L’autre jour, je déjeune avec une collègue. L’occasion de parler du travail, de la vie, des enfants. Comme toujours, je suscite l’incrédulité, voire l’admiration, avec ma famille très nombreuse.
J’ai quatre enfants.
Je l’écris parce que sinon, je ne réalise pas trop moi-même. Pas pour l’exploit. Mais parce que ça me semble naturel, évident. Alors, l’admiration, moi, ça m’amuse.
Comment fais-tu? me demande-t-on régulièrement.
Je fais, c’est tout. Je ne perds pas mon temps à réfléchir comment, sans doute cela me laisse-t-il plus le temps de faire.
Mais tu n’as plus de temps pour toi? insiste ma collègue.
Je reste un instant coite. Alors certes, je cours de décembre en été. Et alors? Aurais-je du temps, plus de temps, que ferais-je de plus (à part classer les papiers des impôts et répondre aux mails dans un délai honorable, je veux dire)? Du temps pour moi? Pour quoi faire?
Je fais du sport, je monte à cheval, je nage, je me promène en forêt, je me plonge avec délice dans mes livres bien aimés, je me vernis les ongles, je bois des bières avec les copines, je blogue. Je m’échappe, parfois, quelques heures, quelques jours. Avec, ou sans enfants. Le temps pour moi, il est parfois avec eux, et je le savoure également.
Il y a bien longtemps que j’ai perdu le goût de l’oisiveté, le plaisir de ne rien faire, si ce n’est en bonne compagnie, mais refaire le monde est encore faire. Je suis en mouvement perpétuel, et ça me va, le plus souvent.
J’apprends tout doucement à dire non. Ca me fait gagner un temps fou. J’ai supprimé ce qui me pollue (la télé, notamment). J’ai déplacé mes priorités. Je prends le temps des choses. De lire un livre à Ultime alors que j’avais prévu de m’attaquer à l’Everest de repassage. Dix minutes de tendresse prises sur une corvée, ça change tout, et ça ne change rien, selon l’angle où l’on se place. D’aller promener au premier rayon de soleil, plutôt que de laver les carreaux sur lesquels il repleuvra demain. Etonnament, les jolies choses filent et passent, tandis que les paniers de linge et la poussière t’attendent patiemment, eux.
Je vais à l’essentiel. L’essentiel n’est pas moi. C’est nous.
Et bien sûr, je me plains. Que je n’ai le temps de rien.
Tu as raison, rien d’autre à dire. Avec 3, c’est pareil, les chaussettes attendront bien un jour de plus de retrouver leur conjointe mais pas le petit câlin demandé de façon impromptue… et moi non plus je n’ai le temps de rien…
Alors que quand on regarde bien, on fait 2000 choses sur une journée, finalement.
Je n’ai que deux enfants (un et demi même, techniquement), je ne travaille pas, je savoure chaque moment de cette parenthèse dans ma vie professionnelle, envisageant de ne pas la refermer si c’était possible. Je suis le plus mal placé du monde pour me plaindre que je n’ai pas le temps. Ben ça ne m’empêche pas de la faire. 🙂
C’est bon, un demi enfant dans la sauce spaghetti? 😉
Mais tout le monde se plaint, je crois, alors qu’objectivement…
Bien d’accord avec ce joli billet !
Pas besoin d’attendre la fin pour savourer ce « temps qui reste » (Reggiani for ever).
Je me demande juste comment les gens qui vivent au soleil toute l’année font, du coup? 😆
Mais ouiii! moi aussi je prends du temps pour moi en prenant du temps pour eux.
Parce que c’est doux et parce que parfois je n’ai pas le choix.
Et surtout je faisais encore moins de trucs pour moi avant eux 😉
Je sais que c’est pas joli de coller le lien mais je me permets (on a partagé un sauna, on se connaît 🙂 j’avais fait un article sur ce sujet, et même si on ne l’aborde pas de la même façon on en arrive à la même conclusion.
http://sabineetassocies.hautetfort.com/apps/search/?s=du+temps+pour+qui
Ici on colle ce qu’on veut tu sais bien 😉 (sauf des affiches du FN)
Je viens de relire ton billet. Oui, passer du temps avec eux, c’est forcément devoir freiner son rythme, « perdre » cinq minutes, au regard d’une vie, ce n’est rien. La leçon de tout ça, c’est qu’on profite à fond de chaque instant « pour soi », alors ils n’ont pas besoin d’être nombreux.
Pareil de mon côté, les gens me regardent toujours avec de gros yeux ronds : c’est a vous tout ça? Non, non, j’en ai piqué un ou deux à la maternité! 🙂 en fait, j’ai plus de temps maintenant, avec 5 enfants, qu’avec un sel. Parce qu’on ne fonctionne pas pareil, on a appris à prendre notre temps, à ne rien faire même, tous ensembles, quand il faut et a accéléré et faire 50 choses en même temps quand il y a besoin.
