Il est midi pile, tu tentes ta chance?

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Si je te dis midi, tu penses manger, et tu as bien raison. Ou virée super rapide au Zara du coin, promis, juré, je n’achète rien, c’est juste pour voir s’ils ont des robes (oui, ils ont des robes. Plein.) (ah ah ah).

C’est pas très joli pour la pleine conscience ni le commerce écolo-équitable, mais on n’est pas tous les jours des filles parfaites, c’est trop fatigant.

 

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On peut aussi jouer, à midi pile. Ou quand on veut, sur MidiPile. L’idée? Chaque jour à midi pile (forcément), on découvre de nouveaux produits, on s’inscrit (c’est gratuit, youhou), on partage si on a envie, et surtout, on reçoit une chance à tenter. Qu’on décide de miser sur le produit du jour, s’il nous tente, ou sur un autre jeu encore en cours.

Si on ne gagne pas, on peut aussi profiter des bons plans de la marque. Ou retourner chez Zara, juré, promis, c’est pas pour moi, c’est pour les gosses. (Mais ils ont des robes. Plein.)

Cette semaine par exemple, on a découvert des csométiques bio, des chaussures qui financent la musique, des bijoux faits main,…

Toutes ces petites choses jolies qu’on repère sur les blogs des filles qui savent, ou sur Pinterest, toutes ces envies, ces cris du coeur, ces J’EN VEUX! , ces boutiques ultra tendance déco – mode – high-tech -food – beauté et ces éditions limitées, on peut les gagner d’un seul clic!

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Midipile, c’est aussi un blog de dénicheurs de tendance, avec de jolies photos et des objets waouw, puis aussi la recette des popsicles mojito, alors forcément…

 

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Pour les Parisiennes, Midipile organise parfois des boutiques éphémères (ça s’appelle pop-up store quand on est branchouille et fluent de l’anglais): quelque chose me dit que ça sera bientôt the place to be de la blogueuse qui fait #hiiiiii et #want tout le temps.

 

Coucou partenariat

Et pour les têtes en l’air, y a la petite pub là juste à droite dans la colonne, avec le décompte du temps qui te reste pour remporter un objet. Si tu es des millions à cliquer chaque jour, il se peut que je gagne 3 centimes, je l’avoue. Je l’ai mise parce que je trouve le concept vraiment sympa, et qu’il peut te faire gagner des trucs sympas et gratuits, et que les CM de Midipile sont environ les plus choux de la terre. Absolument pas pour le gain éventuel et minimal.

Toutes les photos proviennent du blog de Midipile.

 

 

 


La valse à mille temps

J’ai trois ans quand je chante la danse des canards en remuant le bas des reins pour te faire rire.

J’ai cinq ans quand j’aligne avec toi les pions du jeu de l’oie.

J’ai sept ans quand j’ai peur si le film se passe un peu trop dans le noir.

J’ai sept ans quand je te vois dans ton tutu rose, perchée sur tes demi-pointes, une mèche folle s’échappant de ton petit chignon blond.

J’ai dix ans quand tu me racontes en chuchotant pour ne pas que tes soeurs l’entendent, que Jean-Kevin t’a encore dit nique ta mère dans l’escalier de l’école. J’ai envie de rire très fort et je pense tare ta gueule à la récré mais je te dis que c’est bientôt fini, vendredi les vacances.

J’ai treize ans quand ce joli garçon te regarde d’un peu trop près, et passe comme toujours depuis des années la main dans tes cheveux.

J’ai quinze ans quand nous hurlons comme des forcenées aux concerts où nous allons encore ensemble.

J’ai dix-sept ans quand tu fais des projets d’avenir, rêves fous de l’insouciante adolescence où tout est encore possible.

J’ai vingt ans quand je danse jusqu’au petit matin.

J’ai vingt-cinq ans quand on sort le soir et qu’on rentre trop tard, en oubliant qu’on a des enfants.

J’ai vingt-sept ans et le rose aux joues sous le regard de mon amoureux.

J’ai trente ans quand on taille une minijupe pour l’hiver aux blogueuses mode nounouilles avec les copines.

J’ai trente-deux ans quand je déjeune avec ma collègue qui me fait toujours des compliments.

J’ai trente-quatre ans quand je trouve que j’ai un peu pris, là, non?

J’ai trente-cinq ans quand je supprime les photos de moi qui ne me semblent pas très flatteuses (toutes).

J’ai trente-neuf ans quand je remplis les papiers du consulat. Et sur mon permis de conduire.

J’ai quarante ans l’année prochaine.

Je n’ai pas d’âge pour mes enfants.

Je n’ai pas d’âge pour mes parents.

J’ai cinquante ans quand je ne comprends rien au mode d’emploi du lecteur DVD.

J’ai soixante ans quand je repose mes fesses sur le vélo de mes dix-huit.

J’ai quatre-vingt-quatre ans quand le réveil sonne chaque matin à six heures.

J’ai cent ans, je danse une valse à mille temps.

 

Pili tutu rose

 

 

Pour Shaya.


L’autre fille

Sur la photo, je souris. J’ai les cheveux très longs, et lisses. Je porte un jeans moulant, un T-shirt blanc, des Converse que je porte comme toujours pieds nus et qui font puer des pieds. C’est l’été, on aperçoit le jardin de la résidence étudiante par la fenêtre de ma chambre du premier étage. J’ai vingt-deux ans. Dans mes yeux, l’insouciance. J’ai passé une année de liberté et de livres, de sorties et de travaux à rendre au petit matin, de rencontres et d’expériences. Dans un an, tout cela sera fini. Je serai rentrée au pays, rentrée dans le rang.

