La solidarité féminine n’attend pas le nombre des années

Bien avant d’avoir des seins, une fille peut déjà te faire comprendre qu’elle en est une, une vraie, et pas rien qu’en massacrant frénétiquement tous tes baumes à lèvres Caudalie ni en te piquant tes twelves pour se casser la gueule en moins de trois secondes, et même pas dans l’escalier en plus.

 

Ce qui caractérise les filles, après la futilité et la facilité déconcertante à se crêper le chignon pour un rien (surtout quand elles sont pourvues d’excroissances naturelles appelées bébés), c’est la solidarité de l’espèce face à l’adversité. Elles se font des croche-pattes entre elles, ça oui, mais dès qu’il y a intervention extérieure, c’est à la vie, à la connerie.

 

Ainsi, l’autre jour, sur la banquette arrière de la ford intérieure slovaque d’Alorom, ma Grande et son Graton, respectivement dix et onze ans,  s’entretenaient de leurs résultats scolaires tout frais.

 

Ma Grande, nature et pas crâneuse : c’est mon plus mauvais trimestre. Je n’ai eu que 18.9/20 de moyenne. Les boules. 

Le Graton, chuchotant et lançant des regards inquiets à sa reum pour voir si elle suit : merde, tu m’aides pas du tout, là, pas du tout !

Ma Grande, solidaire et bien élevée, tentant de rattraper la boulette : mais tu sais, chacune a ses spécialités où elle est forte. Moi par exemple, je suis super nulle en…. en… en scoubidous, voilà !

 

Merci à Alorom de m’avoir confié cette anecdote qui restera le running gag de l’été. Je ne m’en remets toujours pas.

 

 


Un rêve bleue*

Oh les filles, oh les filles!

 

Une petite semaine qu’on entend – enfin – parler des BleuEs. En évitant, du moins sur les radios que j’écoute en voiture, celles pour les plus de 15 ans on va dire, les clichés puants qui nous viennent systématiquement à l’esprit quand une fille s’aventure sur les platebandes des garçons.

 

 

On a attendu qu’elles soient meilleures que les garçons dans leur discipline pour réaliser qu’elles existent. Cruelle métaphore du monde du travail. Si dans celui-ci on arrive tant bien que mal, et plutôt mal que bien en fait, à dépasser les remarques sexistes de bas étage, une fille doit toujours en ramer trois fois plus que ses pairs pour être reconnue dans des domaines historiquement réservés aux garçons (pourquoi ?).

 

Ce qui me réjouit là dedans, au-delà de l’exploit sportif, c’est d’abord bien sûr que ces filles sont la preuve, s’il en était besoin, que l’argent qui déborde ne peut pas tout, voire même qu’il dénature le système, sinon l’Homme. Mais surtout que, pour y arriver, elles n’ont pas eu besoin d’utiliser les techniques de leurs pairs mais ont fait leur bout de chemin à leur manière — preuve s’il en est que nous ne sommes pas égaux, mais équivalents, ce qui veut dire : différents, mais de même valeur qualitative — et ça, vraiment, c’est un message fort.

 

 

Y a du changement dans l’air, et j’aime beaucoup cette idée.

 

Court vêtues, les filles du boulot.

 

*oui oui, avec un e comme BleuE


Les Contes de la nuit (et des places à gagner)

Ami de la poésie, bonjour !

Qui a dit que pour aller voir Les Contes de la Nuit, il fallait au bout du bras, accroché à la main, un prétexte de moins d’un mètre vingt (qui mange le pop corn la bouche ouverte, en plus)?

C’est tellement joli, tout ça, que moi j’irais même sans les mômes.

Le cinéaste Michel Ocelot, auteur du cultissime Kirikou (qu’est petit mais vaillant, un peu comme Omo, touti rikiki, maousse costaud) associe le film en silhouettes découpées, technique connue depuis plus de 100 ans, avec la technique actuelle de la 3D. La technique numérique permet ici au cinéaste de créer des espaces et des univers colorés singuliers qui transforment le cinéma en lieu réellement magique.

Oui, très bien mais l’histoire ?, que tu demandes.

Tous les soirs, une fille, un garçon et un vieux technicien se retrouvent dans un petit cinéma qui semble abandonné, mais qui est plein de merveilles. Les trois amis inventent, se documentent, dessinent, se déguisent. Et ils jouent toutes les histoires dont ils ont envie dans une nuit magique où tout est possible…

 

(T’es mignon tu vas voir la bande annonce ici avant que je te la colle dans ce billet, j’ai un firewall un poil récalcitrant.)

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=wljS8MFiqEw]

J’ai 3×2 places à t’offrir. Pour cela, tu me chantes dans les commentaires le truc qui te passe par la tête, là, tout de suite (vu que moi c’est bon, j’ai Kirikou pour la semaine. ♥)

Je tire au sort celles (3) qui chantent le plus faux, le 15 juillet à 21 heures tapantes (à minuit, je dors).

 

 

Edit: à 21h51, le chapeau a parlé, les gagnants sont:

 

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La reprise

J’ai faim.

 

J’ai passé une semaine de rêve avec Alorom, la Blonde (je t’adopte si ta reum est trop relou – ou si elle n’a plus de linge propre dans son placard), le Graton (je t’adopte, vu que tu sais faire les scoubidous) et Willow (je t’adopte aussi, vu que chez moi tu dors, crapule), à faire les touristes dans mon coin, puis à rien faire que se repeindre les doigts de pied, que quand elles sont parties j’avais tellement oublié qu’elles ne vivaient pas chez moi que c’en était tout vide.

