Monotâche

L’Homme appelle, comme chaque jour, pour savoir qui de nous deux ira chercher les enfants chez la nounou. En fond sonore, j’entends un entêtant ding ding ding… DING?

 

-Attache ta ceinture, bourdel !

-Eh, je conduis, je peux pas tout faire, hein !

 

On n’est pas arrivés.


Fashion Fail #4 : le vernis pomme

Tu ne porteras point: de vernis vert pomme.

 

L’été est là, tu as envie de te lâcher, on l’a bien compris. L’été est fourbe, propice à tous les écarts sous prétexte de relâchement de meurs et d’élévation de la température, enfin en principe.

 

C’est ainsi que, d’un détour chez Séphora où tu voulais juste racheter une lime, tu ressors avec des vernis de toutes les couleurs, avec la bonne excuse que ça va éclater ta fille. De l’orange, du jaune, du ciolet, du vert, du grand n’importe quoi. OPI c’est le mal absolu en la matière.

 

Le vernis vert pomme est la dernière étape avant la désespérante intégrale arc-en-ciel, auquel cas je ne peux plus rien pour toi.

 

Le vernis vert pomme ne va avec rien, qu’on se le dise. Trop pâle pour péter sa race au rouge so chic, trop pétard pour rivaliser avec le rose beige so classe. Le vernis vert pomme fait le knacki zarbi, un point c’est tout. Question de contraste essentiel.

 

A se demander si le vernis vert pomme ne serait pas parfait juste avec des tongs… Faudra qu’on demande à une professionnelle (de la tong).

 

Le fashion fail ultime sera atteint avec une décoration adhésive de type fleurette ou papillon, censée égayer ton vernis, du plus pur goût de balai à chiottes.

 

Heu, un peu comme ça ?

 

 

 

 

 

 

 


Pré-vacances

La période d’avant vacances est une période toute particulière, mélange de fatigue intense et d’excitation fébrile. Les deux conjugués entraînant une danse de Saint-Guy de tes neurones, ça va de soi. C’est donc une période où tu réfléchis à des tas de questions plus essentielles les unes que les autres :

 

  • tu encourages tes poils à pousser plus vite, pour être fin prêts pour le pot de cire de la veille du départ.
  • depuis une semaine, tu étires le Nutribronze jusqu’en haut des cuisses, alors que d’habitude tu t’arrêtes légèrement au-dessus des genoux.
  • parallèlement, tu uses et abuses du gommage, pour que ta peau soit parfaite le jour J. Ce qui est parfaitement idiot, rapport au Nutribronze
  • tu fais des essais de vernis de putasse (on en reparle vendredi ?), résistant de justesse à l’arc-en-ciel, trop Miss Camping touch.
  • tu te demandes si tu pars avec des cheveux gris ou si tu vas flinguer ta couleur toute neuve à l’eau de mer.
  • quand Jürgen de la compta te demande un rapport circonstancié pour la semaine prochaine, tu es bien désolée, mais là, tu t’en fous le refiles à Collègue Choupi, qui lui, est déjà rentré, le pauvre.
  • tu jouis quand tu prépares, trois jours à l’avance, ton message d’absence : je serai absente pour les trois prochaines semaines, hiiiiiiiihaaaaaaaa !
  • tu déclines toutes les invitations à des réunions chiantes d’un jouissif (oui encore) : ah c’est ballot, je serai EN VACANCES, hin hin.
  • les conversations de la cantoche t’intéressent comme le dernier caca mou du fils de ta copine Facebook. Sauf s’il s’agit de savoir qui couche avec qui, ça va de soi.
  • tu arrives à dire à trois vendeuses qui ne t’ont rien fait que toi, t’es pas encore partie mais que là, c’est bon, en plus on aura le soleil, en une seule matinée de shopping.
  • tu envoies un mail à une copine à qui tu n’as plus donné signe de vie depuis trois mois, pour lui demander comment ça va moi je pars demain alors c’est con mais on va pas pouvoir se voir avant trois semaines, ah bon toi aussi? (mince)
  • tu es persuadée que trois semaines c’est très long. Alors qu’en vrai, ça file comme l’éclair.  (C’est dégueulasse.)
  • tu réfléchis à des statuts Facebook aussi percutants que rigolos, pour que personne ne s’ennuie en ton absence.
  • tu es parfaitement convaincue que tu vas perdre cinq kilos et prendre dix centimètres d’ici le départ. Et que du coup, il te faut absolument un nouveau maillot.
  • tu te poses des questions aussi existentielles que : vais-je mettre mon nouveau trikini dès le premier jour de plage, ou vaut-il mieux attendre d’être un peu bronzée ? Mhmmmm….
  • tu fais des listes. De tout et n’importe quoi.
  • l’après vacances te semble dans une autre vie, loin loin.
  • tu te demandes quel bouquin tu vas emporter dans ta valise. Tu en choisis plein, on sait jamais que tes mioches te laissent lire sur la plage, ah ah ah.
  • tu décomptes les jours où le réveil doit encore sonner à six heures. Plus que un, là.

