Le vent a séché la légère buée qui voilait mes yeux, j’ai repris la voiture et le chemin de la maison.
Il était fatigué de sa course d’endurance, elle avait un trou dans son collant de danse, elle avait faim.
J’ai mis la clé dans la serrure et enchaîné les gestes du soir, rôdés. Le repas, la douche. Les devoirs de l’un étaient faits, ceux de l’autre en cours. J’ai couché les petits qui ont sombré immédiatement, rappelé à la grande de me parler autrement. Je suis redescendue ranger la cuisine, préparer machinalement les sacs pour le lendemain, comme tous les soirs.
Mais ce soir un calme étrange régnait, son absence remplissait l’air. Ce soir il ne rentrera pas, demain non plus, et puis les autres jours, on n’a pas assez de doigts pour compter, m’a dit la Pili-Pili. J’ai dit non, c’est vrai, mais regarde, avec les orteils, on y arrive tout juste. Je me suis assise et j’ai écouté le silence. Avant d’aller me coucher j’ai glissé ma tête dans l’entrebâillement de la porte de leurs chambres et j’ai écouté leur respiration régulière. J’étais seule à veiller sur leur sommeil et la tâche m’a paru soudain immense.
Le Jules est parti escalader des montagnes, les plus hautes, les plus fabuleuses du monde, et ce matin, je me dis qu’il a sans doute raison: nulle n’est infranchissable, si on met inlassablement un pied après l’autre.
Tout simplement.

<3
très très joli texte 🙂
Qu’est ce que tu écris bien… Je ne commente pas souvent mais je me délecte à la lecture de chacun de tes articles.
Bon courage avec les p’tits choux.
Bon courage à toi de son absence.
A partir de demain, vous aurez assez de doigts et d’orteils… <3
Il a raison d’en profiter…
Bon courage à toi 🙂
Lui aussi a du écouter le silence des montagnes….
Mon mari est allé au Laddakh et a été « époustouflé » par le silence de l’Himalaya.
Ton texte m’a touché, je ne sais pas vraiment pourquoi, ou peut etre que si mais que je le garderai pour moi. Il est beau ce texte, Et cette reflexion a la fin <3
Très beau texte, touchant…
bon courage pour l’attente des nouvelles et pour tout le reste 🙂
« inlassablement », tout est dans ce mot. Allez, tu vas y arriver, et les retrouvailles n’en seront que meilleures!
Pas simple de vivre cette attente…
[…] le sais bien pourtant, je l’ai écrit ici il y a un an, mettre un pied devant l’autre, inlassablement, se retourner enfin et se féliciter du chemin […]