French connection

Elle est arrivée de nulle part, un peu comme moi autrefois, mais son nulle part à elle s’appelle Singapour. Elle a le rire insolent de sa jeunesse qui détonne dans les murs blancs amidonnés. Elle a la fraicheur de ses vingt-sept ans et tout l’espoir du monde dans ce nouveau job. Elle a grandi sans patrie et a pris le meilleur de toutes. Elle croyait que je n’avais pas trente ans et me trouve mince. Cette fille est parfaite (ou elle veut coucher).

Quinze ans à errer de couloirs froids en cantine pas bonne pour finalement préférer parfois aller piétiner la pelouse du golf voisin pour y poser mon auguste derrière et mes miettes de sandwich au jambon-kiri piqué aux gosses, avant de trouver une âme soeur de connerie méridenne quotidienne en français dans l’adversité teutonne.

Oui, comparer les tableaux du couloir de la direction à une culture de frigo mal rangé, voire à du caca d’éléphant qui a abusé de l’ananas, oui, sache-le l’ami, le midi, ça me fait rire. Laisser dégouliner nos mascaras respectifs à l’évocation du pack de bière explosé dans l’allée centrale de la supérette la veille, de ses errances capillaires, ou de l’urgence absolue collants filés sur robe ultra courte lors de la visite annuelle du super big boss, certes, j’y laisse un peu de dignité, mais bordel, ça fait du bien.

Je crois que nos collègues nous détestent.

twins green

La photo vient d’un de mes Tumblr favoris, TWIN-NIWT.

 

Les commentaires

Camille

C’est le pied d’avoir une collègue qu’on apprécie à ce point 🙂 ça fait un moment que ça ne m’est pas arrivé.
Très beau texte 🙂

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