J’étais arrivée un peu en avance, pour changer, je savais qu’il en serait heureux. J’attendais derrière la grille où les élèves s’agglutinaient par vagues, comme s’il était soudain devenu si urgent de s’enfuir de cet endroit. La grille était fermée à clé, ils se chahutaient, se bousculant du coude ou des pieds. Il faisait chaud, et la chaleur ajoutait à l’envie pressante de liberté.
Il est arrivé avec le dernier groupe d’élèves, quelques filles au regard doux et visage angélique parsemé de taches de rousseur. Son visage s’est éclairé quand il m’a aperçue. Comme si je n’étais pas venue rien que pour lui, comme si mon esprit ne voyait pas que lui, comme si ses yeux d’un bleu incroyable n’éclipsaient pas tous les autres, il m’a fait un grand signe de la main, un de ceux que les petits de maternelle font lorsqu’ils aperçoivent leurs parents émus dans le public lors du spectacle de la fête scolaire. Il a souri comme un cadeau que je garde précieusement, pour le jour où il préférera que je le laisse au coin de la rue, pas la peine de m’embrasser, maman.
La clé de la grille se faisait attendre, la trentaine d’élèves s’imptientait maintenant. Il attendait sagement, tout son corps tendu vers moi, son cartable d’enfant toujours trop large pour ses épaules. Il m’a semblé si petit encore, mon presque collégien, mon moelleux au chocolat, mon coeur de nougat, derrière les têtes brunes, les visages presqu’adolescents et les sacs Eastpack. Est-ce obligé de grandir, est-ce obligé d’être à nouveau le plus petit quand on n’est déjà pas dans les plus grands? Comment fait-on pour être blasé? Doit-on vraiment s’endurcir et s’entraîner à ne plus laisser l’eau envahir l’océan de ses yeux ? Comment fait-on pour ne pas trembler à l’idée de la prochaine rentrée?
Aïeuh le texte qui fait piquer les yeux…
Comment, j’attends que tu le découvres pour que je m’y prépare.
Mais il est petit encore et je n’ai pas envie de trembler, j’ai envie de croire qu’il existe aussi des collèges où on entoure cette porcelaine de tissus doux et costauds pour l’aider à s’épanouir. Je ne me souvenais pas que c’était déjà le dernier été de l’école pour lui <3
Bon bah voilà, tu m’as fait pleurer…
C’est normal de trembler, mais rassure-toi, et je suis sûre que tu le sais au fond de toi, tout va bien se passer. 😉
Tu ne peux pas éviter de trembler. Jamais.
Comme le dit Fabienne, il est des petits collèges à l’ambiance familiale où l’on chouchoute les élèves. Mais cette chance-là ne t’empêcherait pas d’être maman quand même…
Où sont mes mouchoirs??? Encore un an d’école ici et je sens que je vais en savourer chaque instant, comme je le ferais avec une bonne glace de chez Ernest 😉
Je ne les ai pas assez savourés ces derniers instants …
[…] de cartable à peine la porte passée, on le rangera quand on y pensera, au grenier celui-là, au collège il préférera un sac à dos bien sûr. Quand ça nous prendra cet été, on fera une caisse en […]
[…] vie d’astronaute pour une semaine, et revenir ébloui et les pieds un peu plus sur terre avant le grand saut dans l’inconnu. A l’ombre des grands arbres rien ne pousse, s’éloigner pour mieux grandir. Prendre sa place […]