C’est exactement ça! Et ils s’occupent entre eux, aussi. Et, scoop, ils ont un père! 😆
Je te dis bravo, parce que quand même quand je compare tout ce qu’on faisait comme balades et sorties avant les enfants et ben je trouve qu’on n’a plus beaucoup de temps pour nous…
Le « temps pour nous » est encore différent du « temps pour moi » et demande une sacrée dose d’organisation (et reste assez rare, effectivement ;-)).
Je pense exactement comme Pomdepin : je n’ai jamais eu autant de temps libre que depuis que j’ai 5 enfants ! Parce que mes journées sont organisées tip top, parce que je travaille la nuit (comme ça, personne ne le « voit » et on peut allègrement me dire que j’ai bien de la chance de rester à la maison pour m’occuper de ma Tribu ^^), parce que mes 5 enfants sont (presque) grands (de 5 à 15 ans) et qu’ils se gèrent très bien tous seuls. Et surtout, je me connais mieux, je m’aime presque depuis que je suis mère, donc je m’accorde du temps, des ballades, des sorties entre copines, je blogue, je lis, je vis !
Et franchement, malgré mes 5 enfants, mes 2 jobs, nos multiples activités, j’arrive encore à trouver le temps long parfois :p
Par contre, je rejoins aussi malheureusement le commentaire de Lucky Sophie, c’est le temps « pour nous » qui a disparu comme neige au soleil, et on en paie les conséquences :/
Trouver le temps long, ça ne m’arrive pas encore, par contre! Je pense qu’on devient plus efficace en ayant plein d’enfants parce qu’on n’a pas le choix, il faut aller à l’essentiel.
Et oui, Lucky Sophie a mis le doigt sur un point essentiel…
Et pourtant tu es là, entière, pour eux. Sans te perdre. Je m’étais fait la réflexion en octobre à Paris que tu avais trouvé l’Equilibre.
(quand je serai grande je serai docteuse, pis après une maman comme toi)
C’est pas tous les jours aussi parfait hein 😉 là j’étais en vacances, leurs vacances!
(Je te le souhaite tout plein)
Comparativement, je trouve que nous sortons plus qu’avant. Parce que nous nous forçons à bouger le week-end … pour eux. Personnellement, ce qui me manque : c’est le temps à deux …
Ah mais pareil. Et quand ça nous arrive, on a à nouveau 16 ans, c’est magique 😉
Je ne sais pas si c’est parce que les miennes sont encores très petites (1 an et 4 an) mais moi j’ai besoin de pauses pour moi! Je rentre du travail à 17h, enchaine, bain, jeux, repas, re jeux, histoires et là si je n’ai pas mon temps à moi pour lire des blogs 🙂 , pour bouquiner un journal, pour discuter avec mon mari, pour me mettre une crème hydratante ou m’enfiler un pot de mousse au chocolat, ou n’importe quoi où je n’ai pas à m’occuper d’essuyer des bouches, un parquet, des fesses, etc., je péte un câble!! Alors je dis oui à 1h pour moi.
Moi je souffle quand ils sont couchés 😉
Je me reconnais totalement dans ton récit !!
J’avoue que j’ai mis le temps à me reconsidérer comme personne ayant des besoins, mais je suis ravie de l’équilibre qu’on a trouvé, que j’ai trouvé 😉
C’est important de trouver son équilibre personnel, oui.
Il est toujours important de citer les philosophes modernes dont JJG, bravo !
On a les références que l’on peut 😉
Jolie découverte que la fraîcheur de ce blog qui porte joliment son nom… Moi , mes enfants sont grands mais toujours présents. Comme je savourais le temps où je donnais les bains avec les jouets colorés, les histoires à raconter le soir et ensuite leurs histoires de copains. Aujourd ‘hui, j espère des petits enfants pour que la vie continue et qu’elle soit belle avec des rires en grelots. Il est vrai que je faisais plus de choses lorsqu’ils étaient petits, obligés de se promener, d’aller à la piscine, au ciné, etc…… C’est super aussi de prendre du temps pour se consacrer à son amoureux, allez toutes les périodes de la vie ont leur préciosité, à nous de les apprécier.
vas donc voir le blog tous les jours dimanche..5 enfants…et elle est meme pas catho integriste!!!….Au fait tu vas t arreter a 4…
Je connais ce blog, Pepps.
« Dix minutes de tendresse prises sur une corvée »!….serait ce le début de la sérénité? Apprendre à dire non, à accepter que la maison ne soit pas nickel, et préférer passer du temps avec eux…..l’écrire semble évident, et pourtant! Je suis admirative!