Assise par terre sur la pelouse

Longtemps j’ai tout mené de front. Longtemps, j’ai pu tout mener de front.

Le rythme de fou, le temps de rien, les gens que j’emploie à faire ce que je ne peux pas. Ceux qui changent mes draps, ceux qui changent leurs couches, ceux qui repassent les chemises, ceux qui les emmènent au solfège et à la danse.

Longtemps, c’était ma vie normale. Longtemps, c’était comme ça et pas autrement. Sans doute que je crânais même un peu.

Et puis il y a eu Ultime. Les nuits hachées, les jours heureux. Le plaisir de prendre le temps, de faire les choses soi-même, de les entendre raconter leurs journées, de se faire des nez de clown avec les Babybel, des soleils en bâtons de carottes dans l’assiette, de reprendre le contrôle de l’intimité de la maisonnée, de danser sur nos chaises à table. De se fabriquer des souvenirs. De comprendre qu’à force de courir, on passe à côté des choses.

Alors, le travail, oui, évidemment mais plus comme avant. Ralentir, lever le pied, de toutes façons, ils grandissent toujours trop vite. Sans doute qu’il m’a fallu tout ce temps pour comprendre.

Accueillir ses premières fleurs chiffonnées au creux de ma main, l’écouter rire aux éclats, la pousser encore une fois maman sur la balançoire, regarder le vent ébourriffer ses cheveux, assise par terre sur la pelouse, y a-t-il quelque chose de plus joli qu’un mercredi?

 

mercredi

Les commentaires

Chloé

BRAVO. Si d’autres parents pouvaient avoir cette prise de conscience… Je suis nourrice depuis longtemps, et ça me sidère parfois le nombre de parents qui ne prennent pas le temps pour leur(s) enfant(s). Je comprends qu’il y a le travail, et le quotidien, et qu’en plus de ça, gérer des enfants ça fait parfois beaucoup. Je ne juge pas ces gens, juste parfois j’aimerais qu’ils se rendent compte que regarder vivre ses enfants, c’est aussi ça, la vie, prendre le temps, même pour les bêtise du quotidien, écouter, sourire, prendre la petite main tendue… Je suis heureuse que tu prennes le temps de ralentir, pour toi, pour eux, il n’est jamais trop tard! Et eux te remercieront sûrement (maintenant avec leurs mots d’enfants ou dans 20 ans, avec une grande reconnaissance sûrement) Ton dernier paragraphe est très beau 🙂

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Des fois ce n’est pas qu’une question de choix non plus. Que ce soit dicté par un aspect financier ou autre. Par exemple, dans mon entreprise, les temps partiels n’ont été possible que quand la crise a ordonné des réductions de budget. Avant, c’était non.
Pour autant, je te rejoins: ces moments valent, pour moi, tout l’or du monde.

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fabiennelepicdelaglaviouse

Cet été je passe tout l’été avec eux, mon métier me permet ça, il ne me permet pas le mercredi, il me permet finalement peu de choses mais cette année ce sera ça. Et je compte les jours.

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Paf ! le P.A.F

Je suis un extrémiste. J’ai choisi (et j’ai la chance de pouvoir le faire) de passer sept jours sur sept avec eux. Et je n’ai pas l’impression que c’est trop pour eux. Voilà bien le seul domaine dans lequel je suis un extrémiste.

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

J’ai testé, j’ai aimé, mais sur un temps déterminé. Je ne suis pas sûre d’aimer à long terme être mère au foyer. Mais tes enfants ont énormément de chance.

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Je compatis: ça m’a été refusé pendant plus de 10 ans…

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dbo

j’en parlais cette semaine (hier !) : les mecredis sont précieux !! mais ambivalents car pour ma part, j’essaie aussi de tout gérer ce jour là. Mais depuis quelques semaines, j’ai revu tout ça, et je lui consacre plus de temps.
J’ai beaucoup aimé ton billet, surtout la fin 😉 c’est très joli

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Oh c’est speed aussi, mais différent.

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