Ma mère a dû passer le printemps 1975 à picoler, je vois que ça pour expliquer mon hyperactivité d’adulte. Salooooope. En même temps, en 1975, on était vachement plus détendus de l’utérus que maintenant, on va dire.
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Toujours est-il que contrainte et forcée au repos, ça ne me ressemble pas vraiment. Déjà enceinte, je l’acceptais limite, là, c’est un vrai défi. Mais j’apprends vite.
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Lundi 13 décembre.
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Se réveiller à 6 heures et être incapable de sortir du lit. Avoir enchaîné deux gastros et une grosse pharyngite en moins de deux semaines. Décider que là, ça va pas être possible. Culpabiliser. Se lever quand même. Traîner la patte. Réaliser que jamais on n’aura la Médaille du Travail, ni une quelconque reconnaissance sonnante et trébuchante parce qu’on a partagé ses microbes avec l’open space.
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Emmener les grands à l’école, la petite chez la nounou. Aller poser mes fesses sur une chaise de salle d’attente. Bénir l’iPhone palliant au manque de lectures saines, que toutes façons je ne touche pas, rapport aux microbes.
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Avoir le cul qui prend la forme de la chaise. Se dire que si on n’ était pas malade en arrivant, c’est sûr on le serait en sortant. Se demander si on sortira avant d’être squelette, justement. Ecouter la valse des miasmes. Ecouter les conversations pathétiques. Connaître tout des ennuis gastriques des voisins. Remarquer que ce monsieur, d’un âge certain, à défaut d’autre chose, lit « Des nuits sans pipi pour Victor ». Se dire que finalement, il n’y a bien que la taille des couches qui diffère, entre l’enfance et la vieillesse.
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Entendre son nom. Se lever. Expliquer. Respirer. Tendre le bras à la poire. Lire « asthénie », et « arrêt jusqu’au 17 décembre ». Appeler la nounou, lui demander de prendre les enfants ce midi, chose encore jamais arrivée. Se faire une joie de quatre heures de silence et de liberté. Imaginer l’orgie de restes de lasagnes maison, de desserts et de bonbecs piqués aux enfants. De chocolat s’il en reste. Finalement picorer deux fourchettes de lasagnes et n’avoir plus envie. Avaler ses boostants immunitaires. Pouah.
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Regarder la machine à laver qui a tourné. Décider que rien ne presse, de s’en occuper plus tard.
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Allumer un feu. Lire un peu. Avoir envie de dormir. Se l’autoriser. Monter se coucher. Ne pas pouvoir dormir. Twitter quelques conneries. Finalement se laisser couler doucement.
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Pester sur le téléphone fixe qui sonne trois fois en moins d’une heure. Se maudire d’être tellement inexpérimentée de la sieste d’en avoir oublié de le couper. Se lever finalement. Ecouter Slow Down de Voulzy. Relever le compteur d’électricité. Sortir chercher le courrier. Aviser le soleil.
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Décider d’aller chercher les enfants à l’école à pied, comme un besoin d’air, de lenteur. Préparer un goûter à base de chocolat chaud et de Nutella. Rire une énième fois devant l’Age de Glace. Emmener la grande à la musique et récupérer la mini chez la nounou. Prendre le temps de lui laisser terminer son goûter tout en papotant.
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Rentrer. Coller la mini avec son frère, ravie de voir « bébéééééé! » préhistorique, et tenter de redescendre trier un peu de linge. Se faire rappeler à l’ordre par la mini qui réclame un ventre pour sauter à pieds joints dessus. Céder. Et savourer. Se dire que rien n’a plus d’importance que ce temps donné.
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Se rappeler juste à temps la grande à récupérer. Préparer le repas du soir. Coucher les enfants, et aller se coucher en même temps qu’eux, avec un bon livre. Eteindre à 21 heures, et dormir d’une traite jusque 7 heures et demie.
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La vie au ralenti.
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Voilà. C’est ça : « réaliser que jamais on n’aura une quelconque reconnaissance ». On s’en rend compte malheureusement souvent sur le tard…
Profite !!!
