur Internet est en train de modifier notre cerveau. Nos habitudes cognitives – la façon dont nous accédons quotidiennement à l’information – sont suceptibles de modifier la façon dont nos synapses se connectent entre eux, le fonctionnement général de notre cerveau, et la façon dont nous comprenons le monde. (L’Express)
Oui alors bon. Je vais pas cracher dans le bouillon (de culture). Internet, depuis une quinzaine d’années, c’est vrai, a pris de plus en plus de place dans ma vie. Internet m’a ouvert des portes, des univers différent du mien. Internet m’a fait écrire les plus belles lettres d’amour de ma vie, je pense (si l’intéressé peut confirmer, je lui dirai que lui aussi). Il me permet de me sentir proche de ceux que j’aime, malgré les kilomètres.
Mais internet me fait aussi dire ma dose de conneries quotidiennes, que ce soit ici ou ailleurs sur la toile. Et c’est pour ça que je l’aime, je crois. Pour ce total free style.
J’ai la prétention de croire que j’ai gardé un certain libre arbitre et que le fléau de la dé-connaissance ne passera pas par moi, et que ce sont plutôt nos enfants, qui n’auront jamais parlé autrement qu’en mégabytes (alors pour nous, les vieux schnocks, méga bite est plutôt une allusion à Rocco Siffredi) qui sont en danger de lyophilisation de leurs neurones déjà mis à mal par toutes nos nouvelles théories fumeuses sur leur éducation indigne / imparfaite / parfaite / montessorienne / rufienne/ naourienne… (raye les mentions inutiles et rajoute les tiennes).
Parfois cependant, je suis carrément médusée de ce que j’y lis. Condensé de liberté, liberté de pensée, liberté d’expression, peut-on, doit-on pour autant se permettre de tout jeter à la face du monde virtuel ?
Je ne sais pas si internet nous rend plus bête, mais quand je vois ce que je vois et que parfois je lis ce que je lis, en tout cas, je me dis que c’est un sacré révélateur de la bêtise humaine déjà existante dans toute sa splendeur.
Large ouverture pour l’esprit, mais superficialité garantie, dit encore l’Express. Voilà, c’est ça, j’allais le dire.
Et en même temps, je sais pas si je suis vraiment contre, ni si c’est pas même précisément ce que j’y cherche.
*Son domaine d’investigation est plutôt notre mode de fonctionnement (à nous et à notre bien-aimé cerveau) vis-à-vis d’internet que son contenu en lui-même, mais passons, j’avais envie de causer.
