Entre mes lignes

Lignes de faille

 

Entre mes lignes il y a ces maux que je ne dévoile pas. Il y a ces rires et ces joies que je ne dis pas. Il y a cet arc-en-ciel fabuleux, hier après-midi, après des heures de déluge. Il y a les câlins, les histoires en plein milieu de la matinée sur le canapé, les cookies aux M&M’s improvisés pour le goûter. Les jouets ramassés, les piles de linge rangées, les chansons sous l’eau qui coule.

Entre mes lignes mes soucis, oh tout petits, mais quand-même. Entre mes mots, mes choix, mes idées, mes décisions, mes espérances, mes découragements, mes chutes, mes bleus, mes bosses, mes colères, mes impatiences, mes bonheurs, mes soulagements. Ma vie. Notre vie. Notre quotidien comme nous l’avons voulu, comme nous l’avons pu, et pourtant parfois ce n’est pas facile, parfois on rêve d’ailleurs et d’autrement. Comme tout le monde. Quand on a fini de rêver, on a fini de vivre, je crois.

 

Entre mes lignes tu crois me lire, mais tu ne sais rien. Comment pourrais-tu imaginer une vie entière dont je ne livre que des bribes? De la chaleur des joues d’Ultime au petit matin, de l’odeur des cheveux magnifiques de la Pili-Pili, des yeux trop souvent océans de Moustache, de la Collégienne que-j’aime-tellement-moi-non-plus, de la barbe qui pique du Jules, tu ne sais presque rien. Entre mes lignes, tu crois deviner ton propre reflet. Tu vois mon dos et tu imagines deviner mon visage.

Entre mes mots, tu t’appropries, tu te compares, tu sais mieux que moi, tu ferais mieux que moi, si tu étais moi. Mais tu ne l’es pas. Moi, j’adore l’idée de ne pas savoir plein de choses. Parce que ça me laisse de la marge d’émerveillement. J’adore l’idée d’avouer que je ne sais pas, parce ça m’évite de dire un certain nombre de bêtises. Parce que pendant que je ne dis rien, je t’écoute étaler tes certitudes. Parce que c’est le jeu.

 

Entre mes lignes, il y a juste ce que je veux bien te dire. Toutes les questions n’ont pas forcément de réponse – et encore moins une seule réponse.

 

 

People generally see what they look for, and hear what they listen for.   Harper Lee, To Kill a Mockingbird

Les commentaires

So'

Ne jamais se laisser définir par l’autre, freedom!!!! \o/ (DIs donc, ça sent un peu le « à bon entendeur », ou le léger agacement, non? 🙂 )

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fredauboulot

Comme ça, c’est dit! Et bien dit, comme d’habitude. 🙂
Euh, si je peux me permettre, y a comme des petits bugs dans le 3e « paragraphe »… 😉

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petiteyaye

On sentirait une petite point d’agacement que ça ne m’étonnerait pas…
moi en tout cas j’aime t’imaginer entre tes lignes, même si mon imaginations n’a sans doute rien à voir avec ta réalité, pour moi tu es la fille aux yeux couleur menthe à l’eau et ça me suffit !

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madamezazaofmars

C’est ma politique depuis que je suis mère, dire que je ne sais pas ou pas grand chose, et faire de mon mieux, il n’y a rien d’autre a faire non ?
Entre tes lignes aujourd’hui sans sans être sûre, sans savoir vraiment, je crois deviner comme un message, un « tu l’as vu ? Quoi ? Mon cul ! « 

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CaroSelky

Je ne ressens pas d’agacement dans tes mots, mais ta volonté de ne montrer que ce que tu souhaites. Et tu as bien raison. C’est beau de rêver et d’imaginer.

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Bismarck

Oui, je crois deviner mon propre reflet… Et je me trompe sûrement!
Elle est très jolie, la citation de conclusion, et très vraie, sans doute.

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Le Chat

J’ai comme l’impression qu’une personne t’a sacrément fait de la peine… et j’ai comme l’impression que même si elle lit ces lignes elle ne comprendra pas mais je me trompe peut-être… il faut avoir foi en l’humain 😉

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