 

J’ai repris le boulot après cinq malheureux jours de congé, et mon ordi semble avoir oublié jusqu’à mon existence. C’est un poil flippant, mais on survit bien: il suffit de squatter chez le voisin. Puis on est dans le noir, parce que les stores extérieurs doivent être nettoyés. C’est … intime on va dire. Ou du moins, spécial. Comme l’impression de bosser dans un atelier clandestin.

 

Hier je suis allée à un barbecue, il a plu toute l’après-midi. Ca doit être mon karma. Comme celui d’être invitée à un mariage après avoir bien languedeputé que la robe de la mariée ressemble au carpaccio de l’autre zinzin qui chante. Cherche cours de fayotage d’urgence. Je rappelle que le mensonge de politesse n’est pas mentir, mais savoir-vivre.

 

Je viens d’apprendre à Miss Camping à envoyer un fax. Je ne sais pas si dans ce cas on parle de progrès ou d’espoir. Elle n’a quand-même pas encore la moitié de l’âge qu’aurait ma grand-mère, qui en avait pourtant bien compris le principe:

 

Tu m’as dit, c’est une machine pour envoyer des lettres. Ce que je ne comprends pas, c’est comment on fait pour ouvrir l’enveloppe, quand on reçoit un fask.

 

J’ai pensé à lui faire croire (à Miss Camping, pas à feu ma grand-mère) que la machine faisait aussi le repassage, mais j’ai laissé tomber, c’eût été trop facile.

 

Ne reculant devant rien pour toi, lecteur chéri, je suis en mode deux enfants, pour vérifier l’adage que trois, houla, c’est trois fois plus de boulot que deux. J’ai jusqu’à mercredi pour rendre ma copie. Mais j’ai déjà un doute. Plus y a de fous, moins y a de riz, et plus on rit, chez nous.

 

Que du très normal, donc. Allez, je reviens très vite avec des places de cinoche pour les petits et puis des tas de trucs chouettes.  ***Y croire très fort***

 

Je te laisse, c’est l’heure de ma sixième pause pipi. Dans le noir aussi. C’est conceptuel, voilà.

 

 


Les vacances, c’est pas trop tôt

 

Ca y est, elles sont au bout de la journée. On les touche du doigt, juste après l’ultime goûter d’adieu de cet après-midi.

 

Pendant environ 35 semaines, il a fallu les secouer le matin, alors qu’ils se lèvent sans effort le week-end à une heure où moi, j’aimerais bien profiter encore un peu de mon oreiller. Pas de mon amoureux, celui-ci se lève dans le meilleur des cas à 5h30, de janvier à décembre.

 Trente-cinq semaines de pénitence pour tout le monde, ce qui donne, en vrac, pour les deux aînés seulement (et après tu comprends pourquoi la Pili-Pili, c’est no way qu’elle aille à l’école en septembre)

 

  • 280 cartables préparés, parfois récupérés à la dernière minute parce qu’oubliés dans l’entrée
  • 280 goûters glissés amoureusement dedans, choisis selon les goûts de chacun (ne pas se tromper, ne pas se tromper, sinon ils ne mangent pas et c’est sûr, ils vont mourir d’inanition)
  • 70 sacs de sport préparés
  • 70 sacs de piscine ficelés
  • 70 rappels à l’ordre concernant le sac de musique
  • 35 recherches de la seconde ballerine de modern jazz
  • 35 camouflages de pantoufles dans le cartable pour le cours d’éveil musical
  • 280 rappels à l’ordre : « t’as fait ta flûte ? »
  • 70 sacs avec les affaires de handball préparés
  • 140 demandes faux-cul « t’avais des devoirs ? », parfois, il faut bien l’avouer, le lundi matin sur le verre de jus d’orange
  • 35 gueulantes parce que le matériel d’équitation n’est pas près comme promis au moment de partir, le plus souvent le samedi matin aux aurores, été comme hiver
  • 280 « dépêche-toi, je vais être en retard », « habille-toi », « tu es passé aux toilettes ? », « t’as nettoyé tes moustaches ? », « mais où as-tu encore laissé ton manteau / tes gants / ton écharpe / ta casquette ? », « mets tes chaussures, on y va »
  • 280 « je m’en fous de quelles chaussures tu mets, c’est une question de riche ça, tu en es conscient au moins ? on va dire celles que tu trouves le plus vite, dont tu trouves les deux mêmes, qui sont pas pleines de boue, que tu sais attacher seul, ce sera très bien »
  • 100 signatures diverses et variées
  • 10 gâteaux confectionnés
  • 4 conseils d’école
  • 12 conseils municipaux pour faire entendre la voix de l’école et des parents
  • 1 barbecue sous la pluie
  • 1 gala, 4 examens, 2 auditions, 1 tournoi, et autant de crampes d’estomac
  • 2 sorties scolaires accompagnées
  • 1 nombre incalculable de trajets en voiture tous azimuts

 

 

Alors les vacances, c’est pas de refus. Grosse fatigue.

Et pour que tout le monde en profite, surtout moi qui attendrai la quille jusqu’au 20 août, il faut la jouer fine et mettre direct tout le monde au parfum. Ce matin, une petite mise au point fut donc nécessaire afin de pas faire chier partir sur de bonnes bases bien saines.  

Vous êtes en vacances, alors vous allez pas m’emmerder être responsables de vos affaires. Pendant deux mois, je vais plus me casser le cul plus rien glander compter sur vous pour me faciliter la vie. Ce sera service minimum à tous les étages. Ce qui sera oublié, vous vous le mettrez où je pense en passerez. Et je ne rachèterai pas les affaires perdues, cassées, égarées,  le budget de la Liste de Fournitures du Collège a plombé tous les autres, y compris celui de ma ‘thuitième paire de sandales en soldes, c’est un scandale des cadeaux de joli bulletin, c’est ballot, nan je rigole.

 

Me demande s’ j’ai pas refroidi un chouille l’atmosphère…