Perfidies

Les filles, ça naît perfide, c’est pas possible autrement. Ca doit être dans les gênes. Ou alors, c’est un entraînement intensif pour, qu’à peine pubères, elles matent le fessier de la voisine, à peine adultes, elles matent la hauteur des seins de la copine, qu’à peine mères, elles puissent critiquer leurs consœurs.

 

Mercredi 12 octobre, 21 heures

 

La Collégienne me récite sa leçon de géographie pour l’interro du lendemain. Je l’aide comme je peux, en lui filant des moyens mnémotechniques toujours foireux, mais qui ont le mérite de la faire marrer marquer.

 

-60% de la surface de la terre…

-Non, 70%. T’as qu’à penser à mon année de naissance. 

-Punaise maman, ouais, ça commence à craindre, là.

-JE SUIS PAS NEE EN 70 HEIN, HO.

 

Dimanche 9 octobre, 17 heures

 

Comme chaque dimanche après-midi (j’ai une vie trop glamour), je combats vaillamment la pile de repassage de la semaine. La Pili-Pili à mes côtés, joue à son jeu favori : deviner à qui appartiennent les fringues qui atterrissent sous mon fer.

 

-C’est à qui, ça ? (avisant un short du Machin)

-Devine!

-A toi !

-Ben non, ma chérie, tu vois bien que je rentrerais pas là dedans !

-GROOOOOOSSE PATAAAAAAAATE !

 

 

Merci, les filles, vraiment.


De la connerie

Puisqu’on est lancés à casser du grognon, ne nous privons pas du plaisir de continuer. Et pour te montrer que je ne suis pas sectaire, je vais taper un peu sur mes collègues – on peut pas en avoir après les fonctionnaires tous les jours (c’est pour rire, c’était même pas le cas).

 

 

Je travaille en milieu majoritairement masculin, certes, mais surtout, en atmosphère masculine (ça veut pas dire qu’ils ont l’hygiène de dessous de bras foireuse, je te rassure), disons le, bien machiste.

 

Comme je suis une travailleuse relativement solitaire – ce qui s’explique d’abord par ma nationalité et ma langue maternelle, donc ma culture par rapport à celles de l’entreprise, mais aussi par la nature même de mon boulot – le seul endroit où je sois forcée de côtoyer vraiment mes comparses d’infortune est la cantine. Pour le reste, je les évite soigneusement – autant que je peux, du moins.

 

A la cantoche, tout le monde se lâche. Ca casse allègrement du collègue payday, ce qui avait le don de me mettre mal à l’aise jusqu’il y a encore quelques années, complètement hors de moi maintenant. Je me fiche de savoir qui couche avec qui, j’en ai déjà parlé (grand moment d’anthologie dans les commentaires, j’en pleure encore),  sauf si c’est pour apprendre comment cette pute de Heidi de la compta a obtenu la meilleure place du parking (spéciale dédicace à Monsieur Petticoat). Donc au mieux je fais la gueule, au pire je gueule. Ca les empêche pas de recommencer, ces bâtards.

 

Leur grand truc, aussi, c’est de se plaindre de leurs gosses. C’est chiant, les gosses. Ca coûte cher, les gosses. Ca fait des conneries, les gosses. Ca fait vraiment de grosses conneries, les gosses. Putain, mais que c’est lourd, les gosses. Surtout quand la belle-mère est livrée avec (avoue que c’est pas de bol). Ca bosse pas à l’école, les gosses. Mais surtout qu’est-ce que c’est chiant. Et puis qu’est-ce que ça coûte. Et puis c’est chiant, aussi. Et ça coûte.

 

Bordel. La meilleure chose qui me soit arrivée dans ma vie, ce sont mes gosses. Ma plus belle réussite, ma plus grande fierté, ma joie de la journée, quel que soit (spéciale dédicace à @101Olivier le bourgeois, merci, bisous) mon état de délabrement physique et mental quand je rentre de ces journées dans l’adversité. Ce qui m’oblige pas non plus à virer mièvre, je te rassure (ça se saurait). Un gosse, c’est pas un clébard qu’on peut foutre à la SPA quand on en a marre de le sortir (je sais c’est dégueu, mais c’est pour l’exemple – d’ailleurs j’ai pas de chien, je sais pourquoi), c’est du boulot, une responsabilité, on le sait d’avance et si on assume pas,  si on trouve ça trop chiant, on fait un nœud, les gars.

 

Vos gueules, tas de mouettes débiles, je pense chaque midi. Z’avez rien compris.

 

Ca aide pas à zermater, je te prie de croire, autant de connerie.

Les prunelles de mes ovaires (© Zette) prennent l'air.


