Le mois d’octobre égrène ses jours qui inexorablement nous poussent vers l’hiver. Bientôt les volets se fermeront de bonne heure, en même temps que s’allumeront les feux de cheminée près desquels les familles se serreront.
A la campagne, en hiver, on ne voit guère de monde. Une longue hibernation, de longs mois où l’on n’aperçoit même plus ses voisins. Des mois où les enfants apprennent à leurs dépens la différence entre dedans et dehors (« Ferme la porte, bordel, je chauffe pas le ciel ! »), et où leur course au grand air est stoppée net par l’idée qu’il va falloir enfiler manteau, écharpe, bonnet et gants avant d’obtenir une ouverture minimale et chronométrée de l’huis.
Les jours raccourcissent, les feuilles roussissent et dansent des valses alambiquées au gré des vents contraires, et le moral des filles baisse, inéluctablement.
L’hiver sera bientôt là, avec son cortège de microbes et de collants opaques.
Hier, alors qu’octobre m’offrait encore une journée radieuse de liberté (parce qu’aujourd’hui, c’est radieux aussi, mais nettement moins libre), je décidai que cette année, la dépression saisonnière irait se faire voir du côté d’Honolulu si j’y suis. (Non.)
Ma mère a appelé hier matin : il va geler cette semaine.
Je me suis dit que si j’apprivoisais l’idée, peut-être serait-elle moins dure à accepter.
Pas question que le gel n’anéantisse mes jardinières, laissant mes impatiens flasques comme des limaces, mon cœur se soulever de dégoût et mes doigts se pétrifier de froid, les yeux en larmes sur la fin de l’été et le moral au fond des chaussettes en laine.
J’ai acheté des pensées, frêles fleurs qui résisteront à la rigueur de l’hiver, se feront toutes petites, taches de couleur et de bonne humeur pendant ces longs mois humides, sombres et froids, et seront au rendez-vous du printemps. J’ai jeté mes impatiens vieillissantes, et refait mes jardinières à neuf. Rentré les bacs qui craignent le gel. Balayé la terrasse et ses pétales rouges et blancs qui virevoltaient. Rebouché une tranchée dans le jardin. Pas en reste, l’Homme a installé des fils à linge sous l’auvent (il faut juste que je grandisse de vingt centimètres, mais ne soyons pas pinailleuse) et mis une lampe à détection de mouvement dans un couloir sombre.
J’ai hésité à accrocher à la porte d’entrée comme chaque année l’ours en peluche emmitouflé dans son écharpe. Je lui laisse un répit : il accueillera la première neige.
Je suis prête.
L’hiver peut venir.

qui rend ta rose….
Joli! de tout coeur avec toi contre la déprime saisonnière!
Bienvenue Cétoile! C’est une idée ou cette déprime nous touche plus nous les filles que les garçons?
L’Homme de chez moi la prend de plein fouet aussi mais en général, ils n’en parlent pas je crois que c’est plus ça…on verbalise nous 🙂
Honolulu? Je ne crois pas qu’on puisse trouver une dépression saisonnière par là bas. M’est avis qu’elle va se perdre en chemin (en espérant que ce ne soit pas par chez moi…)
La faute à As de Trèfle qui nous fait croire qu’elle va BOSSER à Honolulu pour un congrès, ça me tape légèrement sur le système.
C’est très joliement écrit!
Et les pensées magnifiques! 🙂
Merci LMO!
oups j’avais mal lu, j’avais compris que comme ta maman t’avais appelé il allait gelé. Comme quand je dis « tiens mon frère vient nous voir il va neiger ».
Va savoir, vu qu’on s’appelle trois fois par an, elle est bien foutue de m’envoyer la neige!
Quand son frère vient, c’est juste une mauvaise année pour les mirabelles…
M’étonne pô!!!:D
Moi j’ai jeté tous mes impatiences pleines de bêbêtes…Je hais les bêbêtes qui squattent dans mes plantes ! Alors si aucun produit n’en vient à bout peut-être que le gel les dégommera, na !
