Je le croise tous les matins, quand je traverse son village, peu avant huit heures. Toujours au même endroit, sur le même trottoir. Toujours chaussé de grandes bottes en caoutchouc ; sa ferme est juste à côté. Il est très grand, il doit approcher des deux mètres. Ou alors c’est le contraste. Dans sa main droite, chaque matin, deux cartables, un tout petit rose, et un moyen bleu. Au bout de sa main gauche, deux enfants, parfois souriants, parfois un peu endormis encore.
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Le long de la route, un petit vieux tout racrapoté, tout rétréci par les années, avance doucement, béret sur la tête. Sur son visage, on peut lire son bonheur et sa fierté. Car dans chacune de ses mains, il tient celle d’un de ses petits-enfants, à peine plus petits que lui, oh, pour quelques mois à peine encore. A les voir, on ne sait pas bien qui tient, qui soutient qui.
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La voiture démarre. Sur le seuil de sa porte, la femme au t-shirt rouge éclatant révélant son ventre rond plein de vie réchauffe ses épaules sous un cache-cœur noir. Son bras se lève, et sa main dessine un au revoir. Monsieur part pour sa journée de travail, accompagné d’un baiser confié au vent léger.
Merci pour ces beaux tableaux si joliment peints.
Merci d’être sensible à ce qui me touche!
Ton regard est merveilleux….garde toujours tes yeux ouverts pour nous !
On était avec le Jules ce matin, et il souriait autant que moi.
J’ai prepare un texte pour demain avec un peu le meme debut mais pas le meme theme, le tien m’a fait sourire le mien me rend amer. Tres joli ecriture en tous cas.
Merci et bienvenue!
et des nouvelles de celui qui était semble t il mort dans l herbe au bord de la route? ;°)
HEIN? merde je me rappelle plus! T’es sûre que c’était pas chez la Mère Joie cet épisode?
C’était bien chez LMJ cet épisode-là…
Un moment, j’ai eu peur d’avoir laissé quelqu’un en mauvais état sur le bord de la route 🙂
Tous les matins, ces gens, c’est comme les petits cailloux du petit poucet, des repères pour pas se perdre dans la journée.
S’il en manque un, ta journée, on y peut rien, elle est plus la même.
Han ce matin j’étais en retard, le monsieur en bottes s’en retournait tout seul! Mais j’ai souri quand même.
De jolis petits morceaux de vie… Merci de les avoir partagés avec nous 🙂
Moi, le matin, je vois plus ou moins les mêmes papas qui conduisent leurs enfants à l’école ou chez la nounou, et je me demande comment leur femme a fait pour les convaincre… (Je note que chez toi aussi, ce sont des hommes qui se bougent.)
Je ne sais pas si ce sont les femmes qui ont convaincu les hommes (très 20ème siècle) ou plutôt des papas qui prennent leur rôle à coeur, qui partagent les petits bonheurs (ceux qui ne le font pas ne savent pas ce qu’ils manquent!) ou simplement dont les horaires sont compatibles.
C’est un vieux monsieur d’au moins 125 ans qui fait tous les jours 2 heures de promenade quotidienne de 16h à 18h sur la même route … toujours … tous les jours … sur la même route … avec ses tennis avec des bandes réfléchissantes à l’arrière … probablement ce sont ses enfants qui ont exigé qu’il ajoute cet accessoire à sa panoplie (bâton de marche, chapeau …)
Quand on passe vers 17h30 avec les enfants et qu’on ne le croise pas, nos cœurs se serrent, on ressent un peu d’angoisse, et il y en a toujours un de nous qui finit par dire : « c’est rien, c’est peut être juste une petite grippe … ». Et quand même le lendemain, à la même heure quand on le croise à nouveau, on se regarde, soulagés, en souriant …
Comment tu as fais Mentalo pour me faire trouver les mots qui me manquaient pour décrire cette petite tanche de vie quotidienne de ce vieux monsieur que je ne connais pas ?
tu sais ce que tu es ? tu es une magicienne ! Maintenant, c’est sûr !!!
Cécile, je vais te dire comment j’ai fait: j’ai pensé à toi et aux commentaires que tu as laissés chez Camille, en écrivant ce billet. Je te jure que c’est vrai.
Et j’aime beaucoup ton histoire de petit vieux qu’on ne connaît pas, mais auquel on s’attache. Et je le vois bien avec ses tennis:-) Moi, ça me touche énormément ces vies croisées par hasard.
J’aime beaucoup l’image du grand-père, si touchante. Et j’ai appris un mot : « racrapoté » 😀
(punaise j’espère que je l’ai écrit correctement:-))
Des moments de vie que je ne prends pas le temps de voir… mais je devrais… ils peuvent changer le cours d’une journée :-), mais il arrive que les enfants le fassent à ma place!
Ah moi j’ai des lunettes roses d’enfant dans la vie, ça aide pour les jours un peu gris.