Bien avant d’avoir des seins, une fille peut déjà te faire comprendre qu’elle en est une, une vraie, et pas rien qu’en massacrant frénétiquement tous tes baumes à lèvres Caudalie ni en te piquant tes twelves pour se casser la gueule en moins de trois secondes, et même pas dans l’escalier en plus.
Ce qui caractérise les filles, après la futilité et la facilité déconcertante à se crêper le chignon pour un rien (surtout quand elles sont pourvues d’excroissances naturelles appelées bébés), c’est la solidarité de l’espèce face à l’adversité. Elles se font des croche-pattes entre elles, ça oui, mais dès qu’il y a intervention extérieure, c’est à la vie, à la connerie.
Ainsi, l’autre jour, sur la banquette arrière de la ford intérieure slovaque d’Alorom, ma Grande et son Graton, respectivement dix et onze ans, s’entretenaient de leurs résultats scolaires tout frais.
Ma Grande, nature et pas crâneuse : c’est mon plus mauvais trimestre. Je n’ai eu que 18.9/20 de moyenne. Les boules.
Le Graton, chuchotant et lançant des regards inquiets à sa reum pour voir si elle suit : merde, tu m’aides pas du tout, là, pas du tout !
Ma Grande, solidaire et bien élevée, tentant de rattraper la boulette : mais tu sais, chacune a ses spécialités où elle est forte. Moi par exemple, je suis super nulle en…. en… en scoubidous, voilà !
Merci à Alorom de m’avoir confié cette anecdote qui restera le running gag de l’été. Je ne m’en remets toujours pas.