Mais j’ai encore beaucoup de mal avec ça, parce que je travaille même pas pour la reconnaissance (sinon tu penses bien que ça me serait passé) mais par amour du travail bien fait, jusqu’au bout.
Je trouve que printemps 75, ça pète. Est-ce que je peux changer de date de naissance ?
Seventy-four, seventy-five, pourquoi j’ai ça en tête moi?
ca fais du bien hein??? quand c’est pas trop longtemps
T’inquiète, y en a trois qui me laissent pas me complaire dans l’oisiveté! 😉
Comme Léonie …. Profite, profite et profite ….. Bises 😉
Je profite surtout du changement de rythme, et ça fait un bien fou pour se requinquer.
Avoir envie d’être malade un tout petit peu pour TOUTES ces bonnes excuses toutes prêtes.
😀
Tu peux tenter cette semaine, vu que tu as un stagiaire pour faire ton boulot! 😉
Préciser que la mini est hypersomniaque et qu’elle te laisse en paix pendant des HEURES!!!:D
Boah, à peine! 😀
c’est un ralenti quand même rapide!
Et encore, tu verrais le ralenti d’hier, rien que d’y penser je suis fatiguée, d’ailleurs aujourd’hui je le paie.
J’espère que tu vas etre sur pied rapidement mais d’un côté je t’envie, juste reste un peu tranquillou et faire une sieste…
Je te crois. La sieste le mercredi c’est même pas pensable, donc j’attends demain avec impatience!
La chaise, elle avait quelle forme ?
Carrée. Pourraient pas mettre des canapés dans les salles d’attente, non?
Quand tu seras bien habituée.. il faudra repartir
(N’y pense pas et repose-toi, tiens un petit mail pour me raconter tout ça hein ?) !!)
Mais les enfants seront en vacances, donc le rythme est moins speed et moins de sacs à préparer, devoirs à vérifier… Demain ou vendredi, un mail, là je reprends ma casquette de taxi!
Tu as besoin de ce repos, alors savoure le !
Je n’y manque pas! Merci Cathy.
Allez me coucher à 21h, rien de tel pour me déprimer :-/
Ah non, moi j’aime me coucher tôt avec un bouquin (je ne regarde jamais la télé) et me laisser couler.
C’est très noble comme idée de ralentir. Il faut de temps en temps
Il faut s’y obliger, oui, dans mon cas 😉
La pause s’impose !
Laconique !
bises
Laconique la reum d’Alo, si elle passe par là 😀
Il y a des moments où le corps nous rappelle à l’ordre… Faut l’écouter il paraît. Repose-toi, tu en as bien besoin.
Etre plus malade que ses propres mômes, c’est un signe 😉
Moi aussi je suis du printemps 75 dis donc !
Sinon c’est quand même une fausse oisiveté, je suis sure que tu peux encore mieux faire 😉
Le lundi fut calme, par rapport aux autres jours, hélas.
tu sais pas faire la sieste alors ?
il n’y a donc que moi qui prone une sieste de 15mn après le repas (bon hein je bosse pas en ce moment) me demande comment je vas faire après ! je trouve aussi que c’est un ralenti un peu rapide (plier le linge qd on est malade Mouarfff!!!)
Non non, je prône aussi, seulement j’applique jamais 😀
ça m’a reposé de lire ce texte tout doucement tiens!
et alors combien de jours au ralenti vas-tu tenir??
Un. #fail# 😀
Si ça c’est de l’oisiveté, alors moi je suis carrément stratifiée, faudrait que je t’explique ce que signifie réellement le rienfoutage, tout un art, qui mêle à la procrastination le refus de l’autoculpabilisation si bien ancrée en nous.
Rienfoutage, volontiers. Seulement tout le monde est pas de cet avis, et quand j’émerge, j’ai l’impression qu’une tornade est passée par là. Faudrait apprendre le rienfoutage aux gamins, incluant le pasfoutagedebordelmerci. 😀
Ben elle est drôlement occupée ton oisiveté 🙂
J’ose même pas raconter les jours qui ont suivi, je vais ameuter le Médecin Conseil…