Ah oui, c’est plein de pince-oreilles, ces trucs, biiiih!
C’est le thème de la manif demain : »non aux déprimes saisonnières ». Plein de bises.
On manifeste peu, à la campagne, loin loin de Paris 😉
J’adore les pensées. J’en ai de petites sauvages qui poussent dans mon jardin au printemps. Elles sont minuscules et violet foncé.
Elles trouvent toujours le truc pour repousser dans les moindres recoins. J’adore ces machins minuscules qui bravent tout, l’air de nous dire: toi aussi tu peux.
Mais vous savez comment elles s’appellent, en allemand? (des « petites belles-mères »!)
très beau billet! Comme tu as raison (t’as souvent raison !), l’hiver à la campagne c’est rude!! Courage Mentalo après c’est le printemps…
les pensées… je me demande si ce ne sont pas mes « petites » fleurs préférées.
je crois que je vais faire un billet sur « comment c’est bien l’hiver », histoire de nous remonter le moral !!
Oh oui, parce que là je me la püte sous le beau soleil, mais à la première grisouille, je vais avoir besoin de soutien!
Jolies fleurs. Je crois que je n’en ai jamais planté de ma vie, moi la citadine invétérée…
Pas même un micro balcon, un appui de fenêtre à enluminer?
Chaque année je dis c’est fini. Mais je peux pas m’empêcher d’avoir des jolies taches de couleur sur ma façade! 😉
Ici les jardinières de géraniums sont « cuites » par le froid … Je vais les ranger pour l’hiver …. Pourquoi pas quelques pensées sur la terrasse …. Les tiennes sont très belles 😉
Les pensées sont des warriors ! Elles n’en sont que plus belles.Comme toi en fait…
Pas tout à fait prête, mais je veux bien entrer en lutte avec toi! Histoire de partir à Honolulu en forme ;D
Bon c’est mal parti: ce soir je sèche la gym, et j’ai pas de cheminée….
Haaa, une cheminée, c’est ça qu’il me manque dans mon salon 🙂
Je crois que je vais me mettre à la mode germaine moi cet hiver et utiliser l’une des nombreuses cabines UV que l’on trouve en ville…
J’aime pas les fleurs
Moi j’aime pas l’hiver.
(Mais j’aime Gromit d’amour)
tres beau texte…
Jaimemoins lhistoire des microbes mais bon! tant quil ne sont pas trop mechant ca vas…
Bonne soirée
T’as un filon pour passer un hiver sans vilains crobes? 😉
(et bienvenue)
En fait, on a à la fois hâte et pas envie que ça arrive. Cette sensation d’être bien chez soi…
Et puis à la réflexion… vivement juillet quoi!
(et oh la-la, que c’est joliment dit cet hiver que tu annonces!)
Vivement juillet, bien dit! 😉
Moi, je fais semblant qu’on va pas vers l’hiver, avec la complicité du beau soleil de ces jours-ci. Mais les pensées, très bonne idée, je vais y… penser.
Moi aussi je me voile la face (au figuré, c’est encore légal) pour le moment, donc je me la pète grave. 😀
De tout coeur avec BB Flo!!Créons un mouvement » Halte à la loose hivernale, oui à la pensée positive!! »
Tu sacrifies un ourson chaque hiver pour le clouer sur ta porte??? Mais que fait la protection des animaux???!!:D
Je lui tricote une écharpe, ça me fait des circonstances atténuantes.
C’est gaché une belle écharpe sur un ourson MORT!!:D
On refait le point dans 6 mois ! 😉
Attends que je revienne pleurnicher sur le gris, ça me prendra pas 6 mois! 😉
Curieusement, c’est quand on en est privé que l’hiver nous manque le plus.
je me désespère de cette chaleur, de cette moiteur, de ce bleu permanent. Et je rêve de givre, de pluie grise et de forêt nue.