Longtemps je me suis imaginé que je ressemblais à cette photo, que c’était l’image que les autres avaient de moi. Ça m’arrangeait bien. Combien de temps ai-je souri comme sur cette photo ? Combien de temps l’insouciance encore ?

J’ai repensé à cette photo il y a quelques jours, avec une certaine tendresse. J’ai souri. Je ne suis plus cette jeune fille sur le fil ténu qui sépare l’adolescence de la vie adulte. Depuis quand ai-je basculé de l’autre côté? Sur cette photo, ce n’est plus moi. C’est une autre fille, qui ne sait rien encore de la suite, qui ne connaît pas le mot resposabilités. Ce n’est plus moi, c’est une autre fille, dans une autre vie.

Aujourd’hui mes hanches se sont un peu arrondies, mes yeux cernés, mes traits durcis, j’ai les cheveux plus courts. Voilà pour la photo. A l’intérieur, j’ai arrondi quelques angles, j’ai changé de colères, je me suis adoucie, j’ai appris à entendre d’autres voix que la mienne, j’ai choisi d’être heureuse plutôt que d’avoir raison.

J’ai enfin accepté de vieillir, je crois. Il était temps.

 

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La douleur

Elle ne me quitte pas, depuis quatre jours maintenant. Quatre jours et trois nuits. C’est long, quatre jours et trois nuits, quand la douleur vous vrille la tête et brouille la vue.

Cette fois-ci, elle a commencé à droite, deux longues journées: A la fin de la troisième, elle se déplace, en sens inverse de son habitude, vers lagauche, signifiant ainsi que les prochaines heures seront intenses, et puis le vide, enfin, ce vide mou, cotonneux de l’après.

C’est long quatre jours. Au fil de la descente dans la douleur, mes pensées vagabondes, toujours plus profondes, mélancoliques, terrifiantes. Parallèlement, je m’inflige la lecture audio d’Un roman français, de Frédéric Beigbeder, en voiture. Au milieu de la décadence triste de la jeunesse dorée de belle ascendance, quelques réflexions ne me font finalement pas regretter le voyage. Mon mépris se mue lentement en compréhension – parfois, il suffit de m’expliquer les choses. J’aime avoir à changer d’avis, j’aime l’idée d’en être encore capable, et surtout heureuse.

Au bout de quatre jours au tréfonds de moi-même et du noir, je me dis parfois qu’il serait tellement plus facile d’en finir, pour ne plus souffrir, jamais – je crois que c’est au moment de sa garde à vue où Frédéric Beigbeder envisage de se coincer la tête dans le soupirail pour en finir qu’il m’est devenu sympathique. Coïncidence ou synchronicité.

On est terriblement seul dans la douleur. Seul à la ressentir, tandis qu’autour de soi la vie continue, au delà des murs d’incompréhension. Seul à la comprendre. A savoir combien, comment, tout le temps, sans qu’elle nous laisse le moindre répit. Le réveil, implacable, qui sonne et nous ramène à la conscience de la douleur implacable, le corps engourdi de médicaments, mais elle, là, qui cogne encore.

Un jour, quand la douleur s’estompera, il faudra revenir au monde. Sortir de mon côté sombre.

 

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Le lendemain on ne devrait pas se lever tôt

Les bougies sur le gâteau d’anniversaire fument encore et déjà demain un autre lieu, une autre danse, les applaudissements, la file pour les pains saucisses ou les jeux ou les gâteaux qu’on aura apportés nous-mêmes quelques minutes auparavant– il faut bien remplir les caisses pour l’année prochaine, on aura l’illusion d’une énième visite à la ferme presque gratuite. Nous n’aurons qu’à mettre chips et sandwich au saucisson à côté de la gourde remplie de glaçons pour que l’eau reste fraîche, et confier les gosses au bus où ils seront un peu barbouillés pendant une heure. Les vaches de notre village, celles qu’ils voient tous les jours de la fenêtre de leur chambre, la traite dans la ferme en face, le camion de lait bien trop gros pour notre rue, les enfants qu’on rappelle sur les trottoirs pour qu’ils se mettent à l’abri avec leurs vélos, bien sûr, ce n’est pas la même chose.

Alors le soir quand ils sont couchés on prépare le pain puis on fait des gâteaux, au chocolat souvent, c’est celui-là qu’ils préfèrent, des gaufres parfois pour varier, puis on enchaîne, la fête de l’un, la kermesse de l’autre, la musique de l’un, les portes ouvertes du cours de danse de l’autre, et puis on recommence dans l’autre sens. On tient bon, le mois de juin c’est le marathon des parents, la ligne d’arrivée est en vue et ressemble furieusement à un casse-tête chinois pour que leurs vacances ressemblent à des vacances.

Comme d’habitude on n’aura pas pensé à réserver le train trois mois à l’avance, comme d’habitude tout nous semblera trop loin, ou trop cher,  comme d’habitude ils seront heureux quand même, parce qu’ils n’auront même pas imaginé autre chose, parce que les enfants de la campagne se suffisent de peu, parce que ce sont toujours les parents qui ont des envies d’ailleurs etce besoin toujours de remplir les journées. Ils seront heureux de rien. Et nous, le matin, sur le chemin du travail, on n’osera pas leur dire qu’on aurait aimé les laisser dormir sous la tente dans le jardin, veiller à regarder les étoiles, parce que le lendemain on ne devrait pas se lever tôt.

 

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