Le lendemain on ne devrait pas se lever tôt

Les bougies sur le gâteau d’anniversaire fument encore et déjà demain un autre lieu, une autre danse, les applaudissements, la file pour les pains saucisses ou les jeux ou les gâteaux qu’on aura apportés nous-mêmes quelques minutes auparavant– il faut bien remplir les caisses pour l’année prochaine, on aura l’illusion d’une énième visite à la ferme presque gratuite. Nous n’aurons qu’à mettre chips et sandwich au saucisson à côté de la gourde remplie de glaçons pour que l’eau reste fraîche, et confier les gosses au bus où ils seront un peu barbouillés pendant une heure. Les vaches de notre village, celles qu’ils voient tous les jours de la fenêtre de leur chambre, la traite dans la ferme en face, le camion de lait bien trop gros pour notre rue, les enfants qu’on rappelle sur les trottoirs pour qu’ils se mettent à l’abri avec leurs vélos, bien sûr, ce n’est pas la même chose.

Alors le soir quand ils sont couchés on prépare le pain puis on fait des gâteaux, au chocolat souvent, c’est celui-là qu’ils préfèrent, des gaufres parfois pour varier, puis on enchaîne, la fête de l’un, la kermesse de l’autre, la musique de l’un, les portes ouvertes du cours de danse de l’autre, et puis on recommence dans l’autre sens. On tient bon, le mois de juin c’est le marathon des parents, la ligne d’arrivée est en vue et ressemble furieusement à un casse-tête chinois pour que leurs vacances ressemblent à des vacances.

Comme d’habitude on n’aura pas pensé à réserver le train trois mois à l’avance, comme d’habitude tout nous semblera trop loin, ou trop cher,  comme d’habitude ils seront heureux quand même, parce qu’ils n’auront même pas imaginé autre chose, parce que les enfants de la campagne se suffisent de peu, parce que ce sont toujours les parents qui ont des envies d’ailleurs etce besoin toujours de remplir les journées. Ils seront heureux de rien. Et nous, le matin, sur le chemin du travail, on n’osera pas leur dire qu’on aurait aimé les laisser dormir sous la tente dans le jardin, veiller à regarder les étoiles, parce que le lendemain on ne devrait pas se lever tôt.

 

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Les commentaires

docmamz

Arf ces vacances…

Tout est trop loin, ou trop cher, ou pas assez ci, ou trop ça; et pis au final on peut pas se le permettre alors on laisse tomber.

Au moins je suis honnête avec moi même. Je sais très bien que mes gamines seront contentes avec 3 fois rien, une bassine d’eau dans le jardin et une semaine chez les grand parents.
Je ne cherche pas à me faire croire que je veux « offrir des vacances à mes enfants ». Non non je sais très bien que c’est moi qui râle, et qui suis difficile, et qui voudrait me reposer / faire plein de trucs / partir loin / mais pas trop / et rien faire / mais pas cher.

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Paf !

J’aime pas les kermesses et toutes autres célébration de fin d’année scolaire. Je te trouve drôlement courageuse de faire des gateaux et tout ça. Ça fait deux semaines que je sors de l’école en mode ninja furtif pour éviter de devoir refuser de tenir un stand de chamboule-tout ou pire, de pêche à la ligne.

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

J’aimais ça dans notre toute petite école de village. Depuis qu’elle a fermé, c’est difficile de se remotiver pour le regroupement, mais comme les gosses nous supplient d’assister à leur spectacle…

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CaroSelky

C’est si vrai tout ça !!
Le marathon des quiches et moelleux au chocolat parce que c’est le seul qu’ils aiment,
Les au-revoirs aux copines et aux maîtresses et aux dames de la crèche (à venir !!)
Ah, nous on a échappé à la kermesse pour cause de varicelle carabinée… (suspense pour celle de TInyni qui a lieu vendredi prochain..°)
Et les vacances, idem… On va se contenter de ce qu’on a , et qui est déjà très bien, un jardin, des jeux, la piscine, de la famille et ptet des amis chez qui on ira squatter qqes jours pour changer d’air.
Bonne fin d’année scolaire !

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Et les larmes parce qu’on ne verra plus jamais de la vie la maîtresse, alors que toi t’es juste soulagée que ça s’arrête parce que marre des devoirs et des cartables 😉

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petiteyaye

oh oui ! dormir dans une tente dans le jardin, veiller à regarder les étoiles… et dire que le bonheur est si prêt !

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Non mais ils vont dormir tout seuls au jardin, moi c’est noway! 😉

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Shaya

L’un de mes meilleurs souvenirs de vacances c’est la fois où mon père nous a laissé dormir ma soeur et moi sur la terrasse.

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

J’imagine. Je crois que je vais sortir la tente.

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fabiennelepicdelaglaviouse

Quand j’étais enfant j’appréhendais toujours la phrase de ma mère « cet été on va t’emmener quelque part un peu avec nous » parce que je préférais DE LOIN retourner un mois avec mes grands parents de la mer et un mois avec mes grands parents de la campagne. Le quelque part avec eux, qui heureusement n’arrivait pas souvent, étant la plupart du temps un truc chiant pour les enfants : une ville, des musées et des églises, des hotels trop chauds et pas de télé : l’arnaque !!!

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Je crois que les miens ont oublié ce que c’est la télé en fait 😀

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Nicole

Très juste, ce billet…
Nous, on a acheté une ruine à la cambrousse, une ancienne grange qu’on retape petit à petit. On part s’y planquer tous les étés.
Les enfants passent leur vie dehors pendant qu’on ponce, creuse, bricole et répare.
La grande veut une piscine, elle se contentera d’une balançoire.
Le soir, on est bien tous les 5 sur notre petit bout de terrain. Les musées et les grandes capitales européennes,tant pis, ça sera pour plus tard.
Bonne fin d’année et bonnes vacances!

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Nous, on HABITE notre ruine à la cambrousse 😀

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