Le premier jour où… j’ai pris l’eau

Dans une autre vie, j’ai dû avoir les pieds palmés. Je t’assure que j’ai vérifié, il n’en reste aucune trace. Si ce n’est cette propension à être furieusement attirée par toute étendue d’eau, peu importe sa nuance de bleu.

Ma mère (je crois que je suis en train de faire une psychothérapie déguisée, vu le nombre de fois où je parle de ma mère sur ces pages depuis quelques mois) raconte souvent que, toute petite, j’étais complètement ingérable, vu que je lui échappais pour me jeter dans le grand bain de la piscine municipale avant même qu’elle ait pu poser son sac.

Un jour d’été, en vacances à Vannes, était-ce sur la plage de Suscinio, je devais avoir à peu près quatre ou cinq ans, et j’avais foncé vers les vagues, mon ballon dans les bras. Je me laissais porter par le sac et le ressac, quand je réalisai soudain que je n’avais plus pied, et dans la même seconde, j’aperçus ma mère hurlant sur le rivage, et un inconnu nager rapidement vers moi, me saisir par le bras et m’enjoindre de lâcher mon ballon, qui s’empressa de filer vers l’Angleterre… c’est du moins ce que mon père me prétendit, et durant des jours je m’imaginai un petit Anglais jouer avec mon ballon. Ouin.

Tu penses bien qu’après mon forfait, elle ne m’a plus lâchée d’une semelle de tong. Je voulais aller dans l’eau ? Elle m’accompagnait dans l’eau. Je voulais faire un pâté de sable à trois mètres d’elle ? Elle déplaçait sa serviette de trois mètres pour profiter de mes pelletées de sable voyageuses. Je voulais barboter dans mon petit canot ? Elle tenait la ficelle bien serrée dans ses deux mains, des fois que j’aie envie d’aller arracher mon ballon des mains de ce salaud de petit rosbif.

C’est donc tout naturellement qu’elle grimpa avec moi quand j’enfourchai la planche à voile de l’ami qui nous hébergeait.   En laissant évidemment la voile échouée sur la plage, puisque j’étais bien incapable de la relever, et elle aussi.

Tu veux que je te dise ? Je crois qu’on n’a plus mis les pieds à la plage après cet épisode.  Parce qu’on ne lutte pas contre la marée descendante, surtout sur une planche à voile sans voile. Et que les mains, ça fait de bien piètres pagaies.

A la rentrée, j’ai appris à nager. Dans une piscine, sans vagues ni courant. Ni canot. Quel ennui.

large

Cavalaire-sur-Mer 2013

(J’avais attaché Mr Moustache à la bouée, sur une excellente idée de la Collégienne.)

Les commentaires

FABIE

L’eau est vraiment mon élément ! En piscine je me vide la tête en nageant et à l’océan où à la mer, quelle attirance…. que du bonheur

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eva

eh bien moi, c’était et c’est tout à fait le CONTRAIRE. Ma mère me disait que mes 1ers mots étaient « Eva patalo »
Je ne sais toujours pas nager…

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Lilith

Oh! Moi aussi j’étais du genre à échapper aux adultes pour aller me jeter dans l’eau (piscine ou mer, peu importe), avant même qu’ils aient eu le temps de me mettre mes jolis brassards roses! =)

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