 

 

 


Riche…

A l’heure où l’on gratte les coins des fonds de porte-monnaie qui traînent dans les poches trouées de France et d’Europe, on peut s’interroger sur la notion de richesse.

 

Qui est riche ? A partir de combien est-ton riche ? Est-ce mal d’être riche, honteux d’être pauvre, ou l’inverse ? Est-ce que la nuance se fait entre ceux qui sont nés riches ou ceux qui ont travaillé dur et ont eu la chance avec eux ? Les moins riches aussi travaillent dur, souvent.

 

C’est quoi être riche, très riche ? Pauvre, très pauvre ? Et au milieu ?

 

Je suppose que nous sommes riches parce que nous avons la chance d’avoir un boulot tous les deux, même si parfois c’est dur, même si parfois c’est loin, même si parfois les journées sont longues. Je suppose que nous sommes riches car nous payons des impôts et que la CAF nous ignore superbement.

 

Pour autant, nous n’avons pas l’impression d’êtres nantis ou à l’abri. Si nous pouvons nous permettre certaines choses, nous vivons sans excès, et veillons toujours à partager ce que nous avons. Nous devons, nous aussi, reporter certains achats, voire y renoncer. Nous grimaçons comme tout le monde devant le prix à la pompe.

 

Je suppose que c’est ça,  la classe moyenne. Celle qui ne se reconnaît nulle part dans le discours ambiant. Celle qui paie plein tarif partout. Celle qui n’a droit à rien, devoir à tout. Celle qui participe sans broncher, au nom de la solidarité, parce que c’est juste une évidence. En même temps, on est toujours le riche ou le pauvre de quelqu’un.

 

 

 

On est riche que de ses amis, c’est dit…

 

 

 

Ben voilà.


Deux semaines et un jour

Le Gros,

La Blonde,

Le Graton,

 

 

Vous n’aviez rien demandé encore à la vie, et surtout pas de grandir trop vite.

Vous étiez des enfants comme les autres, à quelques détails près, qui vous rendaient irremplaçables, uniques. Avec en commun, tous les trois, un immense appétit de vivre, et le rire comme religion familiale.

 

Ce jour-là, vous étiez sans doute allés à la plage, ou à la piscine. C’étaient les vacances,  la vie était belle, et vous insouciants comme on l’est à seize, treize et onze ans.

 

Ce soir-là, vous avez tous grandi en une nuit, forcés par la vie, malmenés par la mort, inopinée, soudaine, violente.

 

Ce soir-là, vous avez appris, d’un coup, qu’il est des choses essentielles, et d’autres qui n’en valent pas la peine. Cela fait de vous non pas de pauvres orphelins, mais des personnes exceptionnelles.

 

Ce soir-là, le soir du premier jour d’août,  tout aurait pu changer. Vous avez cru que tout changerait. Mais si Papa n’est plus là pour le voir, vous êtes restés les mêmes, au fond de vous. Des ados au grand cœur. Des ados dignes. Des ados fiers. Des ados bien dans vos Bensimon. Et vous avez raison.

 

Votre vie continue, mes grands. Soyez exigeants avec elle, indulgents avec vous-mêmes. Autorisez-vous à tomber: il est de nombreuses mains autour de vous qui se tendront pour vous relever. Il vous a laissés au bord du chemin : marchez dans ses pas, puis, tracez votre propre route. Soyez heureux, croquez la vie, continuez d’espérer : il aurait aimé savoir que vous allez bien. 

 

Et plus que tout, comme cette nuit-là, restez unis.