Partage

Je cuisine. Il fait les omelettes. Je fais les vitres. Il fait des trous dans les murs. Je repasse. Il refait l’électricité. Nous travaillons. Ils mettent la table. Je fais la lessive. Nous peignons murs et plafonds. Je tonds la pelouse. Il tronçonne les arbres. Nous montons les meubles Ikea. Nous faisons le taxi. Je fais les courses. Ils remplissent le frigo et les placards. J’emmène les enfants en vacances. Il décharge la voiture. Nous payons le restaurant. Ils descendent leur linge sale. Il monte les paniers de linge propre.  Ils font leur lit. Je change les draps. Ils rangent leurs chambres. Il construit le nid familial. Je nage, gymnastique, monte à cheval. Il marche, nage, trekke . Je déjeune avec les copines. Nous invitons les voisins. Il voit des amis. J’appelle son père. Il appelle sa mère. Nous covoiturons. J’emmène la voiture au garage. Il nettoie la piscine. Nous sortons les poubelles. Je commande les pneus. Il fait des tonnes de poussière. Je mets pas mal de bordel. Je range, sans relâche. Il gère le barbecue. Nous rentrons du bois pour l’hiver. Je sers l’apéro. Il ferme les portes. Ils rentrent leurs vélos. Je taille la haie. Il monte le toit. Je vais à la déchetterie. Ils rangent leur linge dans leur armoire. Je passe l’aspirateur. Ils font les poussières. Nous lavons la salle de bains. Je prépare le sac des enfants. Nous emmenons les enfants chez la nounou. Il regarde la télé. J’écoute France Inter. Ils dessinent à la craie sur le trottoir. Je nettoie le frigo. Ils rangent la salle de jeu. Je menace de poubelle. Ils connaissent le mode emploi du lave-linge.  Il invente les histoires du soir. Je débouche les canalisations au Kärcher. Ils rient de ses grimaces. Je lave la terrasse. Nous faisons front. Je fais les déclarations d’impôts. Il emmène son fils chez le coiffeur. Je fais des tresses aux filles. Il se coltine les rendez-vous chez l’orthodontiste. J’ai congé le mercredi. Il travaille très tard un jour par semaine pour s’occuper des enfants le matin. Je fais des photos. Il fait des vidéos. Nous randonnons. Ils débarrassent la table. Je supervise les devoirs d’école. Il travaille solfège et instruments. Nous courons beaucoup, tout le temps. Il se lève très tôt. Je marmotte. Il prépare le petit déjeuner. Ils rangent leurs chaussures. Je gueule un peu. Ils râlent, beaucoup. Il soupire. Nous leur apprenons le respect des autres et du travail des autres. Nous remercions. Nous exigeons. Nous félicitons.

Nous sommes heureux, je crois.

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Photo Louise, évidemment, comme d’hab ♥♥♥

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Les commentaires

ceeecile

Ben, je sais pas, ta façon de décrire votre vie de famille et votre bonheur de partager tout ça, j’ai trouvé ça très émouvant … enfin, moi ça m’a touchée en tous cas …

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Fredauboulot

C’est presque comme ça chez nous mais « ils » en font un peu moins… 🙂

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alameresi

Chouette billet, j’ai l’impression d’être un peu moins wondermaman, je ne tond pas la pelouse et ne taille pas les haies !

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docmam

J’adore 🙂
Étonnamment (ou pas), ça respire le bonheur.
Je crois que chez nous aussi, le partage est équitable. On en fait aussi peu l’un que l’autre. Ça me fait complexer de te lire au final 😀

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Merci Miette pour ce partage. Tu soulignes avec justesse dans ton billet qu’au delà des actes il y a aussi les mentalités, et la nôtre en premier, à changer, et honnêtement je pense que ce « déconditionnement » est le plus difficile à mettre en place. Nous luttons contre des générations d’endoctrinement!

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Miette

Oui, c’est vraiment ça, un deconditionnement. C’est fou ce que des siècles d’éducation judéo-chrétienne (dans mon cas) peuvent laisser comme trace au sein d’une société, et comme les femmes tendent à reproduire les schémas établis. Je me souviens avoir si souvent reprocher à ma mère cette manière dont se partageaient les tâches dans leur maison (maman cuisine, papa bricole), de cette facilité qu’elle avait d’appeler ses filles plutôt que son fils pour mettre la table. Et je me surprends à reproduire beaucoup de choses aujourd’hui. La prise de conscience est déjà un premier pas, à moi d’abord d’apprendre à « dégenrer » les tâches, pour moi, pour lui, et pour ce que nous transmettrons à nos enfants. Apprendre à ne plus systematiquement dire merci, certainement. Mais peut-être aussi leur apprendre, à eux, à dire merci plus souvent.

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Amy

C’est bien, comme façon de faire ! 😀 Et j’apprécie les liens que tu as mis en fin d’article.^^

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