La montagne est un leurre. Ou plutôt, non. La montagne, elle, est bien réelle, avec ses mètres d’altitude écrits noir sur blanc sur la carte au vingt-cinq millième, juste tout contre les courbes de niveau serrées comme les groupies au concert de Robbie Williams.
L’idée que tu te fais de la randonnée en groupe, le matin, au moment d’enfiler tes chaussettes, elle, est illusion pure.
Très vite, tu te retrouves seul. Face à l’effort, que tu n’appréhendes jamais comme tes compagnons d’aventure. Face à ton sac à dos, qui soudain pèse des tonnes. Face à tes ongles, que tu regrettes amèrement d’avoir oublié de couper avant de serrer tes chaussures, et qui te lacèrent à présent la chair. Face à ton souffle que tu ne maîtrises plus, aux battements de ton cœur qui assourdissent ta tête. Face à la sueur qui te coule dans les yeux, à la crème solaire que tu as oubliée sur la table de la cuisine, près de mille mètres plus bas. Face au vertige qui te prend soudain, sans prévenir. Face à ton amour-propre, aussi. A ta dignité, souvent.
Cruelle métaphore de la vie dont tu as le temps, puisque tu es à présent seul face à toi-même, à la merci de ton corps, de décortiquer les méandres sinueux comme le sentier de cailloux qui roulent sous ton pied à chaque pas que tu poses. D’analyser tes choix et tes décisions, de contempler ce que tu as accompli et ce que tu n’as pas toujours choisi. Dans ton sac trop lourd sont à présent les cadeaux et les fardeaux, bien plus que le pain et le saucisson.
Mais quelle victoire d’arriver au somment, fût-ce pour t’y allonger sur le dos tout contre la terre, laisser le vent dessiner des traces de sel sur ton visage, afin de prolonger encore un peu le silence et les retrouvailles avec l’essentiel.
Avant de redescendre. Allégé.
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J’adorai les randonnées a la montagne l’été avec mes parents…
Merci pour les souvenirs
J’ai commencé quand j’étais enceinte du second. Je suis devenue accro immédiatement.
ça me rappelle une rando avec mon cher et tendre. On avait mis 4heures à chercher un lac, qu’on a jamais trouvé… on est rentré claqué, avec des douleurs à des endroits inconnus à ce jour!! et on a pas bougé du chalet les 2 jours suivants
On est du genre têtu: on crapahute tant qu’on n’a pas trouvé le lac 😉
ça me rappelle également la première randonnée de ma vie (choisie par des amis habitués aux hauteurs et beaucoup trop dure pour une débutante!): la satisfaction d’être arrivée au sommet la langue pendante, la vue magnifique, le sauciflard et le bon air… mais aussi la naiveté de croire « avoir fait le plus dur ». La descente qui a suivi a été une torture, les jambes qui tremblent, la perte du contrôle de son propre corps, la sensation de ne jamais pouvoir y arriver. Pour finalement la voiture atteinte éclater en sanglots de soulagement et de fierté de s’être surpassée!
(ah et puis les jours d’après: ne plus pouvoir descendre un escalier normalement)
Imagine que c’est tous les jours comme ça, chez nous (en vacances) 😉
Suis.. Es-souf-flée…. Viiiiite l’oxy-gène !
Viiite, le sauciflard, oui!
Les enfants ont crapahuté aussi?
Comme j’aimerais tenter ce genre d’aventure! Mais il me semble que K. n’est pas vraiment un randonneur.
Bien sûr, ils adorent ça!