(G)rève

Déficit cruel de candidats au concours du précieux capes, entendé-je ce matin. Normal : plus personne n’a envie de faire ce boulot ingrat et mal payé (les deux n’étant pas synonymes, dans le sens où c’est le combo parents-élèves qui est ingrat, et l’Etat qui les paie mal). Certes. Loin de moi l’idée qu’enseigner 18 heures par semaine à une horde de morveux / de collectionneurs de cartes Pokemon / d’ados prépubères / de jeunes adultes qui savent tout mieux que toi, alors qu’une mère au foyer lambda se déverse déjà chaque jour à dix heures sur son blog pour crier que ô misère humaine, c’est vraiment trop duuuuuur de s’occuper de ses propres mioches. (Le stérilet c’est pas fait pour les pommes.) (Pardon.) Oui, ok, plus une bonne vingtaine d’heures à préparer les heures de torture, oui, je sais, je ne l’oublie pas. Peinard chez soi, quand même. (Oups, pardon,  ça m’a échappé.  Tu comprends, depuis six heures ce matin, j’ai pas eu de pause pipi.)

 

C’est un métier dur ? D’accord. Les parents sont aussi chiants que les élèves, voire plus ? Encore d’accord. Y a plus aucun respect ? D’accord aussi. Je serais vilaine, je dirais de part et d’autre, d’ailleurs. *

 

Mais je vais te dire : moi aussi ça me fait chier de monter dans ma bagnole tous les matins pour aller me foutre dans les bouchons bosser. Moi aussi, mes clients, internes comme externes, des fois, ils me donnent des envies de meurtre. Moi aussi des fois j’en tombe malade. Moi aussi des fois ils m’agressent. Moi aussi des fois faut que je me fasse respecter. Et même, des fois, c’est BigBoss, sensé être un allié, qui est une vraie pourriture. Moi aussi j’aimerais travailler moins pour gagner plus. (Ah merde, du coup faudrait que j’ouvre un blog pour me plaindre de mes mômes. Qui sont quand même, pour Jules et moi, la meilleure chose qui nous arrive dans la journée – c’est te dire le niveau de ras-le-bol du reste, des fois. )  

 

Comme tout le monde, non ?

 

Juste, je crois que le mot grève n’existe pas au vocabulaire de ma profession. Ni réclamation, ni revendication. Ni droit de retrait. Ni 35 heures. Tous ces mots n’ont qu’un synonyme ici : démission. Ou burn-out, fin de carrière, salut, bisous. Il suffit de le savoir et de vivre avec.

 

Est-ce qu’il y a un métier facile, aujourd’hui ?

 

Ou est-ce que c’est devenu hype de se plaindre de tout ?

 

 

Edit : Gentil prof qui grince déjà du clavier, c’est pas toi que je stigmatise. Si tu veux, je recommence la démo avec un employé de la SNCF / Air France / beaucoup d’autres.

 

Edit 2 : en toute honnêteté, je gagne plus qu’un prof, certes. Et j’ai le cul carré de pas dévisser de ma chaise.

Edit 3 : On est encore d’accord que tout accepter, c’est pas la solution non plus. Encore faut-il rester décent, je crois, dans ses revendications.

 

 

*A noter que je serais élève aujourd’hui, le respect envers un prof qui crie tout haut que ça le fait chier de venir enseigner, je sais pas mais je crois que ce serait pas évident.

 

 


Traître

 

Vendredi 7 octobre, 19 heures

 

Le Machin avait de la fièvre et mal à la gorge hier, il a manqué l’école. Ce matin, il a bien tenté de se faire porter pâle à nouveau sous prétexte qu’il pleuvait, mais je lui ai fait remarquer que dans ce cas, autant qu’il se prépare à passer les six prochains mois à l’igloo. Puis je l’ai foutu dehors, non mais.

 

Ce soir, il rentre de l’école, et nous annonce que les devoirs (= un exercice de traçage à la règle sur des pointillés) étaient passés à la trappe. Je me tourne vers Jules, auto-proclamé à l’unanimité responsable des devoirs en semaine :

 

-Ah mince, c’est vrai, on n’y a pas pensé, hier soir, comme il n’était pas allé à l’école.

 

Le Machin intervient :

 

-Ouais, c’est ce que j’ai dit à la maîtresse : c’est de votre faute !

 

Est-ce sa clémence naturelle ou l’explication du sale traître qui nous a valu une exemption de mot dans le cahier de liaison ?

 


Ma sélection de la semaine chez Affaires de Mômes

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Affaires de Mômes et moi, c’est une histoire qui date d’une bonne vieille histoire de lave-linge, il y a près d’un an, lorsqu’avec vingt-cinq autres talentueuses blogueuses, (ouuuups, y avait des garçons aussi…) nous avions participé à la création d’un abécédaire consacré au matériel de puériculture absolument indispensable à nos yeux.

 

Aujourd’hui, et depuis quelques semaines déjà, ça y est, la boutique Affaires de Mômes fonctionne. De quoi se faire plaisir à prix tout doux : Affaires de Mômes, ce sont des articles d’occasion, mais aussi des articles neufs de boutiques pointues à prix tout doux. Et chaque semaine la sélection perso d’un(e) blogueur (se).

 

Dans ma sélection de la semaine, j’ai mis un camaïeu de bleus tout doux  (je n’aime pas que le vert menthe à l’eau, je casse un mythe, je sais), avec un gros coup de cœur pour la boutique DoDuDinDon et pour la marque Louis Louise … A découvrir absolument, pour craquer évidemment… (Julien, le boss d’Affaires de Mômes, s’occupe personnellement d’assommer ton banquier sur simple demande.)