Et chercher mon souffle jusqu’au sommet

Flaine - Coucher de soleil

 

Comme toujours, on a fait les choses à l’envers, remonter les courants ça ne nous fait pas peur, comme si nous en avions besoin pour nous sentir à part. En dehors du monde, nous nous retrouvons enfin, protégés par la bulle que nous formons alors tous les six rassemblés. Comme si nous isoler nous était nécessaire pour rassembler les atomes explosés aux quatre vents de notre tribu. Nous avons rejoint les hauteurs tandis que d’autres cherchaient l’eau bleue.

 

Il y eut le blanc du chalet assorti à la neige, le bleu des entourages de fenêtres assortis au ciel. Des pique-niques sur la terrasse en culotte au soleil. Des fesses posées sur la chaise longue, des montagnes de fromage qui n’aident pas à se relever. Des kilomètres de dénivelée, des défis, des sauts, des half-pipes, des bosses, des têtes plantées dans la poudreuse qui en ressortent hilares. Des chocolats viennois, plein. Du pain jeté aux chocards qui arrivent par dizaines. De la roussette, trop. Un fabuleux cocktail à la fleur d’hibiscus (bon, d’accord, deux). La montagne qui se teinte de rose au soleil couchant. Retrouver enfin mes sensations sur les skis.  Avoir les cuisses qui brûlent, les mollets qui tirent, savourer. Bourrer ses poches de jus de fruits et de goûters pour les enfants, avoir l’air d’un Bibendum mais la vue est si belle d’ici vous ne trouvez pas ? Poser un pied devant l’autre, chercher mon souffle jusqu’au sommet, pendant que dans mon dos douze kilos d’enfant dorment profondément. Voler quelques baisers à l’amoureux qui fait la grimace pour faire rire les enfants, comme toujours. Regarder cinquante-douze fois Kirikou, jusqu’à ce que la musique nous accompagne tous dans les télécabines. Se coucher tôt, dévorer le premier roman de la copine Aude Le Corff, vite avant que le second ne sorte, il était temps. Acheter des tartelettes aux noix, aux framboises, aux myrtilles, au citron pour le goûter, quand on leur a fait croire qu’on allait juste chercher du lait. Devoir descendre aux urgences un soir, mais s’arrêter pour regarder le fabuleux coucher de soleil, alternative à la peur. Se mettre en pause, raccorder son esprit et son corps. Faire un peu la morale à l’ado qui affiche une moue blasée – ouvre les yeux sur ta chance, s’il te plaît. Les flocons de neige accrochés dans ses boucles comme des confettis. Prendre de la hauteur. Laisser les tracas en bas. Avoir oublié passeport et chéquier, en rire.

Voilà. Une semaine de petits bonheurs tout simples, une semaine à six,  une semaine qui vaut tout l’or du monde.

 

Protest, Comptoir des Montagnes, Rossignol vintage et Nordica

 

Flaine Les Grandes Platières 2500

 

Flaine -  Le Hameau scandinave

 

 

Flaine Serpentine

 

Le Golf de Flaine
Le chocolat viennois de l'Epicea, sur la Faust, le meilleur du monde

 

 

Mont Blanc - Flaine les Grandes Platières 2500

Les commentaires

La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Y avait un peu de bleu aussi pour faire joli.

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Colombines

Merci pour ce très beau texte, ça fait du bien de lire ce genre de choses sur un blog ! J’aime beaucoup la façon dont tu transmets tes ressentis, avec subtilité 🙂

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

C’est tout à fait ça: simple et bien.

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

Tu as l’oeil! Pour la contenance c’est nickel 🙂

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Blonde Paresseuse

Le viennois me fait de l’oeil. Et pourtant, je suis pas une fille facile.
(mais si, on peut le croire, certains de tes lecteurs ne me connaissent pas encore, ça peut faire illusion !)

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La Fille aux yeux couleur menthe à l'eau

C’était une tuerie avec de la vraie crème, pas de la chantilly en bombe fadasse. Mais c’était pas le mien, raaaah! 😉

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