Après, pour éviter la dépression saisonnière, j’avais investi quand je subissais encore les affres de l’hiver et son absence de lumière, dans une lampe de luminothérapie, et je peux confirme à quel point cela m’était précieux et utile.
Ah Dom, qu’est-ce que je suis contente de te voir ici! Merci de ta visite 😉
C’est ce que disent tous les expatriés et c’est vrai qu’on a du mal à les croire, quand nous, l’hiver, on est bien obligös de se le farcir 😉
Je crois que quand je sentirai le moral descendre, cette année je me déciderai: ou un voyage au soleil, ou une lampe, bonne idée!
J’ai investi dans un simulateur d’aube et j’hésite pour la lampe de luminothérapie car c’est vraiment cher.
Va vaut le coup ? Vraiment ?
Simulateur d’aube: ça réveille, quand il n’est pas en panne, ce qui est le cas du mien. Mais à part ça…
Il parait que ça aide à lutter contre la dépression saisonnière aussi, mais je pense que ce n’est pas aussi efficace qu’une lampe avec 100 000 LUX.
Mon naturopathe m’a recommandé la lampe mais ça coute un rein !!
Bienvenue à l’automne, alors, on sent que tu l’accueilles un peu à reculons… comme moi ! Tant qu’à changer de saison autant aller directement en décembre. Et encore octobre comme aujourd’hui je veux bien (cause soleil) mais je hais novembre. Et j’adore ton « je me voile la face au figuré », celle-là je l’enregistre !
J’aime pas décembre et les fêtes, traditions obligées (j’aime pas être obligée). Je hais novembre, sauf cette annöe, parce qu’il va être plein de trucs trop chouettes que je raconterai sûrement ici même. 😉
Ton article est très joliment écrit et tellement vrai …
Mais l’hiver à la campagne a aussi son charme 🙂
Moui, mais quand il fait tout gris, tout froid et tout mouillé, ben euh… j’ai du mal à voir le charme, si ce n’est les fesses collées à la cheminöe (et bienvenue! )
la fin de l’année, le pire (pour moi) dans tout cela se sont les fêtes de fin d’années
je n’aime pas ça du tout…
on se force tous à être heureux, contents, joyeux et ça termine inexorablement par des règlements de compte
seul évènement qui me donnera un vrai sourire : l’anniversaire de ma fille
Pis comme dirait ma nièce: après l’automne c’est l’hiver, et après l’hiver? Le bébéééééééééé! 😉
ton texte est très joli 🙂
Mais je ne veux pas qu’il gèle, il ne faut pas qu’il gèle, chéwi n’a pas encore rentré le bois ! 🙁
Alors il peut pas geler, c’est juste pas possible ! 😉
C’est une très jolie idée de semer des pensées pour égayer l’hiver, les couleurs ça met toujours du baume au coeur !
Bienvenue Lucie!
Merci 🙂
Joli au revoir à l’été, tout en pensées fleuries et sans impatiens(ce). 🙂
Pour ma part j’aime l’hiver et même les faux ors de Noël, j’adore l’automne peut être parce que c’est la saison de ma naissance.
J’exulte de joie au printemps, je vénère jusqu’aux taupes qui ravagent les pelouses et l’été m’ennuie mais alors vraiment de chez vraiment.
Quand ils étaient petits, les enfants sortaient de tout temps, qu’il vente ou qu’il neige, je me retrouvais les mercredis et dimanches à les chercher, échevelée en hurlante, « Mais où sont les enfants ? » Ils rentraient les joues en pomme d’api et les nez glacés pour des moments pleins de chaleur.
Les miens sortent aussi par tous les temps, mais disons que le froid rend l’opération moins spontanée!
C’est pas tellement le froid qui m’ennuie, c’est plutôt le gris triste et mouillé, et le repli sur soi…